Odyssée 2021 (#88) – « Savoir dépasser ses blessures »

Cynthia Fleury se préoccupe de ce qui, au cœur de nos âmes, individuelles et collectives, crée le mal, le mal-être et la maladie.
Elle est le chantre du soin, de l’attention véritable à l’autre et l’exploratrice des stratégies et des outils à impact positif qui permettent au patient d’être « homéostatique », acteur de sa guérison.
Si c’est en philosophe qu’elle aborde les mécanismes de ses thèmes de prédilection, l’esthétique, le courage, c’est en psychanalyste, presqu’en médecin, qu’elle tente d’y répondre.

Dans « Ci-gît l’Amer », elle creuse dans les profondeurs de ce substrat qui ronge, et les hommes et les peuples : le ressentiment.
– « Je défends l’idée d’une différence radicale entre les hommes dans leur aptitude ou non à se tenir à distance de leur propre ressentiment. Si chacun peut le reconnaître. Chaque homme ne devient pas le lieu de sa fossilisation. »

En notre époque de grande fragilité, individuelle et collective, où l’on sent, comme une odeur de poudre, toute l’amertume des petites histoires et de la grande Histoire exhaler leurs relents putrides de ressentiment mal digéré et mortifère, ce travail de dissection et d’analyse de leurs origines et de leurs mécanismes est une clef de compréhension indispensable pour tous ceux qui ont des responsabilités humaines, qu’elles soient médicales, managériales, politiques ou sociales.

« Savoir dépasser ses blessures et ses rancunes transformées par la rumination en freins indéblocables, ce n’est pas nier leur réalité, ce n’est pas effacer les responsabilités, c’est s’offrir la possibilité de s’ouvrir, de créer ; de recommencer à vivre parmi les hommes plutôt que de chercher à les détruire. »

Mettre en berne le ressentiment, l’enterrer : « Ci-gît », c’est la possibilité, pour un individu autant que pour une équipe ou pour une Nation, de dépasser les misères de position : ces sentiments de ne pas avoir ce qui est « dû » qui produisent le terrain parfait pour un déploiement du ressentiment individuel et collectif.
C’est ainsi se mettre en condition de pouvoir « se sculpter un soi » ; un nouveau « soi » libéré.

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