365 Nuances de 2019 – #44 – « Une pensée de choix »

Un billet, court, chaque jour.

Une petite phrase m’a taraudé toute la semaine.  Six mots : « Vous n’avez pas le choix ! »

Ah bon !  Toute cause est donc perdue à l’avance !  La messe est dite : puisqu’il n’y pas de choix, résignons-nous !

Cette injonction à la défaite m’a mis du Raymond Devos dans la tête.  Dans l’un de ces sketches, il parlait du talent des mimes.  Mais que malheureusement, les mimes ne peuvent pas tout faire, particulièrement mimer quelqu’un qui n’a rien à faire.  « Ne rien faire, cela se dit, mais cela ne peut pas se faire !« 

Nous y sommes : ne pas avoir le choix, cela peut se dire, mais cela ne peut pas se faire.

Traitement par l’absurde : on peut ne pas choisir de ne pas avoir le choix !

Heureusement, hier, chemin faisant, j’ai pu débloquer l’impasse dans laquelle je me trouvais !

J’ai croisé une pensée !

Comme cela, une pensée toute seule parce que tout juste éclose au milieu de ses sœurs encore en boutons.  Des pensées en devenir ai-je pensé !

Je me suis penchée et je lui ai parlé, à cette pensée.  Je me suis présentée puis je lui ai demandé qui elle était : elle m’a répondu qu’elle était une pensée sauvage.

Je lui ai dit que j’avais croisé des tas de pensées, mais jamais encore de pensées sauvages.    Et je l’interrogeais sur la différence entre une pensée sauvage et toutes les autres sortes de pensées.

Elle se mit à partir dans une genèse, une généalogie de tous les genres de pensées depuis la première pensée.  Elle me conta que la plupart des pensées étaient désormais très cultivées, très urbanisées, très stylées mais qu’elle n’appartenait pas à cette lignée-là.  Elle garde encore beaucoup de liens avec cette parentèle, mais qu’elle ne parlait plus tout à fait le même langage.

Elle, la pensée sauvage, avait gardé l’empreinte de ses origines : une fleur sauvage que l’on trouve en Europe depuis toujours.  Que sa famille de pensées continuait à être celle des libres penseurs, des gardiens du souvenir, des garants de la considération.

Sa famille de pensées tenait surtout à toujours symboliser l’amour, l’admiration des uns envers les autres dans leurs identités singulières, car toutes les pensées prennent des couleurs vives, voyantes, exubérantes et attirent l’oeil.  Les couleurs des pensées sont infinies.

Elle m’a indiqué que l’on reconnaissait les pensées sauvages parce qu’elles étaient tricolores.

Et de conclure: « Quel choix de pensées au final.  Le tout est de penser à aller à leur rencontre et à leur parler.  Un grand merci, car je saurai désormais que la famille des pensées est la famille des choix. »

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