365 Nuances de 2019 – #179 – « Dans l’antre du Tigre »

Un billet, court, chaque jour.

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Remerciements pour ce cliché au Musée Clemenceau

C’est dans une rue cossue comme il en existe des dizaines d’autres, au fond de la cour d’un immeuble pré-haussmannien comme il y en existe tant de semblables à Paris.

Vous avez l’impression que vous allez rendre visite à votre grand-père.
Et vous ne vous trompez pas de beaucoup.
Car c’est dans la maison du « Père La Victoire », dans « l’antre du Tigre » que je vous fais entrer.

Voilà un lieu, que j’affuble affectueusement de l’appellation « musée de poche ».  Mais, quelles richesses dans toutes ces petites cavernes.  Quelles poches remplies de vies et de secrets remarquables.

L’équipe vous reçoit presque personnellement, comme pour une visite de famille.

La première remarque qui vient à l’esprit, quand on connaît un peu l’Histoire, est que nos Grands Hommes ont rarement roulé sur l’or.
Ce qui fut bien, ici, le cas de Georges Clemenceau, comme celui, ailleurs, de Charles de Gaulle.
Un intérieur certes bourgeois, dans un quartier certainement bourgeois (qui en son époque tenait plus du hameau, du village, que du Paris chic), mais qui pourrait avoir été celui de n’importe quel grand-père.

Les murs de livres en plus.

Quelle vie et quel Homme !
Que dix balles, le 19 février 1919, contre la vitre (Triplex-St-Gobain) de la voiture qui le conduisait au Ministère de la Guerre, n’auront pas réussi à atteindre.

Une énergie, une volonté, une intransigeance, une férocité verbale qui lui valurent le surnom de « Tigre » mais qui lui permirent, entre autres, d’être l’un des plus courageux dreyfusards, de lancer les «Brigades du Tigre», ancêtres de l’actuelle Police Judiciaire et qui lui donnèrent la force, du haut de ses 75 ans, de parcourir les tranchées, au risque de sa vie, pour aller au contact de nos « Chers Poilus ».

Tout est resté intact dans ce modeste rez-de-chaussée du XVIème arrondissement, tout, jusqu’à son pèse-personne et jusqu’au quantième des calendriers-papier, le 24 novembre 1929, jour de son décès.

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Le jardin, comme un écrin, comme une retraite, illumine l’antre de sa part poétique.

En dehors de ce visage entier, tellement caricaturé parce que tellement envié, une citation du Grand Homme me restera de cette visite :
– « Il faut savoir ce que l’on veut.  Quand on le veut, il faut avoir le courage de le dire.  Et quand on l’a dit, il faut avoir le courage de le faire.»

Inspirant, indéniablement.

 

* « Hommes et Femmes», dois-je préciser !  Je suis opposée à l’orthographe inclusive et dans « Les Hommes » avec un grand H, j’entends les hommes et les femmes qui construisent, à part égale, l’histoire du genre humain.

365 Nuances de 2019 – #178 – «Apostrophe !»

Un billet, court, chaque jour.

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Flâner dans Paris est un art.  Il faut à la fois avoir un but et à la fois l’oublier.  Faire confiance à ses pas, à leur intelligence.

C’est ainsi que d’un objectif précis, parfois atteint, on divague au gré des rues.  Et les surprises ne manquent pas.  De jardins publics en cours intérieures, parfois encore accessibles malgré le souci de sécurité, on savoure Paname par ses secrets.

Le regard se fait curieux, baladeur, audacieux.

Mais les pas, dans leur intelligence, ramènent toujours vers les lieux de prédilection, les bouquinistes pas exemple.

Au hasard des bouquinistes, au hasard des étals, chaque couverture fait œuvre de réminiscence.
Surtout lorsqu’une pépite tombe entre les mains.

Aujourd’hui, l’émerveillement réminiscent fut suscité par un album consacré à l’émission littéraire « Apostrophe » présentée par l’irremplaçable Bernard Pivot.

En quelques pages couvertes de photos dérobées par Lucien Chiaselotti, un simple cadreur aux remarquables talents de portraitiste sur le vif, c’est tout l’univers de l’émission qui revient en mémoire.

En découvrant, puis en saisissant l’album, c’est d’abord quelques notes du concerto numéro 1 pour piano de Serghei Rachmaninov qui assaillent l’esprit.

Le souvenir qui déboule immédiatement après, c’est le rituel des premiers mots introductifs de Bernard Pivot qui calent l’enjeu et plantent le décor.
Toujours un peu de dérision, d’humour.  Un regard un tantinet facétieux.
Et, toujours, le quantième de l’émission.

L’album, exhumé du désordre poussiéreux d’un présentoir, montre toutes les coulisses de l’avant et de l’après-émission.
Tout le panthéon de la Littérature française, européenne et mondiale défile.  On se dit « vu celui-là », « pas vu celle-là ».
Ce panthéon évoque, sur une note un peu nostalgique, le temps d’un autre Art, celui de la conversation, l’esprit des brillants Salons français des XVIIIème, XIXème et XXème siècles.

« Apostrophe », en 724 émissions, avait permis à cet Art, de la belle parole prononcée par de brillants esprits, de renaître.

