365 Nuances de 2019 – #205 – «Romain Le Magnifique»

Un billet, court, chaque jour.

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Romain Gary s’est donné la mort le 2 décembre 1980.
Il avait enregistré un entretien avec Radio Canada, pour l’émission « Propos et confidences » peu de temps avant ce geste ultime.
Cet échange ne sera diffusé qu’en 1982.

La transcription de ces confessions à l’oral redonne vie au mode très naturel, proche du style teinté d’ironie et de beaucoup d’humour, voire d’auto-dérision, qui a coloré l’ensemble de l’œuvre de Romain Gary.

Il y avoue avoir écrit sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi ; on ne saura qu’après sa mort qu’il aura aussi été Émile Ajar.  Mais on sent, pour qui connaît un peu son œuvre, la pointe de l’aveu ; l’envie, au bord des lèvres, de déposer le fardeau..

« Romain le Magnifique » est un titre parti pris motivé par l’admiration ranimée à chaque lecture, relecture, découverte, redécouverte d’un élément de l’histoire de la vie de cet homme hors-normes.
Lire cet entretien nourrit, une fois de plus, cette admiration.

En quelques mots, Romain Gary balaye les moments essentiels de sa vie avec des traits d’humour qui amènent de vrais éclats de rire et de nombreux sourires.

S’y retrouvent son amour de la France, son admiration pour le Général de Gaulle, son intuition profonde des changements, des évolutions du monde, des mœurs et de la société.

En fin de propos, il dépose au creux de notre réflexion, un credo très personnel par lequel il résume le motif, l’intention profonde et intime de son œuvre : « la passion que j’ai pour la féminité ».
Les trois dernières pages de transcription rendent admirables cette intention profonde, comme une révélation géologique de la formation de son œuvre.

« … ce qui m’a inspiré donc dans tous les livres, dans tout ce que j’ai écrit à partir de l’image de ma mère, c’est la féminité, la passion que j’ai pour la féminité.  Ce qui me met parfois en conflit avec les féministes puisque je prétends que la première voix féminine du monde, le premier homme à avoir parlé d’une voix féminine, c’était Jésus-Christ.  La tendresse, les valeurs de tendresse, de compassion, d’amour, sont des valeurs féminines et, la première fois, elles ont été prononcées par un homme qui était Jésus.  (…) les droits de l’homme ce n’est pas autre chose que la défense du droit à la faiblesse. »

 

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