365 Nuances de 2019 – #245 – «Cela ne s’invente pas !»

Un billet, court, chaque jour.

Capture d’écran 2019-10-01 à 16.48.36

Un moment de deuil est un moment à part où le superflu, l’accessoire, le contingent, le négatif, l’imparfait, l’incomplet, le regretté, le décevant, l’agaçant, l’inexcusable, l’impardonnable, normalement, s’effacent.

On ne peut plus, ni rien faire, ni rien changer.

Le commun des mortels, auquel votre humble servante appartient, se livre à un traitement astringent des flots de souvenirs et d’images qui encombrent la mémoire.
Je m’y suis livrée.
Pour ne retenir que ce qui m’a marqué, non pas dans l’homme publique, non pas dans l’homme médiatique, mais dans l’homme tout court.
Bref, ce qu’il reste lorsque l’on a expurgé le superflu.

Et j’ai, presque spontanément, rejeté le politique, le diplomatique, l’agricole, le militaire, le polémique, pour ne conserver qu’un seul aspect du personnage, qu’une seule image de l’homme, celle, certainement parmi tant d’autres, qui le met le plus en valeur : celle du galant homme.

Jacques Chirac : « LE » galant homme.  L’homme des baisemains.

L’image d’un charme naturel, d’une galanterie désarmante, d’un rapport aux femmes empreint de déférence, de l’hommage gratuit d’un homme à une femme.

Le sourire des femmes qui reçoivent cet hommage, quelque pouvoir qu’elles aient entre les mains, ne trompe pas sur la compréhension de l’intention.

Une élégance innée ou qui n’est pas.
L’élégance, cela ne s’invente pas.

365 Nuances de 2019 – #244 – «Médaille du Souffle»

Un billet, court, chaque jour.

WhatsApp Image 2019-09-29 at 13.20.12Le souffle.
L’air qui arrive, passe et repart si inconsciemment, si naturellement, au travers de nos poumons.

Qui s’en soucie vraiment ?

Ceux qui en manquent.
Ceux, pour qui, chaque respiration est un effort, une victoire, l’histoire de chaque fraction de seconde de leur vie.

Je ne sais pas si ces quelques lignes résument bien ce qu’est cette maladie : la mucoviscidose.
Le manque de souffle n’en n’étant que l’une des multiples vicissitudes.

Alors, chaque année, lorsque je parcours les dix kilomètres de la « Course du Souffle », ce qui motive chaque foulée, c’est la chance bien perçue de ce souffle facile, abondant, gratuit.

Indolore.

365 Nuances de 2019 – #243 – «Gué du cœur»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre 19.23.32

La station Franklin D. Roosevelt a été décorée pour promouvoir une compagnie aérienne.
Le dessin de l’avion était indispensable au message consumériste.

Les silhouettes de cœurs m’auraient suffi.
Ils m’ont suffi, d’abord le temps de quelques pas, le quai transformé en quelque cours d’eau ensoleillé, pour me guéer le cœur, le laver, le remuer dans un courant poétique.
Ils m’ont ensuite suffi pour passer d’une rive poétique à une rive songeuse – toutes deux partagent la même eau.

Happée ainsi par le regard, par le cœur et par les rêves, j’ai réalisé soudain, à la fin du jaune, que j’étais descendue deux stations trop tôt.

Heureusement que je n’avais pas choisi l’avion.

365 Nuances de 2019 – #242 – «Échoué»

Un billet, court, chaque jour.

IMG_5886

Aux pieds des « Hommes de la Cité », œuvre d’art : huit sculptures de bronze -, il y a un homme qui s’arrime souvent là : un échoué.

Le dalle de béton, à l’entrée du métro « Esplanade de La Défense » semble lui servir d’île, de banc de sable malmené par une houle, la houle d’une foule pressée, aussi neutre et indifférente que les vagues de l’océan.

D’ailleurs, l’œuvre de France et Hughes Siptrott, installée en 1995, fait référence aux foules anonymes de passants qui peuvent se reconnaître dans une éternité figée.

En figeant par l’objectif l’image de cet homme perdu au milieu de l’océan humain, aux écueils de béton et de verre, je me suis rappelé un passage écrit par Michel Tournier dans « Vendredi ou la Vie sauvage » :
« Robinson avait beau lui expliquer que c’était comme cela en Europe dans les pays civilisés, il ne voyait pas pourquoi il fallait faire la même chose sur l’île déserte du Pacifique. »

Cet échoué en est-il au même degré d’incompréhension ?

D’ailleurs, à la fin du récit de Tournier, Robinson lui-même, pris jusqu’au cœur par sa vie de naufragé, refusera l’aubaine du Whitebirdun bateau, sésame d’un retour à la civilisation.  Il choisit définitivement sa propre éternité figée.

