365 Nuances de 2019 – #303 – «Fred, le dernier des Compagnons»

Un billet, court, chaque jour.

 

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Fred Mella, le derniers des « Compagnons de la Chanson », s’est éteint le 16 novembre dernier.

Élancer la voix à l’unisson, sans guide.
Ce fut là la force des « Compagnons de la Chanson », neuf splendides voix masculines aux tonalités, aux accents multiples.

Un fifre donne le « la » et s’entonne, dans un tempo joyeux :

« Ses cheveux sont plus blonds
Que les blés aux moissons
Je l’appelle Rose, Rose, Rose d’or
Notre-Dame à Paris
Est, dit-on, très jolie
Mais ma Rose, Rose est bien plus belle encore »

Une énergie gaie, des thèmes optimistes et romantiques, des mélodies sans cesse renouvelées, de la poésie, une diction impeccable, des jeux de mots malicieux, des airs de fête bon enfant qui composent un répertoire unique.

Je les écoute souvent, je les écoute encore à la minute où j’écris, je fredonne en rythme et reprends en coeur :

« Chantons pour la vie qui va
Pour celui qui s’en va
Qui ne reviendra pas »

 

365 Nuances de 2019 – #302 – «Mettre ses pas dans les pas de Saint-Paul»

Un billet, court, chaque jour.

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Remerciements aux Editions Tempus

Alain Decaux, avec une plume simple, des sources et une documentation riches, raconte, l’histoire, le long chemin, de celui, avorton, être chétif, pharisien érudit : Paul de Tarse ; Saint-Paul.

Avant, il s’appelait Saul.
Après, il s’appellera Paul.
Avant, il était un exégète juif.
Après, il sera un Apôtre de Jésus-Christ.

La transformation s’opère sur la route entre Jérusalem et Damas.
Voici l’extrait des Actes qui narre ce que nous tous connaissons sous l’expression :
– « Le Chemin de Damas ».

« Comme il était en chemin et qu’il approchait de Damas, tout à coup, une lumière qui venait du ciel resplendit autour de lui.
Il tomba par terre et entendit une voix lui dire :
– « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »
Il répondit :
« Qui es-tu, Seigneur ? »
Et le Seigneur dit :
– « Moi, je suis Jésus, celui que tu persécutes.  Lève-toi, entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire. »
Les hommes qui l’accompagnaient s’arrêtèrent, muets de stupeur ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne.
Saul se releva de terre.
Malgré ses yeux ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main pour le conduire à Damas. »

Paul participa aux persécutions contre ceux que l’on n’appelait pas encore les Chrétiens, dont Étienne, avant, un jour, d’être « appelé ».

Ce texte simple permet de suivre la naissance des premières communautés chrétiennes en Asie Mineure et autour du Bassin méditerranéen.
Mettre ses pas dans les pas de Saint-Paul est un émerveillement qui permet de redécouvrir, ou de découvrir, la puissance de Foi qui a poussé ce petit homme érudit, véhément, caractériel, à poser les bases de l’organisation de l’Église.

Au travers du texte, avec Paul, on traverse à pieds les âpres chemins de Galatie, on s’échoue à Malte et surtout, on chemine dans les détours de l’Histoire de notre civilisation, on comprend la force des enjeux spirituels, temporels, ethniques, politiques au travers des grandes figures de l’Empire Romain, au travers du déploiement des disciples de par le monde.

Cela donne à recomprendre ce que nous sommes, le monde dans lequel nous vivons et les origines, les sources premières des enjeux politiques, spirituels et culturels auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

365 Nuances de 2019 – #301 – «N’est pas Maréchal qui veut»

Un billet, court, chaque jour.

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« Terror belli, decus pacis »
C’est l’inscription qui figure sur les bâtons de Maréchaux.

« Terreur durant la guerre, ornement en temps de paix »
Il est à imaginer que le Maréchal Juin, dont le monument à sa mémoire a été profané ce week-end, eut préféré continuer à occuper la place à ce titre, ornement.
La France a offert ces sept étoiles, cette dignité, en 1952, au Général Juin, pour honorer son rôle prééminent lors des Première et Seconde Guerre Mondiales.

Un autre Maréchal, de Lattre de Tassigny, avait, avec la 14ème Division d’Infanterie, la devise suivante :
– « Ne pas subir ».

De week-end en week-end, au gré des mouvements sociaux et des revendications communautaristes, au fil de l’inertie, voire de la déliquescence de l’autorité publique, on se demande si la chute de cette stèle, cette énième après moult profanations d’églises, de cimetières et de symboles chrétiens, après maints saccages de symboles de la République Française, n’est pas un appel cinglant, encore plus pressant que les précédents à réagir.

Qui, à l’heure actuelle, subit ?
Réagir pour ne pas subir, une ligne de conduite à réveiller ?
Qui doit, devrait, réagir ?

