365 Nuances de 2019 – #48 – Trois temps: trail, émeutes & ski »

Un billet, court, chaque jour.

Je serais bien en peine d’expliquer scientifiquement ce qu’est la relativité du temps.  En amateur, voire en ignare, je vais donc m’approprier le concept et dire unilatéralement qu’il s’agit du temps de chacun par rapport à l’égrènement atomique des secondes, minutes, heures et jours.

Samedi 16 mars.  Trois lignes de temps par rapport au méridien de Paris.

Le temps du trail : le Trail de Paris, en version 45 km, pour lequel chaque effort, chaque dénivelé, chaque mètre se compte en seconde.  On part le matin de chez soi quand tout est calme.  On enquille 5h28 de course.  On revient dans un Paris à feu et à sang.

Tout est donné dans la saine débauche physique.  La seule violence que l’on se fait, c’est celle du sport.  On n’en veut à personne, sinon à soi, pour se pousser, tant mal que bien, vers la ligne d’arrivée.

Le temps de l’émeute : là, quelque part autour de l’Étoile, l’effort se compte en forces de l’ordre.  Et en casseurs.  Et en anarchistes.  Et en pilleurs.  Ils partent le matin de chez eux, et ils veulent que tout parte en vrille.  Ils enquillent des minutes et des heures de bagarre.  Ils mettent Paris à feu et à sang.

Tout se déglingue.  Tout est donné à la violence physique.  La seule violence à laquelle ils pensent, c’est à dézinguer le plus de choses, le plus de richesses.  Le plus d’hommes.

Le temps du ski.  Les douces pentes enneigées. L’effort pour le loisir, l’effort pour la détente, l’effort pour l’insouciance.  Loin de Paris. On repousse en jours l’obligation d’y retourner. Quelques jours gagnés sur le souci de se fritter à un Paris à feu et à sang.

Hélas!

Tout revient en pleine figure.  Malgré l’effort fourni pour s’éloigner du tumulte, le temps vous rattrape.  D’autres ont décidé de devenir maîtres de votre temps.  Dont vous n’avez ainsi plus la maîtrise.

Certains – 11 500 coureurs – choisissent de sublimer leur temps pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Certains – 2 000 voyous – imposent leur notion du temps qui consiste à détruire celui des autres.

Certains – quelques-uns – ont choisi le temps des responsabilités.  Mais ce temps ne leur appartient plus.  Ils auraient à faire don de beaucoup plus de leur temps.  Car le temps volé à l’action et aux responsabilités, est un temps gâché pour la paix.

Le temps de la paix que beaucoup veulent.

Encore faut-il choisir à quel temps se consacrer :  celui des honnêtes gens, celui des casseurs, celui des loisirs.

Peut-être choisir enfin un temps qui tire vers le haut : celui du dire-vrai, celui du courage, celui des choix et celui de l’ordre.

Plutôt que de se laisser envahir par le temps des extrêmes.

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