365 Nuances de 2019 – #99 – « Chaman ou Doliprane »

LE-CHANT-DE-LA-FORET_AFF_120-526x712Un billet, court, chaque jour.

« Le Chant de la forêt »

La lenteur de ce film, tourné en 16mm, est en soi une forme de poésie à laquelle, citadins européens, nous ne sommes pas habitués.

Un fil poétique, doublé de l’empreinte sonore d’une nature prégnante qui rythme la vie des Indiens Krahõ du Brésil.  

Même les dialogues, les chants, en dialecte Jê et entrecoupés à la marge de brésilien, prennent une autre dimension.

Peu de mots, des mots utiles, pressants, signes d’une urgence : celle de trouver une place d’homme entre deux univers.

Un choix à faire qui pèse terriblement sur le moral du très jeune Ihjãc.  Doit-il accepter son destin de chaman, auxquelles toutes les voix de la forêt et celle de son père décédé l’appellent et assumer ce rôle au sein d’une communauté qui le mettra ainsi au cœur de sa vie ?

C’est la prière de son épouse.  Qu’il sera incapable d’entendre.

Il tentera une autre voix, en ville, où, à son mal-être puissant, à sa difficulté à comprendre sa place entre un monde qui exige de lui des responsabilités qu’il rejette et un autre qui ne lui en accorde aucune, ne lui sera offert comme secours, que du Doliprane et une place dans un camion pour retourner d’où il vient.

Ihjãc plongera irrémédiablement dans une troisième voie : celle du fonds des eaux pour y rejoindre l’âme de son père.

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