365 Nuances de 2019 – #37 – « Acheter quand même ! »

Un billet, court, chaque jour.

Cette grande marque a été et reste LE fournisseur officiel de la vie sportive de milliers de personnes !  Au moins en France !

Car il n’est pas certain que nos drames laïcs nationaux traversent les frontières, même à l’allure actuelle de transmission de l’information.

Marque qui porte une longue histoire – 43 ans – de réussites innovatrices, entrepreneuriales, industrielles, commerciales et marketing.  Et, pour chaque consommateur, le sentiment de contribuer, avec l’achat de la moindre paire de chaussettes, à la gloire d’un fleuron national.

Et puis : patatras !

Un moment de folie ?

L’oubli du moto, du leitmotiv central du sport : la neutralité !

« Citius, Altius, Fortius » (« plus vite, plus haut, plus fort ») évoque le dépassement de soi, de ses limites physiques, que l’on soit homme ou femme.

Rien d’autre.

Le CIO rappelle dans ses valeurs fondatrices : « l’opposition à toute forme d’exploitation commerciale du sport et des athlètes ».

CQFD

Et enfin, le jingle célèbre – do do do do do do do do ré dièse fa – de ses spots publicitaires est d’abord un hymne au déploiement des talents sportifs avant d’être une sonnerie aux manifestations ostentatoires de convictions strictement privées.

Heureusement, le talent et l’attachement aux valeurs fondatrices de cette marque l’emportent sur un incident de parcours, une faute de carre, un trébuchage, un moment d’arrogance !

Acheter quand même ? Oui: on va continuer quand même à aller y équiper notre insouciance sportive.

365 Nuances de 2019 – #36 – « Running Queen »

Un billet, court, chaque jour.

Elle a bien quatre-vingts ans.

Bien des matins, dès potron-minet, je repère vite sa silhouette.  Je sais que c’est bien elle et qu’elle est déjà en train, de bon train même.

Dès que je vois son dos, c’est comme si un petit aiguillon me piquait et me réveillait d’une dose d’énergie supplémentaire.  Un shoot de vitamines.

Je la dépasse sans mal bien sûr.  Mais, presque involontairement, naturellement, avec beaucoup de respect.  Je ne déborderais même pas sur son ombre.  Comme si je m’excusais de doubler son grand âge.

Elle est toujours impeccable.  Une tenue de sport tirée à quatre épingles.

Même de dos, même de loin, je sens son pas actif, déterminé, volontaire.  Une énergie à ne pas se laisser aller, à ne pas laisser l’âge faire, prendre le dessus.

Je ne la connais pas.  Tout juste nous sommes-nous adressées un sourire en nous croisant en sens contraires.

Elle n’est pas seulement une vitamine qui fouette l’allure.  Elle transpire de l’énergie, de la volonté, de la combativité.

Et elle ignore l’exemplarité qu’elle inspire, ma « Running-Queen » de l’aube !

365 Nuances de 2019 – #35 – « Radis-Beurre »

Un billet, court, chaque jour.

Déjà, dans « L’Auberge de l’Ange Gardien » (Comtesse de Ségur), le radis-beurre tient une place de choix dès le deuxième chapitre.  Et tout au long de l’histoire.

Les radis « tout juste tirés » de terre, le beurre et le pain ; très frais tous les deux.

Oh ! Ciel ! Comment tirer un billet intéressant d’un si maigre plat ?

À sa trivialité.

S’asseoir à la table d’un restaurant en 2019, comme s’asseoir à celle d’une auberge en 1863 commande des évidences, des gages de qualité.

Si le radis-beurre est parfait, le reste ira de même.  Et ce fut le cas pour tout le service et tout le repas.

Certains estaminets adressent des messages simples, claires en un simple geste d’accueil.

« Un simple geste d’accueil » ?

Un incipit de l’évidence à suivre, une base de communication pour mettre ses hôtes à l’aise.  En confiance.

On ne vous servira pas des chichis et du revisité.  On ne vous en mettra pas plein la vue et rien dans l’assiette.

On fait simple et on le fait très bien.

365 Nuances de 2019 – #34 – « Des bulles à chaque page »

Un billet, court, chaque jour.

Trainer, perdre du temps dans une librairie peut s’avérer une belle aubaine.  Au fil des étals et des rayons, observer les livres, les étudier individuellement, les feuilleter et, trouver la perle ;  les « pages carrées ».

L’aubaine, la perle porte ici le titre de « Théorie de la bulle carrée ».  Un hymne au champagne.  Au champagne noble.

La recherche du livre idéal partage des traits communs avec la recherche de la bulle idéale d’Anselme Selosse, poète viticulteur.  Cesser d’aller vers ce qui se fait habituellement, vers la mode, vers la norme, vers le scientifique.

Chaque ligne de ce texte est une recherche, un manifeste d’honnêteté viticole : « J’ai une autre vision, je ne transforme pas la nature, je ne la résous pas.  Je l’accompagne, je la saisis dans son aléatoire.  Le lieu est comme il est.  J’apprends à le connaître par mon travail quotidien, un exercice de contemplation qui occupe tout le corps et tout l’esprit. »

Je me suis promenée dans les lignes de ce livre comme on chemine au travers des rangées de ceps.  A la découverte du secret de ces bulles, ces belles bulles de champagne que j’aimais déjà tant, et que je vais aimer plus encore.

Et d’accord avec Anselme Selosse : « J’aime bien la notion de bulle carrée.  Les gens comprennent immédiatement.  Des bulles qui ont de l’angle. »

Tchin, tchin !

365 Nuances de 2019 – #33 – « Juste le soleil et les arbres »

Un billet, court, chaque jour.

« Il en faut peu pour être heureux. »

Cet « heureux », cet état d’esprit, ce calme intérieur qui ne demande rien, ce neutre comme une mer d’huile sans une ridule, il faut aller le chercher.

Peu.  Deux jours de peu.  Peu de bruit, peu de connexion, peu de consommation même, peu d’envies, peu d’exigence.

Se dire qu’en fait, rien ne manque.  Qu’il faut juste le soleil et les arbres.

Avec, peut-être quand même, le chant des oiseaux.

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@Guillemette Callies