365 Nuances de 2019 – #25 – « Travailler n’est pas jouer »

Un billet, court, chaque jour.

« La Comédie (in)humaine »

Voilà un ouvrage simple, accessible.  Franc.

Poncifs à la mode : « retrouver du sens dans son travail, mettre l’humain au centre, jouer collectif ».

Nicolas Bouzou et Julia de Funès font le tour des injonctions contradictoires du management actuel, en vogue dans les entreprises.

J’en retiendrai une citation: « Les individus les plus motivés ne cherchent pas les artifices, les faux-semblants, les comédies.  Ils cherchent des moyens de réaliser des choses utiles et véritables, dans des environnements motivants ».

Cela fait du bien de voir que dans les vieilles recettes, il reste du bon sens à remettre dans le système.

365 Nuances de 2019 – #24 – « L’impôt-tombeau »

Un billet, court, chaque jour.

Ce qui est bon à savoir, d’emblée, c’est que vos frais funéraires, dans la limite de 1 500 €, font partie des « dettes » que vos survivants pourront déduire de la succession.  Cool !

Pour le reste !

Taxer la mort des gens !  

En 2014, l’espérance de vie masculine était de 79,3 ans et la féminine de 85,5 ans. Soit 1 976 mois en tout pour un couple.

Je pose mon douze.

En imaginant, un couple très modeste qui aurait quand même pu économiser, par mois, de la naissance à la mort, 10 euros par mois, soit un total de 19,760.00 euros, leurs héritiers devraient payer – à la louche – 15% de droits.

Sans compter, que toute leur vie, pour mettre de côté ces 10 euros par mois, ils ont dû travailler, régler toute sorte de taxes directes et indirectes, de charges et j’en passe.

Au final, on vous déduit le cercueil mais on vous fait payer le péage de sortie.  Pour que les héritiers conservent quand même la possibilité de s’offrir des mouchoirs.

Voilà, ce sera ma contribution au Grand Débat National : supprimer les taxes sur la mort.

Ci-gît, l’impôt-tombeau.

365 Nuances de 2019 – #23 – « Miam ! De bonnes pilules à croquer ! »

Un billet, court, chaque jour.

Imaginez !

7:30: votre sacro-saint petit-déjeuner.

Vous vous êtes préparé de quoi démarrer du bon pied: orange pressée, peut-être une demi-banane, yaourt, et… : des tartines. Beurre ?  Confiture ?  Miel ?

Ah ! Les belles tartines à croquer.  Pain complet ? Baguette fraîche ? 

Eh ben non ! Arrêtez de rêver.  

Je recommence: orange pressée (du Brésil = déforestation massive & empreinte carbone), demi-banane (pas française, y’en a plus & empreinte carbone), yaourt (= émanations de méthane, élevages intensifs, ferme des milles vaches), et les tartines ?

Croyez-vous qu’elles y échappent ?  Même pas !

Depuis vendredi à la radio, ils ont annoncé que le pain, même le pain, ne valait plus rien.  

Substances toxiques, pesticides, additifs, trop de sel et effets secondaires.

Moi je vous dit, l’avenir de nous tous, pauvres Rabelaisiens, est dans la pilule.  Le soleil bleu, jaune, orange et peut-être vert un de ces quatre.

Peut-être même, qu’à ce rythme-là, elles tenteront le goût du pain frais.  

Quant aux effluves entêtantes qui attrapent le bout de votre nez et vous conduisent, envoûté, consentant, chez le boulanger, vous pouvez arrêter de rêver.

Des pilules !  Mais quel cauchemar !  

Vite du pain, du gros pain.  Rempli de sel, couvert de beurre gras, dégoulinant de confiture très sucrée.

Et vite ! Haro sur les recommandations de l’OMS, du Ministère de la Santé, de 60 Millions de machins …

Pour votre santé, mangez très gras, très salé, très sucré ! 

