365 Nuances de 2019 – #273 – «Ne pas trop tirer sur la corde»

Un billet, court, chaque jour.

« (…) l’espace public n’est pas l’affaire de l’État »
Mais quelles sont, au juste, les affaires de l’État et celles de leurs représentants ?

D’oreille attentive aux discussions de comptoir, en lectures d’articles, de publications sur les réseaux sociaux et de leurs commentaires concomitants, en écoutes de débats sur les ondes, il ressort un petit constat, une observation ténue : beaucoup de citoyens français se demandent si leurs Élus, ceux à qui ils ont donné mandat, à commencer par le Premier d’entre eux, sont réellement au fait de leurs responsabilités.
Apparaissent même, çà et là, des soupçons très étayés, documentés, de collusion, d’entente et de prise d’intérêt.
Plus crûment, le citoyen ordinaire se demande si c’est encore de ses intérêts de Citoyen de la République Française, « une et indivisible », dont ses Élus restent les premiers garants.

Il ne faut être grand expert pour déceler dans la véhémence de ces différentes formes d’expression, sinon les germes d’un dangereux besoin de remise en question, du moins une périlleuse tentation.

À y regarder de près, pour beaucoup de ces commentateurs ordinaires, leurs représentants paraissent, sans beaucoup de vergogne, avoir brigué les suffrages pour défendre des affirmations communautaires.
Alors que, philosophiquement, on ne devrait entrer en politique que pour une seule raison : servir le bien commun.
Un peu comme un médecin que le serment d’Hippocrate engage.

L’espace public est justement, et très précisément en France, le bien commun.

Il est, par exemple, le lieu de la liberté de conscience, la zone d’exclusion du prosélytisme. Les signes d’appartenance confessionnelle ne peuvent ni servir de moyen de revendication communautaire, ni se substituer à la Loi.

L’État et ses représentants ne peuvent légiférer, règlementer au bénéfice exclusif d’une communauté.

Garantir la neutralité de l’espace public, la neutralité de l’utilisation de l’argent et des biens publics, s’inscrit donc bien dans le rôle de nos représentants ; c’est bien leur affaire ; c’est bien l’affaire de l’État.
Il est donc éminemment dans leur rôle de circonscrire fermement, rapidement et légalement les velléités excessives de certaines factions, faute de quoi, si ce n’est pas l’État lui-même qui remet les choses à leur place, ce seront les citoyens, ceux des comptoirs et des réseaux sociaux, excédés des atteintes protéiformes et répétées à leur espace public et culturel, qui chercheront à les circonscrire eux-mêmes.

La République est comme une corde : tissée de millions de fils sur lesquels il n’est pas prudent de trop tirer.
Sauf à vouloir les faire rompre.

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