365 Nuances de 2019 – #358 – «14h15 – La paix par l’émerveillement»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

Saisir la beauté de l’instant est venue doucement, une sorte de compréhension lente, une montée en puissance, l’agrégation inconsciente d’épiphénomènes.

Sous un soleil radieux, puissant, coquettement flanqué de nuages heureux, je me suis trouvée comme hypnotisée par la beauté des vestiges colossaux, des propylées burinés par les siècles du temple d’Héliopolis.
Baalbek aujourd’hui.

La puissance du culte, de la dévotion qui a conduit des hommes à puiser au plus fort de leur ingéniosité, de leurs sens artistiques pour transformer leurs prières impalpables en beautés tangibles, dignes des Dieux, dignes des Cieux.

Saisie, comme pétrifiée, par la puissante beauté des lieux, il m’a fallu du temps pour laisser ma méditation être envahie par ces mélodies ; une mélodie éolienne, une mélodie ambiante, une autre fugace.

Mélodie du vent.
Un vent puissant, joueur, s’immisçait, ondulait entre les blocs, les portiques, les chapiteaux, les bas-reliefs et se frottait contre la pierre, le marbre et les herbes folles pour un concert, un hymne aux célestes destinataires du lieu.

Mélodie vocale.
Au-dessus des Dieux et de la Déesse Bacchus, Jupiter et Vénus flottaient les chants de Noël  ; « Douce nuit, Sainte Nuit », « Il est né le Divin enfant ».
Ces chants adoucissaient le bleu du ciel, enveloppaient la ville, jouaient de ricochets entre les murs des maisons et les colonnes romaines.

Mélodie de l’invitation.
Soudain, une voix, une exclamation puissante s’élevait : l’appel à la prière, le chant du muezzin.

La beauté de l’instant est née au carrefour de ces trois moments-là, de la collision entre trois partitions spirituelles distinctes : mythologique, chrétienne, coranique.
La beauté de l’instant a fait naître une sorte de liesse, la joie d’une découverte, un sentiment de concorde, les trois mélodies ne se heurtent pas.

Elles s’admirent.
L’émerveillement transporte.
L’émerveillement inspire le respect.
L’émerveillement est source d’apaisement, de paix.

Le monde entier, sur tous les continents, est rempli de ces merveilles de pierre, de ces notes envoûtantes, de ces pigments radieux, de ces mots poétiques inspirés par des générations d’âmes tournées vers le divin en quête de protection, d’amour, de félicité, de pardon, de fraternité, de générosité.

Le sentiment religieux chemine par différentes voies, s’élève depuis différentes voix, se pose sur le ciseau du tailleur de pierre et sur le pinceau des peintres.
Avant le jugement, ce qui s’impose à chacun, c’est l’admiration, le respect, tous deux fruits de l’émerveillement.

Quand cette bulle réflexive a éclaté, j’ai regardé ma montre, il était 14h15.
Il m’est simplement venu à l’esprit que l’émerveillement pouvait être source de paix, d’une paix universelle.

Encore faut-il aller à la rencontre de la beauté chez les autres, en prendre soin, en préserver les témoignages, ne pas en prendre ombrage, ne pas les jalouser, les laisser dépérir, chercher à les détruire.

À quelques heures de fêter la naissance de l’Enfant du pardon universel, j’ai pensé, quelques secondes à la possibilité de cette paix par l’émerveillement mutuel.

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