365 Nuances de 2019 – #177 – « Et si certaines voulaient cela ? »

Un billet, court, chaque jour.

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« Et si certaines voulaient cela ? »

Ce genre de questionnement vient-il à l’esprit de ceux et celles qui façonnent les nouveaux diktats moraux ?

C’est amusant de voir des égéries mediatico-politique aux crinières débordantes et aux décolletés provocateurs s’ériger, sans se couper un sein pour pouvoir mieux bander leur arc, en mères-la-vertu.

Et si, parmi les milliers de femmes qui peuplent cette planète, il y en avait quelques-unes pour aimer, vouloir, simplement, être belles et admirées par les hommes sans les craindre.
Est-ce finalement si dégradant de se mettre en avant pour des qualités esthétiques ?  Est-ce une insulte à celles qui ne possèdent pas ces canons de beauté ou n’évoluent pas vers ces aspirations ?

Un podium n’est pas un marché aux esclaves que, par ailleurs, ces mêmes mères-la-vertu laissent prospérer en certains endroits du monde et dans certains lieux à portée de VTC.
Ces femmes choisissent librement de monter sur ces podiums.

Ces mêmes mères-la-vertu laissent, sans ciller, des groupes de pression, financés par des obédiences et influences étrangères, terroriser le commun des mortelles, les laissent menacer leurs consœurs jusque dans les piscines, jusque dans les cités voire jusque dans leur maison pour finir soumises, couvertes de noir du haut jusqu’en bas, visage, regard et souffle compris.

Les femmes n’aspirent peut-être pas toutes à s’armer des pires travers masculins supposés.
Devons-nous toutes devenir les combattantes agressives d’une guerre des sexes fondée sur des schémas, dans nos sociétés occidentales, qui ne sont finalement, dans leur ensemble, que des idées reçues sur les hommes ?

Tous les hommes ne se représentent pas les femmes comme des poupées de vitrine ou de proies sexuelles.
Tous les hommes ne sont pas des barbus escouillés pervers terrorisés, se protégeant des réels pouvoir d’attraction sexuelle et de domination intellectuelle des femmes en les couvrant de la tête aux pieds et en les excluant de la cité.

À la croisée de l’ultra-féminisme, du progressisme et de l’islamisation lampante, ce sont finalement les femmes elles-mêmes qui sont perdantes.
D’un extrême à l’autre, leur est dicté la manière dont il faut qu’elles paraissent, leur est amoindrie l’exclusivité de la maternité et leur sont imposés les comportements qu’elles doivent adopter.

La finalité des enjeux féministes, ne serait-elle pas de viser un dialogue équilibré et juste, ne pourrait-elle pas envisager de laisser chaque femme prendre la place qu’elle souhaite, dans un processus de consentement éclairé, fondé sur la connaissance des vertus propres à chaque sexe et dans l’altérité ?

Cela s’appelle la liberté, non ?

Ce qui est regrettable dans ces différentes démarches, c’est qu’elles fusionnent sous le vocable commun de «combat», avec une connotation qui conditionne l’agressivité, qui perpétue l’idée de vainqueur-vaincu et qui nourrit un ressentiment larvé de part et d’autre.

Et pour finalement probablement n’aboutir qu’à remplacer les diktats masculins, qui, pour la plupart, se sont effondrés, par des diktats tout aussi pires : féministes, confessionnels, paritaristes, discriministes et progressistes.

365 Nuances de 2019 – #176 – «Régressif !»

Un billet, court, chaque jour.

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Les rêves d’enfant ne sont jamais suffisamment enfouis pour se passer d’une petite piqûre de rappel de temps à autre.

C’est la belle histoire d’un preux chevalier qui se met en quatre et dans milles aventures aux soubresauts rocambolesques pour sauver un « déchet », enfin, un jouet ou plus exactement « le » jouet de prédilection d’une petite fille.

Les péripéties de sa mission permettront à « Woody » de croiser le chemin de sa princesse perdue : « Bo ».
Pour elle, il renoncera à sa place de héros de nurserie pour devenir un jouet perdu, éperdu d’amour !

Princesse, sauveur, gentils, méchants, il s’agit bien d’un conte pour enfant ou pour esprit enfantin.
Et à ce compte-là, seul le régressif importe.
Le décompte fut largement à la hauteur !

365 Nuances de 2019 – #175 – « Sans objet ! »

Un billet, court, chaque jour. 

2067637.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx« Persona non grata » se dit d’une personne qui ne serait pas la bienvenue.

C’est, semble-t-il, tout l’enjeu du film, autour d’un manouche, tueur à gages, qui s’incruste dans les affaires troubles, et meurtrières, d’un duo de promoteurs immobiliers véreux.

Il faut une princesse dans toutes les histoires, une petite fille riche fragile ; le maillon faible de l’intrigue.

Mais l’histoire est avant tout une somme écœurante d’immoralités qui s’enfilent comme des perles autour d’un collier inconfortable qui étouffe facilement le spectateur.

Il n’y a pas de porte de sortie dans ce film qui enchaîne les lieux communs.

Oh !  Pardon, si : la petite fille riche s’aperçoit que son amant est réellement un tueur pourri.
Ça fait comme un petit soleil dans ce poncif du genre !

Une histoire sans objet, sinon !