365 Nuances de 2019 – #180 – « Ça se complique ! »

Un billet, court, chaque jour.

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L’épreuve de la baguette de pain !
1er août.  Nous entrons dans une zone de temps critique.

Ça se complique !

Mais, à toute chose pénurie est bonne.  Ainsi, à déambuler dans les rues vides de nos quartiers, en quête de la flûte qui s’allongera comme une tartine ou qui conclura avec le fromage, nous allons peut-être suivre les merveilleuses recommandations de la fée O.M.S. (Ndla.: Organisation mondiale de la Santé), soit 10 000 pas par jour.

Il n’en reste pas moins que, pendant les trois prochaines semaines, nos petits commerçants, nos artisans, nos maraîchers vont nous manquer.

Si eux, tentent de résister à la grande distribution et au commerce en ligne, nous, nous tentons de les y aider par nos petites emplettes quotidiennes.

C’est un choix.  Même plus qu’un choix, c’est un parti pris, une politique personnelle.
Aller acheter chez les petits commerçants, les artisans, les maraîchers ne coûte pas toujours plus cher que dans la grande distribution, et il s’y trouve un petit quelque chose de plus, une patte qui disparaît ailleurs : l’humain.

L’humain du dedans : traiter ses employés avec respect, les « conduire sans heurts jusqu’à la retraite ».
L’humain du dehors : se soucier individuellement de ses clients.

Dedans, dehors.  L’amour du travail bien fait des gens qui aiment leur travail.

Le droguiste de mon quartier me connaît depuis trente-neuf ans.  Avec une distance de bon aloi, on se connaît bien.  Je connais sa famille, sa mère, sa petite-fille.  Il connaît mes enfants.
Idem pour le boucher, le boulanger.
Il connaît, par les vis que j’achète, l’eau déminéralisée, la peinture, les produits d’entretien, mes petites habitudes.

J’ai un respect muet pour le geste précis du boucher qui pare un rôti ou qui désosse une épaule d’agneau.
Je guète, dans la file d’attente, le doré idéal de la baguette qui va rejoindre mon panier ou le glaçage débordant de l’éclair au chocolat du dimanche.
J’hésite entre les pommes dauphine fraîchement roulées ou la terrine de canard du charcutier-traiteur.
Je salive devant le petit panier de fraises, je cible les poireaux très effilés qui finiront en vinaigrette, les petits pois frais à écosser qui peupleront une jardinière de légumes.

Je demande le « million » gagnant à ma buraliste, lui promettant, en cas de réussite, des vacances de rêve.

Et dans le même temps, s’échangent des nouvelles, quelques mots, des banalités à la Delerm avec le commerçant, avec le voisin de file d’attente.

Rien qui puisse, d’un clic, se compenser.

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