Odyssée 2021 (#31) – « De quel côté de l’écrou ? »

Même à parcourir quotidiennement la presse écrite, où l’on trouve encore, lorsqu’on le souhaite, à titre thérapeutique, un espace pour le recul, la distance et la réflexion pour guérir, pour s’auto-médiquer contre l’« actualgie » : maladie due à une surdose d’informations orientées, on ne peut néanmoins empêcher certains aspects des événements de heurter profondément la logique, la construction morale, du citoyen ordinaire que nous sommes pour la plupart.

Le citoyen ordinaire comprend et accepte la quasi-totalité de ces règles communes qui permettent de vivre en bonne entente, dans le respect des personnes et des biens, avec ces concitoyens.
Le citoyen ordinaire, au moindre écart, est verbalisé et doit payer.
Cette soumission volontaire se trouve sévèrement écornée lorsque, à la lecture du détail des crimes et délits qui entachent la vie de la cité, il réalise l’ampleur de l’indulgence, de l’impunité voire de la complicité dont bénéficient certains groupes de « délinquants » et qui laisse enfler une vague destructrice d’atteintes au concordat républicain.

En ces temps de contraintes sanitaires, où les plus dociles d’entre nous risquent 135 euros d’amende, pour un oubli de masque, le citoyen ordinaire ne peut qu’être choqué de ce laisser-faire quasi-institutionnalisé.

Ce citoyen ordinaire s’interroge.
– De quel côté de l’écrou se trouve-t-il réellement ?
Quand, lui, assigné à résidence dès 18h, ne peut plus sortir de chez lui et qui, s’il est restaurateur par exemple, ne peut plus travailler librement, alors que, dans toute une série de zones de France, les carnages les plus sanglants sont perpétrés, les trafics les plus éhontés prospèrent et les lois républicaines sont librement enfreintes.

– Valeurs Actuelle du 28/01/21, page 21, à propos du lynchage de « Yuriy »
« … un agent de la préfecture de police, semble avoir filmé l’écran de surveillance depuis un téléphone portable.  Une transgression sans laquelle cette affaire serait restée un tragique fait divers invisible. »

– Journal du Dimanche du 31/01/21, pages 36 & 37, sur l’enquête de Frédéric Ploquin à propos du narco-trafic en France
« Le trafic fait vivre une population très importante dans le département, avec le déploiement d’une économie grise (…) Leur puissance financière est telle qu’ils peuvent s’infiltrer dans les lieux de pouvoir et peser sur le plan politique. »

La France serait l’eldorado, la pompe à cash de tous les trafics et le lieu de prosélytisme des extrémismes les plus pernicieux et le simple citoyen, pétrifié dans ses mètres carrés, devrait laisser sa ruine personnelle et la déchéance collective se profiler sans piper mot ?

Ce citoyen ordinaire s’interroge.
– De quel côté de l’écrou se trouve-t-il réellement ?
Serait-il le nouveau Randall McMurphy derrière les grilles infranchissables d’un néo-« Nid de Coucou » dont, grâce aux bons soins d’une Miss Ratched institutionnelle, on espère dégrader la santé mentale au point d’être anesthésié, incapable de faire émerger le profond sentiment d’injustice qu’il peut légitimement ressentir.

Il n’est pas certain, et il serait imprudent de croire, qu’un énième confinement ou même le plus sévère des couvre-feux, suffisent à calmer le tsunami des citoyens ordinaires poussés à bout qui se profile.
Parce que l’enjeu, ici, est de ne se tromper, ni de maladie, ni de malades.

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