« Cistercien »

Chroniques Estivales – #9 – Humeurs & Choses Simples

(Ecriture au 1er jet)

Je me suis bien amusée aujourd’hui !

J’ai fait de l’INF : de l’Intelligence Naturelle Forte.  Le jeu consistait à contrecarrer systématiquement mon GPS (ce jeu s’appelle NTGPS / « nique ton GPS »), instrument d’IAFIntelligence Artificielle Faible.

A partir de la sortie 58, je lui ai donné tort en prenant joyeusement, aléatoirement le plus de détours, de chemins communaux, vicinaux possibles.

Cela m’a conduit dans les puègs du Quercy.  Et j’ai battu l’IAF à plate couture.

Eh oui ! Impossible pour cette IA Faible comme pour une IA même très forte, de prédire, quelque sophistiqué que pourrait être l’algorithme, mon envie de tracer ma route au fil des chapelles, des églises, des presbytères et des abbayes.

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Photo @ Guillemette Callies

Pour aborder en fin de parcours, dans la vallée de la Seye, un havre de paix cistercien.

Cette abbaye aurait dû perdre toute son âme en 1791, après son démantèlement et sa vente comme bien national.  Mais voilà, aussi forts et déterminés qu’aient été les néo-dévots de la religion révolutionnaire, on ne gomme pas d’un coup de massue près de cinq siècles de prières ; surtout cisterciennes.

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Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue – Photo @ Guillemette Callies

Cette spiritualité anime toujours chacune de ces pierres.  La lumière afflue toujours généreusement.

Un fil invisible, même fragilisé à l’extrême par des siècles de « -ismes », suffixes des excès humains de toutes les sortes, reste préhensile à ceux qui ne réduisent pas leur vie à un simple hasard algorithmique.

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Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue – Photo @ Guillemette Callies

Ici, c’est la prière qu’il faut retenir.  La foi ; celle qui est pure et qui ne se donne pas en politique.  Qui ne finit pas en « isme », comme fanatisme.

Cette lumière, ce liant, ce « boson de Higgs », clef de voûte du fonctionnement des particules.  Ce mystère, cet inexplicable, qui au-delà de la biologie et de la physique, nous fait tenir debout.

Une lumière qui fait de nous des INF, des intelligences fortes, quasi-imprédictibles, même au plus fin des data scientist.

Sauf à Celui qui, peut-être, allume une lumière indéfinissable, un signal non-géolocalisable, qui brûle en chacun de nous.

Lumière, signal qui tient neuf siècles, enfin, au moins neuf siècles cisterciens.

« Jeunes, beaux & bons »

Chroniques Estivales – #8 – Humeurs & Choses Simples

(Ecriture au 1er jet)

Je suis sortie d’une zone « sans aucun service ».  C’est à dire avec suffisamment peu de couverture réseau pour justifier deux jours de paresse littéraire.

Quand j’ai refait surface, c’était hier à Aubusson.

Là, au cœur de mes pérégrinations champêtres, encore dans la magie de toutes les merveilles offertes à mon regard, de tous les trésors Berrichons et Creusois,  trois « jeunes, beaux & bons » réveillent mon optimisme.

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La voûte du pont d’Aubusson et la terrasse fleurie de la « Terrade »

Quel joli réveil que ce restaurant et surtout que ces trois sourires, que ce dynamisme.  Cela met une bulle pétillante au cœur de cette ville, Aubusson, tellement célèbre mais un peu à l’abandon.

Quel talent culinaire ! Quelle créativité ! Quelles belles assiettes !

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« 1 » Oeuf (des oeufs) Parfait

Quelle réussite ! Quel sens de la bagarre pour amener, au milieu des fabriques délaissées, des ruelles aux herbes folles, tant d’allure, de bon goût dans l’assiette, de modernité et de fraîcheur dans le service.

Et je suis contente, fière, encore une fois, ici à Aubusson, comme tout au long de mon parcours en Indre et en Creuse, sur les chemins de Georges Sand et des Impressionnistes, comme à chacune de mes virées dans la France vivante et profonde, de trouver de telles richesses, de les mettre en avant, de les chanter, de les propulser sous vos yeux.

Ces « Jeunes, beaux & bons » d’Aubusson et de toute la France montrent que la réussite est légitime ici, bien autant qu’à Paris.

Ils ont droit aux mêmes attentions, voire même à bien plus d’encouragements comme un hymne à leur travail, à leur audace, à leur engagement.

C’est vous, les « Jeunes, beaux & bons » qui avez raison de vous battre sur place, là où vous vivez, pour montrer aux cadors et aux ronds de cuir, que vous êtes, sans costard mais avec talent, avec et sans dents : la « réussite »