Dis ? Pourquoi tu cours ?

12111968_10206412683570404_3301657107301949822_nCette question est un piège.  Comment expliquer le plaisir d’enfiler des chaussures de course et partir enquiller du kilomètre, bouffer du bitume et de la caillasse par tous les temps.

Courir 42 bornes, souvent pour finir dans un sale état. Philippidès en est mort quant à lui.

Et la réponse, quelle qu’elle soit ne résoudra en rien l’incompréhension.  Qu’elle soit posée au quotidien ou après une compétition.

Ces derniers temps la littérature sur le sujet est pléthorique, et celui qui pose la question dispose déjà d’une foule d’idées toutes faites et se place dans une attitude circonspecte. Beaucoup parlent d’endorphine, de drogue. Courir n’a rien de tout cela.

"On dirait que le sol avance avec eux (...)"
« On dirait que le sol avance avec eux (…) »

Le meilleur ouvrage sur le sujet est « Born to Run », de Christopher McDougall qui conte l’histoire de sa rencontre avec les Tarahumaras au Méxique. Eux ne courent pas, mais volent sur des parcours abrupts: nus pieds.

Là, à la seconde précise, je répondrais : le plaisir de courir vient de l’absence d’effort. Quand, ce geste si naturel à l’homme, est suffisamment maîtrisé pour ne laisser place à rien d’autre qu’un certain plaisir flottant.  Tous ceux qui courent avec intensité et assiduité connaissent ce moment rare, unique où tout s’accorde – le corps répond, l’esprit suit, la foulée est fluide – en un geste parfait.

Un homme illustre assez bien l’essence même de la course à pied: Haile Gebrselassie.

Chacun court comme il est.  Le simple fait de courir révèle à soi-même dans quel état d’esprit on se trouve, ses poids, ses freins, ses limites, ses excès.  L’endurance en course à pied prend parfois des allures de méditations.

Courir est avant tout naturel, une des fonctionnalités premières de l’homme.  Nous sommes faits pour courir.

Montre-moi comment tu cours et je te dirai qui tu es. Certains ne nous aiment pas. Aujourd’hui, comme dans beaucoup de domaines, un certain snobisme s’est installé; fruit d’un marketing intensif.

Mais au fond, courir, ce n’est qu’un short, un t-shirt, des chaussures. Et même, les chaussures ne sont pas une nécessité.  Courir pour faire comme tout le monde, courir pour maigrir, courir pour draguer ; cela ne dure pas très longtemps.

Par contre, courir avec les copains, ça, c’est un kiffe total. Refaire le monde, se marrer,    s’encourager mutuellement.

Ça jacte un joggeur. Ça jacte de comment s’entraîner, comment s’améliorer, comment manger, de ses bobos, ça imagine la prochaine sortie, le prochain track pour pimenter sa routine.

Et de compèt’.

La compétition, ce sont des petits « noëls » pour les coureurs: on y pense longtemps à l’avance, on mobilise beaucoup d’énergie, on se sacrifie pour offrir le meilleur de soi-même à soi-même. Ah le marathon, le graal absolu mais dont la première expérience est une sacrée comédie.

Un joggeur, ça pense. Même tout seul.  On réfléchit à soi, sa famille, ses relations avec les autres. On décortique, autopsie, théorise, résout, fait le vide, évacue.

On rêêêêve: d’être Kathrine Switzer, Paula Radcliffe, d’une victoire en 10 000m comme Gebrselassie, d’être un chamois comme Kilian Jornet.Capture d’écran 2016-01-28 à 21.44.40

 

 

On se repasse les belles choses qu’on a vues, entendues.  Ce bel article sur un oeuvre de Claude Monet:  » La Pie « .

Capture d’écran 2016-01-28 à 21.59.22

Rire au souvenir d’une bonne blague de Lepage.

Ou une musique qui emporte vos pensées sur des ailes – chevilles – dorées  » Va, pensiero, sull’ali dorate « .

Des ailes à vos chevilles. 
L'air qui caresse les joues.  
Des levers de soleil à couper le souffle. 
Parfois il pleut à verse, il gèle, il plombe de chaleur.
Mais vous êtes simplement content. Heureux.
Cours Forest, cours

Jus de cerveau

grenade-660x400

Hum, yeah !  Que c’est bon, c’est vivifiant le jus de cerveau. Personne n’en a jamais bu, mais tout le monde connaît l’effet que ça fait : quand un élément extérieur désaltère les hémisphères.

Désaltérer le cerveau, ça peut se faire

avec n’importe qui, n’importe où, et de plein de manières différentes.

Il est important de préciser que j’entends le mot cerveau dans son acception complètement politiquement correcte.

Hum ! Nous y voilà. Le jus de cerveau est-t-il de la même manière chez un homme et chez une femme ?

Pour une réponse sur le genre du cerveau, visionnez ce petit film : «Féminin, masculin. Le cerveau a-t-il un genre ?» ou ce TED français : «Le cerveau a-t-il un sexe ? »

Maintenant que vous réalisez que vous aviez tout faux ou que vous ne saviez rien, versons-nous quelques rasades de jus.

