365 Nuances de 2019 – #185 – « Poésie dans les branches »

Un billet, court, chaque jour.

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Jacques Prévert :
« Pourtant les oiseaux
comme les humains
sont des animaux de la terre
et les arbres leur sont nécessaires »

En piquant le nez dans les pages poétiques de Jacques Prévert, j’ai piqué tout entière dans l’océan de la prose, à la recherche des nombreux vers qui dérivent dans les courants lyriques des rimeurs ; à la gloire et pour l’amour des arbres.

« Les voyages des graines forment la genèse des arbres. »

Les voyages des rimes et de la prose forgent l’espoir de survie des arbres.
Ce sont eux qui fournissent le papier.

Jean de La Fontaine voyait juste dans sa fable « La forêt et le bûcheron ».  La forêt hésite à fournir au bûcheron désoutillé un nouveau manche pour sa cognée ; puis cède.

« Elle en eut du regret. »
« Son propre don fait son supplice

Les rimailleurs, les prosateurs et les romanciers rendent aux arbres leurs sacrifices.

« Les arbres et les bêtes
les humains et leurs sœurs
ont les mêmes cicatrices de la vie »

« Bois des mâts, des échafauds, des cadres à tableaux »
L’arbre donne tout et l’homme le lui prend bien, lourdement enchâssé dans son siège, droit et fier sur le pont des navires, protégé et en prière sous les forêts des charpentes des cathédrales.

Eléazard Bouffier est, pour Jean Giono, « L’Homme qui plantait des arbres ».  C’est lui qui, de tout ce qui fut couché sur les épidermes de pâte à papier, imprime, en nos houppiers humains, la ligne à suivre : planter.
« Dix mille chênes » et autres essences, c’est la fable que nous chante le Manosquin pour nous rappeler que comme le vieillard isolé, à planter plutôt qu’à déraciner, « les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. »

Prévert, La Fontaine, Giono et tant d’autres ont essaimé dans les mots leur amour de l’arbre, pour qu’à les lire, nous ne nous perdions pas dans de vaines batailles et que nous agissions comme « La fontaine et le Saule » (Laurent de Jussieu) :
« Elle-même s’oublie en le voyant souffrir,
Et, pour aller le secourir,
Elle fait un effort, et détourne sa pente. »

Faisons un effort, taillons dans nos tracas dérisoires, élaguons le vain et la haine.
Détournons-nous de ces pentes.
Plantons, plantons, plantons.

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