Odyssée 2021 (#83) – « Allium ursinum »


Il ne faut craindre ici ni une leçon de botanique ni une leçon d’herboristerie !
Il s’agit simplement de l’histoire d’un cadeau et, quand même, un tout petit peu, d’une leçon sur les vertus, ou plus exactement les pouvoirs du sourire.

Tout le monde sait que le sourire est la manifestation labiale de la joie ou, plus exactement, d’un bonheur intérieur, d’une disposition de l’esprit qui agit comme un élixir d’ambiance à large spectre ; le sourire possède des vertus thérapeutiques.

Le sourire ne connaît pas de saison, il se cultive à longueur d’année et se récolte au gré, autant des plus menus que des plus exubérants événements de la vie.

Il peut commencer à germer, comme ce matin, au spectacle d’une brume printanière en suspension sur la plaine, éclatante d’une délicate percée d’Hélios.  Le sourire prend alors racine dans le terreau de la gratitude pour ce cadeau simple.
Il peut sortir ses premiers bourgeons dans le partage, avec le marchand de journaux, d’un café bien chaud récupéré à la boulangerie, en face, avec la baguette fraîche aux arrêtes croustillantes, arrachée au petit vendeur dans un éclat de rire à propos de la parité homme-femme.

Il se renforce au fil des pas, au fil des rencontres, au fil des paroles échangées.  Il n’est pas nécessaire de l’afficher béatement comme un « Lou Ravi ».  Le sourire perce dans le regard, chaloupe la démarche, grandit la stature.
Il est étonnant d’observer ce qu’il essaime et ce qu’il engrange.
Ce sont des semailles et des moissons continues ; il en reste toujours assez pour les glaneurs.

Il favorise toutes les autres bonnes dispositions de l’âme ; le sourire est la base de la permaculture humaine : tout fleurit à son contact.  Rien de bon, dans le jardin humain, ne peut s’épanouir sans sa présence.

Le sourire a, ainsi, presque toutes les vertus. Il en laisse, çà et là, à cueillir.

Comme la générosité.  Celle du marchand de primeur, qui dans un duo de sourire, offre, roulés avec la petite rougette, quelques brins d’ail des ours, d’« allium ursinum », la plante magique dont, selon la légende, se gavent les ours au sortir de leur hibernation pour retrouver vitalité et entrain.

Voilà l’histoire du sourire et du cadeau.
Cette leçon de joie dont les ramures s’étendent jusqu’au soir, très certainement aussi jusque dans les rêves, auprès desquels, reprenant de la sève, le sourire renaît au matin.

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