365 Nuances de 2019 – #165 – «Camping-sur-Seine»

Un billet, court, chaque jour.

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Ce matin, comme de nombreux matins, runnings enfilées, je lance les kilomètres.  Les pieds ont certaines humeurs et aujourd’hui, ils m’ont conduit sur un circuit bien rodé le long des berges de Seine.

Non sans avoir ramassé mon « déchet quotidien » (encore une petite bouteille en plastique), je longe le Camping de Paris, qui est bien plein en cette saison estivale et touristique.
L’Europe au sens large et la France provinciale débarquent ici.

Ce camping-sur-Seine est assez instructif.

Avec l’habitude, je peux, presque au jaugé, au coup d’œil, deviner quelle nationalité s’abrite sous telle tente, telle caravane, tel camping-car.
Il y a une typologie nationale très claire en fonction de la structure, de la configuration de l’aménagement, de la sophistication du mobilier, du degré de confort ou de rusticité.
Des cultures sur roues : une constellation de normes, de symboles et de comportements

Les Français ne se posent pas comme les Allemands, comme les Anglais, comme les Hollandais, ni comme les Italiens.
Chacun a sa saison ; là c’est le plein d’Allemands.  En septembre ce sera le tour des retraités Français.
L’Allemand est très organisé, presque comme le Hollandais avec beaucoup d’accessoires de confort.  L’un comme l’autre rend mobile son confort sédentaire.  Il voyage avec sa maison en somme.
L’Anglais bricole un peu plus.

Certains ont des chiens ; qui sont rarement à la fête, attachés qu’ils sont.
Traîne une odeur de croissant – industriel – chaud en provenance de la boutique.
Des verres ballons et une bouteille de vin vide traînent souvent sur une table pliable ; abandonnés par des buveurs trop ensommeillés pour ranger.
Les tongs se languissent de leurs propriétaires en bas des marches des camping-car ou au seuil des tentes.
Des enfants s’ennuient en attendant le réveil de leurs parents.

A l’heure où je passe devant les grilles, c’est l’heure du petit-déjeuner pour les plus matinaux.  Je fais écran entre eux et la Seine.  Je me demande si je suis la vache en mouvement ou si ce sont eux qui regardent le train passer.
J’en salue certains qui ont l’air bonhomme.  Certains disent bonjour.  Nous nous répondons parfois.

Après les abris-roulants venus de loin, il y a le parc des débarqués de dernière minute, des tentes de jeunes plus baba-cool, les grandes canadiennes fixes sur pilotis, les roulottes façon gitans et les cabanons.
Quatre habitats, quatre façons différentes de se poser.
Des ouvriers de France et d’ailleurs en mission sur Paris logent dans les cabanons.

Le monde de la ville, le monde de la voiture un peu plus haut, le monde des berges de Seines avec les nombreuses péniches et house-boats.
Le monde du bois.
Le monde des cyclistes, des promeneurs et des coureurs à pied.

Le mondes des campeurs.

Ils ne vont pas tarder à s’égayer dans Paris.
Mais pour l’instant, comme moi, ils sont quelque part entre les deux braquets d’une parenthèse.

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