Dans les deux cas, nous.
Nous tous, Français du commun, puisqu’il semble, que de petites phrases prononcées ici, en France, en petites phrases prononcées là-bas, depuis l’étranger, que de dénis en mensonges, que de blancs-seings aux violences communautaristes en désaveux judéo-chrétiens répétés, que d’arbitrages socio-économiques en aides vers des démocratures à la défaveur de la communauté nationale, le pouvoir, beaucoup de ses élus, et non des moindres, aient choisi un autre camp que celui de leurs concitoyens.

Dans son discours de réception à l’Académie Française, Alphonse Juin s’élançait en ces mots :
– « Les militaires de ma génération, entrés dans la carrière peu avant que se déchaîne l’effroyable tumulte guerrier qui s’est prolongé jusqu’à nos jours, étaient loin de penser, quand ils rêvaient sur les bancs de Saint-Cyr de combats où la gloire les viendrait effleurer, qu’ils seraient, au-delà de toute mesure, les héros involontaires des plus sanglantes mêlées de notre Histoire. »

Les citoyens Français, toutes générations confondues, quels que soient les lieux d’où ils tentent de rêver à un pays où la décence, l’ordre public, le bien commun et la fierté nationale seraient les soucis premiers de ceux qui les gouvernent, n’ont jamais été aussi près de penser à reprendre la main, de se vouloir, au moins et avant tout par les urnes, des héros volontaires de l’Histoire.

Malheureusement, les Municipales, mars 2020, les Régionales et Départementales, mars 2021, sont encore bien loin.
Avec des aléas communautaristes qu’il serait dangereux de négliger.

Dissoudre l’Assemblée serait agir.
Un Garigliano, une ouverture à l’expression démocratique.

Mais là, il y faudrait du courage.
Hélas, n’est pas Maréchal qui veut.

365 Nuances de 2019 – #300 – «Chabadabada, le marathon»

Un billet, court, chaque jour.

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Le défi initial était de repasser sous les quatre heures.
Le corps a fait son boulot, le mental un peu moins.
Ça arrive.

Pourtant, la motivation y était, pleinement même, dopée que j’étais par les petits soins de mon ange-gardien et par la joie de retrouver, dans les starting-blocks, plein d’amis passionnés comme moi par leur sport : la course à pied.
Ça adoucit les petits stress et ça réchauffe le cœur.

La course, qui s’élançait des planches de Deauville, le long des célèbres cabines de bains art-déco aux noms des plus grands mythes du cinéma, fut une fête.
C’est rare de ressentir une telle unanimité de gaieté au départ d’une course ; presque de l’insouciance.
Ça illumine.

Une belle « Marseillaise », entonnée avec dynamisme, presque ferveur, par toute la foule colorée.
Ça rassemble.

Ensuite, la belle campagne, en poésie d’automne, le pays d’Auge et ses vallons bordés de haies et d’arbres.
Ça distrait bien.

Les chevaux, quelques vaches même, se sont approchés du parcours, pour s’enquérir, placides, de quoi il s’agissait, de tous ces fous qui courent, s’agitent sans raison particulière, sinon celle de mesurer de quels exploits ils sont capables.
Ça amuse.

Quelques côtes et faux-plats casse-pattes pour pimenter l’effort et vraiment mériter sa médaille.
Ça déménage.

Le moral aurait pu souvent lâcher sans quelques ingrédients distillés spontanément le long du tracé par des Normands incroyablement chaleureux.
Ça encourage.

La petite pépite, l’adrénaline ultime, je la dois très certainement à Claude Lelouch, Francis Lai, Nicole Croisille et Pierre Barouh, à l’approche des derniers mètres, juste après l’hippodrome, au seuil des planches.
Un hymne à la fois local et universel, stimulant, s’est élevé dans ma petite tête :
– « Cha ba da ba da ».
Ça donne des ailes.

Je l’ai repris en boucle jusqu’à la ligne d’arrivée !
Et cela m’a bien aidé, non pas à faire plier les minutes, mais à finir le sourire aux lèvres.
Ça remplit de bonheur.

Huit minutes en trop, mais un marathon, un très beau marathon en plus.
Ça ne s’invente pas, ça se court jusqu’au bout, « comme une chance » à ne pas laisser derrière soi.

365 Nuances de 2019 – #299 – «Quelques grammes de souvenirs»

Un billet, court, chaque jour.

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Il en faut peu pour amener un sourire sur les lèvres.

Sur les quais de Trouville, j’ai trouvé un pèse-personne public et, plouf : plongeon dans les souvenirs, ceux des grands parcs et autres lieux de la capitale, dont le Jardin d’Acclimatation.

Cela me rappelle le nombre de fois où j’ai quémandé une piécette à mon adorable père pour pouvoir grimper sur la petite plateforme en fonte.

Cling !  Une fois la pièce introduite, le bruit du mécanisme.
Et une petite sonnerie, une fois le ticket cartonné, décoré d’une image, sorti.

La joie croustillante de renouveler le geste et l’opération reste neuve.
Un suspens de quelques secondes au prix d’un sou inutilement gaspillé.
Le poids prend un sens un peu différent.
Mais le plaisir reste intact, avec le poids, quelques grammes, de jolis souvenirs.

Si le cœur vous en dit, il en reste encore au Jardin du Luxembourg.