Odyssée 2021 (#71) – « Ludwig selon Mitsuko »

Ouvrir : Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano (No.31)

« Hanami » : quelques secondes pour se nourrir de la beauté des cerisiers en fleurs.
« Haiku » : poème qui exprime l’évanescence des choses et les sensations qu’elle suscite.

Deux mots venus de bien loin, du Japon, pour évoquer une trilogie poétique en ces derniers frimas hivernaux que quelques arbres repoussent de toute l’éclosion de leurs fleurs.

Faute des vrais, inaccessibles, chacun peut créer son propre musée, son propre concert, son propre moment de grâce qui devient, dès lors, un trésor unique à soi seul, un « hanami », une contemplation, un souffle comme un poème nippon, un « haiku » fugace.

Un « haiku », ce souffle poétique, a quelque chose de sacré.  D’abord le chiffre trois ; une trinité, dans laquelle, concentré, quelque chose de pur, fragile par conséquent, se dessine.

À la contemplation de ces fleurs évanescentes, en plein cœur de Paris, dans le petit jardin discret de l’hôtel de Soubise, s’ajoutent, une par une, les notes délicates de Beethoven, de préférence effleurées par la frêle Mitsuko Uchida, qui est celle par qui le langage de sa musique nous transporte le mieux.

Oui : fleurs, musique : un tableau se dessine.  Et le temps se suspend pour permettre d’en ressentir toute la beauté !

À l’« adagio », chaque doigt, comme une plume, caresse les touches pour en faire surgir des corolles qui couvriront par petites touches, de toute la palette des roses les plus tendres, les branches du cerisier.
Une floraison anime, sur le tempo de la musique, un concerto de pétales.  Une succession d’« haiku » en hommage à l’explosion printanière, un « hanami » rythmé pour s’immerger, sans résistance, dans les doux flocons pastels des cerisiers en fleur.
Le quatrième mouvement, « fuga » est une succession de notes caressées, une cascade de petits crescendos piquants comme autant de petites gouttelettes fraîches, qui éveillent et étirent délicatement les émotions.

« Mitsuko » signifie mystère.  C’en est bien un d’être ainsi guidé par les notes, par cette musique, ce langage sonore par lequel se jouent en nous tant de sensations gracieuses, un enseignement poétique : l’évangile de « Ludwig selon Mitsuko ».

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