Parce que finalement, comme on meurt rarement en bonne santé, autant brûler la chandelle : la vie, la bouffe, le bon vin, par les deux bouts.

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365 Nuances de 2019 – #22 – « Les morts nous écoutent quand on parle d’eux »

Un billet, court, chaque jour.

27 Janvier 1945 – 74 ans : libération du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Des milliers de mots ne suffiront pas.  Ils seront bien faibles, bien pauvres.  

Je rappelle un cri du coeur de Robert Badinter: « Les morts nous écoutent quand on parle d’eux. », lors de son allocution, le 16 juillet 1992, à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’.  Son père, Simon, est mort au camp d’Auschwitz-Birkenau.

C’est donc un de ces jours de mémoire particulier.  Un jour où il faut parler des morts, de ceux qui ont souffert l’horreur.  Avec respect.

Dans son dernier roman, Robert Badinter rend un hommage affectueux et pudique à sa grand-mère : Idiss, disparue le 17 avril 1942.

Je me contenterai de mettre en avant, une note de bas de page, une citation du père du philosophe Emmanuel Levinas, le Rabbin Jehiel Levyne : « Un pays où l’on se déchire à propos du sort d’un petit capitaine juif (NDLA: Alfred Dreyfus) est un pays où il faut aller. »

Que ce trait de confiance reste – redevienne – vrai et soit notre fierté.

 

 

 

365 Nuances de 2019 – #21 – « Pathematha, Mathematha »

Un billet, court, chaque jour.

« Pathematha, Mathematha »

Apprendre de ses souffrances.  Apprendre des souffrances de la France ? 

Parmi toutes les « souffrances » de la France qui se sont exprimées depuis novembre, en dehors de celles purement numéraires, il y en a deux, liées l’une à l’autre qui semblent cruciales : être sans cesse comparée aux autres et donc être niée dans sa richesse.

A force de dire c’est mieux en Allemagne, les Finlandais font ainsi, les Américains ont une meilleure mentalité, on en oublie de voir ce que la France est vraiment.  Ce qui fait vraiment sa richesse, ce que les autres lui envient, ce à quoi ils sont prêts à payer pour l’avoir eux-mêmes.

C’est un peu comme des parents qui comparent continuellement leurs enfants aux enfants des autres, alors que fondamentalement ils sont différents.  Vexatoire et décourageant.  Et oublieux des talents uniques que leurs enfants possèdent et que les enfants des autres n’auront jamais.

La France finit par courir après des modèles auxquels elle ne croit pas. La France finit par se mutiler, par s’auto-détruire, par se perdre, par se faire vendre en pièces détachées au plus offrant puisque presque plus personne ne croit en elle.

Le seul recours est la colère et l’argent : l’argent demandé pour taire la colère de ses vrais drames et l’argent distribué pour faire taire le bruit désagréable de cette demande de reconnaissance.  

Ses talents, ses produits, ses usines et ses artisans dont les savoir-faire sans égal sont des emplois non-délocalisables dont elle regorge mais qui s’amoindrissent un à un.  Ses pépites sont expatriées, dépecées, vendues, bradées ou enterrées.  Avec la bénédiction et, ou, le mépris de beaucoup.

L’argent, les moyens, ne vont pas vers le coeur des problèmes mais dans la temporisation à court terme : calmer ce qui est considéré comme un caprice mais qui trahit en fait une exigence de fond : concevoir en France des solutions « sur mesure ».  Et réinvestir sur place sans forcément répondre à des logiques comptables imposées de loin.

Faire une analyse de conscience, un 180°, retrouver comment s’aligner avec nous-mêmes, tourner le miroir et nous y voir tel que nous sommes, différents et inimitables.

La France est bien du XXIème siècle, elle se jette dans la modernité, elle brille dans toutes ses industries de pointe.  Mais il y a en son sein, des enfants qui ont envie d’être brillants autrement.  Ils ne sont pas moins bons, ils ne sont pas moins brillants. Ils sont juste différents.