365 Nuances de 2019 – #353 – «Renaître de ces cendres exemplaires»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

19 décembre 1964
André Malraux – Discours du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon

« Monsieur le Président de la République,
Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d’un peuple de la nuit. »

« Le chef d’un peuple de la nuit. »
Est-il besoin d’être objectivement, officiellement en guerre pour qu’un peuple se sente dans la nuit ?
Est-il besoin d’être objectivement, officiellement en guerre pour avoir besoin d’un Chef ?

Croire que les violentes agitations sociales qui troublent quasi continuellement la France depuis maintenant plus d’un an sont seulement le fait, la conséquence, l’émanation de purs caprices bassement matériels constitue une erreur d’appréciation qui signale une méconnaissance crasse du caractère du peuple français.

On dit le Peuple français râleur.  Cela ne fait aucun doute.
Le coq, dressé sur ses ergots, en est une parfaite illustration.
Mais, souvent, le coq, coqueline tout à fait à propos.

C’est bien ce qu’il se passe en ce moment.

Chacun, au travers du territoire français, se sent le coq qui pressent et prévient de quelques dangers.

Ces chants de coqs, ces signaux à la Cassandre, cristallisent deux intuitions profondes.
– L’intuition d’être gouvernés, depuis au moins trois mandats, par des Chefs venus pour se servir et non pas pour servir.
Un doute profond de leur asservissement à des idéologies, des puissances extérieures contraires aux intérêts nationaux.
– L’intuition que, dans les projets de modernisation, de quelque nature qu’ils soient, les acquis français ne fondent plus le socle incontournable à une réflexion de référence, ne constituent plus une priorité par rapport à des minorités invasives et que nos systèmes politiques, judiciaires, administratifs, sociaux sont bradés, dépecés au titre de considérations purement ethniques, sociétales et comptables imposées par des tutelles non démocratiquement élues.

Les Français sont râleurs mais ne sont pas idiots.
Ils ont une excellente acuité des territoires, autant géographiques, économiques, industriels que culturels, livrés sans combat à l’ennemi, ils ont clairement identifié qui saborde, ridiculise, vend, brade leur âme.
Ils ont clairement identifié les groupements d’intérêts qui se cooptent, se promeuvent, s’amnistient entre eux.

Une majorité d’entre eux sont de futurs Jean Moulin.
Encore désordonnés.

De Jean Moulin, Malraux disait, dans le discours du transfert de ses cendres :
« Ce n’est pas lui qui a fait les régiments, mais c’est lui qui a fait l’armée : il a été le Carnot de la Résistance ! »

Les peuples, quand les idéologies de basse extraction marquent le pas face aux fondements régaliens et aux lois de l’évidence et de la réalité, reprennent leur souffle et se mobilisent.
C’est ce qu’il se passe en France en ce moment.

Il manque juste le Carnot de circonstance.
Pour que le Peuple Français commence à renaître de ces cendres exemplaires, celles de Jean Moulin, précisément en ce jour de mémoire.

« Reviens ici, Jean Moulin, après ces terribles cortèges : les suppliciés du Bataclan, les victimes de la Promenades des Anglais, le courageux Arnaud Beltrame, le Père Hamel sans défense, Sarah Halimi l’assassinée et tant d’autres … !
Reviens ici ! Et que nous ne manquions ni de courage, ni de détermination ! »

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