Les amarres avaient été trop rognées ; rien ne le rattachait plus aux foules de l’occident devenues anonymes.  Il choisit de rester sur son île.

Le naufragé de La Défense, doublé de façon incessante par des Whitebird majoritairement indifférents, ne cherche plus à signaler sa présence.  Il les laisse caboter près de lui sans les détourner de leur route.

Il n’agite plus rien.  Il laisse passer.
Il est là sans l’être, sur un rocher pourtant bien visible à l’œil et sur nos cartes connectées, au milieu de nous mais sans balise : la solitude.
Il est moins visible que les « Hommes de la Cité » ; il est invisible aux « Hommes de la Cité ».

Il y a des îles moins lointaines, que chacun de nous, vaisseaux pressés et chargés, au long cours, n’abordons plus, même d’un simple regard : des hommes échoués qui ont choisi les îles perdues de la solitude, sans attaches, au milieu de nous.

365 Nuances de 2019 – #241 – «S’il y avait d’autres procès à intenter ?»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre.png

Le 23 septembre dernier, « Greta Thunberg et 15 autres jeunes, âgés de 8 à 17 ans et venus de 12 pays, ont annoncé, en marge du sommet sur le climat à l’ONU, vouloir intenter une action en justice contre cinq États. Les activistes visent les (soi-disant) pays pollueurs suivants : la France, l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie. ».

Encore faudrait-il que la France accepte de donner son consentement à l’ouverture de l’enquête ; consentement qui entre dans les pré-requis de la convention CIDE !
Dans un des protocoles complémentaires, il est indiqué ceci : « la possibilité, pour les enfants, d’exercer un recours auprès d’une instance internationale en cas de violation de leurs droits qui ne serait pas résolue par les recours internes à chaque Etat. »

Teneur de la plainte : « Ces pays sont parmi les plus polluants et accélèrent le réchauffement climatique. Aucun de ces cinq Etats ne fait ce qu’il faudrait pour contenir le réchauffement entre 1,5 et 2 degrés Celsius. Il est toutefois évident que l’ensemble des pays doit travailler ensemble sur ce problème, …»

Selon l’Université de Yale, la France est le deuxième pays le plus écologiste au monde, celui qui produit le moins de CO2.

Je n’irai pas par quatre chemins.

Un : je suggère tout simplement la loi du boomerang : intenter un procès à Greta Thunberg et aux 15 autres jeunes pour diffamation.
À force de porter aux nues ces jeunes suppôts de l’écologisme, ils en perdent tout sens commun ; en fait, ils agitent d’irrationnels chiffons rouges, en visant les puissances mondiales emblématiques.
Les Français, leurs représentants politiques, n’ont pas besoin d’une gamine pour prendre la mesure des urgences de climat et de biodiversité de la planète.  Au contraire, les Français ont une haute conscience de ces enjeux.

Deux : sans doute Greta Thunberg et ses acolytes pourraient-ils tourner le regard vers tous ces pays à l’économie conquérante et prédatrice, vers tous ces pays qui laissent leur démographie galoper et leur intenter des procès.
Il y a là des impérialismes de prédation qui ne disent pas leur nom mais qui spolient bel et bien nombre d’autochtones d’une industrie vivrière.
Il y a là quantité d’enfants mal nourris, mal soignés, totalement éloignés de toute forme de scolarisation, exploités sous différentes formes.
Je suis certaine que ces enfants aimeraient que des voix aussi messianiques prennent leur défense.

Trois : Greta Thunberg est mineure et semble être affectée du syndrome d’Asperger.  Il s’agit donc d’une mineure fragile.
Peu importe cette fragilité ou particularité, même si cette condition pose la question de son autonomie de jugement et de la manière dont son entourage en fait usage, il n’en reste pas moins que, avec ou sans influence, vu l’article 13 de la Convention internationale des droits de l’enfant, elle ne peut pas tout se permettre.

Je cite :
1 – L’enfant a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant.
2 – L’exercice de ce droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires :
a – au respect des droits ou de la réputation d’autrui ; ou

b – à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques.

Même adoubée par les plus grands de ce monde, il n’est pas possible de laisser bafouer ainsi nos droits, notre réputation et de permettre, à une jeune Suédoise, issue de l’un des pays les plus riches au monde, où le souci de l’enfant est l’un des plus respecté, de porter atteinte à notre ordre public, à notre santé et à notre moralité.

Tous ces aspects sont déjà suffisamment bien malmenés de l’intérieur pour qu’une mineure sans mandat, non élue vienne nous faire la leçon.