Jus d’auto-dérision Nos excès de bisous vus par les roastbeefs.  Il paraît qu’à la RATP, à l’embauche des chantiers de nuit, chaque entrant doit serrer la main de tous les présents. Grosse fatigue ! Donc, ça maintenant, on arrête.

Jus de culture et de fête

Avec dès ce soir, à 20:00 l’ouverture d’Orsay en fête, par un concert symphonique de la Garde Républicaine et des Choeurs de l’Armée française.

Jus des possibles

L’institut des Futurs souhaitables organise la 7ème édition de son émission «Au pire, ça marche» le 16 février prochain.

Jus de fac Mercredi soir, en Amphi de Panthéon-Sorbonne avec Philippe Bilger.  Pourtant, je ne suis pas dans le scope du public naturel de la Conférence Olivaint; j’en ai même fait grimper la moyenne d’âge.  Mais c’est l’occasion de reprendre les chemins de la fac.  Prochaine date, le 27 janvier prochain à 19:30 au Lycée Louis Le Grand, conférence avec Marc Hecker : «La Mondialisation du Terrorisme». Inscription obligatoire.

demosthenesL’Art oratoire, savoir parler, s’exprimer. La Conférence de Philippe Bilger était très sympathique, ne serait-ce que pour entendre : «je n’ai envisagé la parole que si elle créait, risquait, inventait» et que pour bien tenir la parole, il faut «s’abandonner à son naturel». L’éloquence vient d’une bonne structuration en amont, d’un socle fort de culture générale et la volonté de «comprendre autrui pour se faire comprendre».  L’éloquence est à la parole ce que la cerise est sur le gâteau.  Si le gâteau est bon.

Donc, ingrédient principal du «gâteau»…

Jus de rock avec un documentaire d’Arte sur les Pink Floyd et «Wish you were here», leur album phare. Un des Pink Flyod, David Gilmour a saisi la trame du jingle de la SNCF pour nous concocter son dernier tube : «Rattle that lock».

Impossible de vous laisser partir en week-end sans un peu de jus de poésie. Un autre Michel est parti, avec Edmonde et Ettore : «Nous voulions changer le monde, mais c’est le monde qui nous a changés !».

Lundi, «Marius» et «Fanny» de Marcel Pagnol repassait. Et ainsi, tuhqdefault

Bon week-end à tous

Le Beau c’est l’Amour

René est mort. Et je suis bien triste pour Céline (Dion).  Nous ne sombrerons pourtant pas.

David est mort. Et je suis bien triste. Tout court. Il part retrouver Freddie Mercury et tant d’autres.

« Cause love’s such an old-fashioned word
And love dares you to care for
The people on the edge of the night
And love dares you to change our way of
Caring about ourselves
This is our last dance
This is our last dance
This is ourselves
Under pressure
Under pressure
Pressure »

David Bowie, le kaleïdoscope, ici avec Antoine de Caunes. Une interview qui nous replace quand même 33 ans en arrière.

Courrèges est mort. Et bien des jupettes sont en deuil.

Hélas, ce mois de janvier est le mois des soldes, la grande faucheuse a encore fait son marché.  Une génération s’en va, en nous laissant de si belles choses.

Nous ne sommes pas devenus des « chullachaquis », des humains dépourvus de souvenirs et d’émotions.

Au contraire. Ces souvenirs et ces émotions nous gardent vivants ; Barak Obama montre bien que l’on peut être puissant, mais humain.Capture d’écran 2016-01-15 à 12.52.46

Ainsi, cette semaine, le décret sera que le Beau c’est l’Amour.

A la question « quel est votre moteur? »  Qu’est-ce qui vous pousse à faire tout ce que vous faites?

Sans conteste, en ces temps complexes, il faut répondre l’Amour.  Il en faut à tous les étages : la vie privée, le travail, les Arts, la politique. Et ne pas attendre pour le diffuser.  Et travailler chacun au bonheur des autres, pour lutter contre les barbares.

Pour illustrer ce que l’Amour produit de plus beau, une image à la une, montrant le chorégraphe Suédois Mats Ek et Ana Laguna, son épouse, dans une scène de danse, où l’Amour et l’Art se mêlent. Mats Ek a fait sa tournée d’adieu, a dit adieu à Paris, au TCE, la semaine dernière et a décidé que son oeuvre disparaîtrait avec lui, sans doute pour permettre à d’autres de renouveler les manières d’aimer.

2015-Dance-Salad

Aimer se conjugue au présent et au pluriel

Au présent, avec le rire des deux Indiens amazoniens du remarquable film Colombien « L’étreinte du Serpent«  aux dépens de l’ethnologue Theodor Koch-Grünberg: « tu attends de ne plus voir les gens pour leur exprimer tes sentiments? »Capture d’écran 2016-01-15 à 12.44.23

Au pluriel. Il y a des individus, un peu partout en France, dans le Monde, que l’Amour pilote sûrement, qui ont compris que l’absence de politique du bonheur enfantait les drames que nous vivons ces derniers temps.

