365 Nuances de 2019 – #315 – «À quoi tu penses, le twit ?»

Un billet, court, chaque jour.

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– « À quoi tu penses, le twit ? »

Petite question extraite d’un roman.
C’est un gros malabar, un « hells angel », qui pose la question à son petit compagnon de cellule, dans une prison de haute sécurité du Québec.

La démarche, aller chercher le sens d’un mot, est particulièrement amusante quand ce sens a été dévoyé par l’usage.

Tout le monde connaît l’application, le média « twitter ».
Peu en revanche sont allés en chercher son sens, ou ses sens, dans le dictionnaire.
Le mien, un Robert & Collins datant de 2000, donne un sens au verbe.

– « twitter » signifie parler avec agitation.  Jacasser en somme.
Ce qui correspond bien à l’usage que l’on fait actuellement de cette application : tenir des propos futiles, produire du bruit, incessant.

Plus poétiquement, « twitter » fait référence au gazouillis des oiseaux, à ce doux verbiage de nos colistiers à plume, dont le ramage nous égaye à longueur d’année.

– « twit » signifie taquiner, se moquer gentiment d’une personne.
Ce qui correspond bien à l’esprit de la question de la grosse brute pénitentiaire à son compagnon carcéral.

Le Français du Québec se sert du mot « twit » dans un sens plus prosaïque, ou, plus exactement, pour masquer un petit quolibet, un petit brocard ; il signifie « crétin ».

Ainsi, un « twit » en train de « twitter » subit la double peine d’être un crétin qui jacasse, qui s’exprime à tout va sans réfléchir.

Mais le dictionnaire ne précise pas ce qu’il en est pour les oiseaux, il ne hiérarchise pas leur pépiement.
Ces « twitters » à pattes et à plumes restent à la merci de notre interprétation.

J’y donnerai un sens plus à propos : lorsque les « twitters », les gazouilleurs des bois, des prés, des champs et de villes s’égosillent à tue-tête, c’est que tout va bien.
Le bonheur est là, naturellement.
Quand les oiseaux se taisent, c’est qu’il y a un danger.

Quand les Hommes s’y essayent, à « twitter », dans les applications autant que dans les salons, c’est un supplice, une logorrhée pénible de paroles irréfléchies.
Avec ou sans danger, ils blablatèrent de plus belle, ne tarissent jamais.

Nous aurions certainement bien à apprendre des « twitters ».
– «À quoi tu penses, le twit ?»
Il faudrait d’abord se taire pour parvenir à le savoir.

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