« Vitruve »

« L’Homme de Vitruve », merveilleux dessin que tout le monde connaît.

Un chef d’œuvre inspiré du plus éminent des traités d’architecture, celui d’un architecte Romain du Ier siècle avant Jésus Christ :  Marcus Vitruvius Pollio, dit Vitruve

De la main de Léonard de Vinci, allégorie de la perfection des proportions du corps humain, de l’Homme placé au centre de l’univers.

A propos d’architecture, un docte architecte, conservateur en chef des monuments nationaux, commentant les besoins de restauration quasi permanents de la cathédrale Notre-Dame de Paris, mettait en garde contre les possibles excès de bien-vouloir-faire : « à chaque fois que l’on remplace une pierre usée, un élément altéré par les effets du temps, on change la nature originelle du bâtiment.  Une fois que toutes les pierres auront été remplacées, le bâtiment gardera son aspect d’origine, mais ne sera plus tout à fait authentique. »

Le dessin de Léonard de Vinci représente l’Homme dans ses proportions parfaites, telles qu’elles ont été conçues par la Nature.  Il s’agit surtout d’un idéal.  La Nature donne naissance et laisse libre cours à ses parfaites imperfections.

L’hôte du Clos Lucé montre ainsi la puissance de l’Homme sur le monde.  Mais il en précise aussi les limites dans la symbolique cosmique du cercle et du carré.  Le cercle représente la perfection, l’unicité centrale ; le carré, la condition terrestre de l’homme.

L’architecte, Homme lui aussi, tente de réunir dans ses œuvres les trois clefs de voûte de l’esthétique : l’utilité, la beauté et la pérennité.

Utilité : l’Homme est utile, parfait ou non.

Beauté : elle se trouve au-delà des proportions physiques et c’est là un dialogue de sophistes.

Pérennité : au sens de longévité, pas d’immortalité.

L’Homme est utile.  L’Homme est beau.  Mais Il n’est pas immortel.

Et telles les pierres des plus beaux chefs d’œuvre architecturaux du monde, il s’altère, s’amenuise. Pour disparaître.

Chercher à le modifier, membre par membre, organe par organe, ne changera rien à sa « condition terrestre », à sa finitude.

Tout au plus gagnera-t-on, à l’avoir modifié, de pièce détachée en pièce détachée, à lui conserver son aspect d’Homme, sans que ce ne soit plus, au final, tout à fait un Homme.

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