Ecologie, éducation, entreprise, agriculture, santé, services; tous les domaines sont peu à peu colonisés par ces « passeurs de bonheur », terme emprunté à la Fabrique Spinoza.

Il y a partout des faiseux qui s’animent, bougent, oeuvrent.

Explorer le « Bonheur au travail«  avec Martin Meissonnier et « Demain« , avec Mélanie Laurent et Cyril Dion

Et donc, « Le Bonheur pour les Nuls »?  Une nouvelle croisade.  A lire l’article de l’Obs de cette semaine, sur la success story éditoriale de Vincent Barbare et de la collection « pour les Nuls », on en rêve.  Après tout, il semblerait que de malheureux voyageurs de retour de Syrie aient été arrêtés en Grande-Bretagne avec trois exemplaire: « Islam / Coran / Arab…for dummies ».

La semaine ne pourrait être complète sans un détour par l’Art et les Curiosités habituelles.

La Jeune Création à Pantin, du 17 au 24 janvierCapture d’écran 2016-01-15 à 15.40.33

Je vous souhaite une bonne fin de semaine, un bon week end.

Quant à moi, je pars découvrir un « Bar à bonbon », près du nouveau Musée Picasso et je visse mes écouteurs sur mes oreilles en écoutant le regretté Balavoine et bien-sûr: « Qu’est-ce qui peut sauver…? »Capture d’écran 2016-01-15 à 15.50.30

Ah là là là là: le syndrome de la page blanche!

Ah là là là là: le syndrome de la page blanche!

Nous sommes le 13 janvier et j’ai failli l’avoir, mais comme ce n’est pas possible de laisser l’année démarrer sans la moindre « curiosité », j’ai creusé, cherché et fini par trouver.

Tellement de choses se passent: des Joe, des Michel, des Boulez qui nous quittent.  Des petits soleils s’éteignent, après nous avoir donné beaucoup de leur lumière.

1/ Le Soleil des Eaux, Pierre Boulez

Pierre Boulez

René Char : « Qui, mieux qu’un lézard amoureux.  Peut dire les secrets terrestres ?  Ô léger gentil roi des cieux.  Que n’as-tu ton nid dans ma pierre !

Premiers jours de janvier 2016, le plus dur est de remettre la machine en route puis, ensuite, de trouver des sujets intéressants.

Et, de livres en articles, l’envie revient, tant de richesses à partager.  Lire, lire et encore lire.

D’ailleurs, mettez la main dans votre poche, si vous y trouver 2€, allez trouver en librairie « Au bonheur de lire » chez Folio.  Florilège de textes formidables sur la joie, l’ivresse de la lecture, dans sa versions rugueuse, sa version papier.

Capture d’écran 2016-01-13 à 22.26.48.png 2/ Extrait de « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury

« Ce livre a des pores.  Il a des traits.  Vous pouvez le regarder au microscope.  Sous le verre vous trouverez la vie et son inifni foisonnement.  Plus il y a de pores, plus il y a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la « littérature ». »

Une année professionnelle s’ouvre devant nous, alors de temps en temps, prenons 5’ pour une petite respiration.

3/ Curiosité d’apprendre

Je vous recommande de lire le dossier du hors-série de « Sciences Humaines », consacré à la formation, surtout les articles sur le désir d’apprendre tout au long de la vie.

Capture d’écran 2016-01-13 à 22.34.13.png

« …apprendre, c’est inscrit dans le psychisme humain.  Peut-être parce qu’en tant qu’humains, ils possèdent cette capacité à se projeter dans l’avenir et miser sur lui.  Apprendre ce n’est simplement accumuler les savoirs du passé, c’est aussi une promesse pour demain. »

 

4/ Curiosité d’approfondir

SINOD, le site de Mooc du Collège des Bernardins.

Début le 7 janvier 2016:

5/ Curiosité du changement

Le 14 janvier prochain, avec la Fabrique Spinoza, imaginer devenir un « passeur de bonheur au travail »

6/ Curiosité économique financière

Conférence de Paris-Dauphine – Le 11 janvier à 18:30

« Une brève histoire des BFI de 2007 à aujourd’hui : de l’excès de risques à l’excès de régulation ? »

Jean-Yves Hocher, Directeur Général Adjoint Crédit Agricole S.A., en charge du Pôle Grandes Clientèles

7/ Curiosité des idées des autres

Le 27 janvier prochain, au Quai d’Orsay, se tiendra la 1ère édition parisienne de la Nuit des Idées.

Concept né à l’Université de Bordeaux (voir page Facebook), dont le principe est une carte blanche thématique donnée aux penseurs d’aujourd’hui.

8/ Curiosité sous ses pieds

Paris.  Ville qui va remporter sa candidature à l’Exposition Universelle de 2025.

La connaissez-vous vraiment alors que vous y circulez tous les jours?

Petit musée facile d’accès pour petits et grands : « Crypte Archéologique de Paris Notre-Dame« .

Reconstitution en 3D du Paris d’Autrefois

9/ Curiosité au bout de la télécommande

Arte a diffusé une série magnifique sur les Alpes.

Tous les replays des « Alpes vues du Ciel«