Odyssée 2021 (#107) – « Le dernier tabou ? »

« La Violence féminine » serait-elle l’un des derniers tabous ?
Particulièrement en ce moment où, depuis « #metoo », une déferlante ultra-féministe s’acharne sur le masculin, dont la violence serait l’apanage exclusif.

Il s’agit là d’un très bel essai, précis, factuel, d’autant plus méritant que l’auteur, Liliane Daligand, évite tous les poncifs faciles.
Point par point de ses déclinaisons possibles et existantes, l’auteur explique comment la violence féminine, moins visible car souvent opérée derrière l’écran de fumée des soins maternels et plus sujette, comparativement aux hommes, à l’indulgence des tribunaux, est une donnée invariante de la société.

Violence ordinaire : celle de la mère, de l’indifférence à l’inceste.
Violence autour de la naissance : de l’avortement, à la PMA/GPA aux bébés congelés.
Maltraitance physique et psychologique, crime incestueux, meurtre du conjoint, crime avec et sous l’influence d’un homme, violence des adolescentes.
Tout est passé au crible.

Deux points saillants de l’analyse sont à noter pour chaque aspect que peuvent prendre les violences féminines.

Tout d’abord, la possibilité de « faire langage ».
Les carences de verbalisation, l’impossibilité, au travers de l’acquisition du langage, d’acquérir les fondements d’une personnalisation, c’est-à-dire la création d’une identité distincte et autonome, de la frustration, de l’altérité, de l’autorité et, surtout, de l’amour.
Il n’y a pas un seul des exemples fournis dans l’ouvrage qui ne mette en avant ce marqueur fondateur de la violence.  Qui pour le coup, se retrouvera, par la suite à l’âge adulte, autant dans le violent-homme que dans le violent-femme, comme un schéma de perpétuation.

Ensuite, la possibilité de « faire famille ».
Dans la majorité des cas, une structure familiale défaillante – monoparentalité, pluri-nuptialité, déséquilibre de l’autorité, déviances diverses, – fertilise et ensemence le terrain psychique vierge, perméable et fragile de l’enfance.  Il apparaît que l’impossibilité, un, de s’inscrire dans une généalogie, deux, de se situer dans l’Œdipe clair et marqué de la relation homme-père/femme-mère, brouille, souvent de façon particulièrement dommageable, la construction de l’identité de l’enfant.

En creux de cet exposé particulièrement clair, objectif et courageux, s’exprime une carence notoire, non seulement dans l’engendrement au sens strictement biologique du terme, mais dans la parentalité en règle générale, celle de la responsabilité de « mettre au monde ».

La différence, schématique, entre les animaux et les hommes, est la possibilité de projection dans l’avenir.  « Mettre au monde », « faire génération » au-delà de la capacité reproductive stricte.

Et de se demander si tous ceux qui le peuvent biologiquement, sont aptes psychiquement à désirer l’enfant, c’est-à-dire à l’accueillir vraiment comme une personne à part entière et à l’aimer, à l’élever ; donc à faire de ces enfants de futurs adultes ; équilibrés.
Éluder cette question de la responsabilité parentale, revient à vouloir alimenter immodérément l’inflation de la population future des structures sociales dédiées à l’enfance, – du nourrisson à l’adolescent, – et celle de la population future des établissement pénitentiaires.
Sans parler, sur cette pente, de cette pierre, cette violence-Sisyphe, fondatrice de la souffrance humaine.

Après tout, ce sont, encore, les femmes qui font les enfants ;  dont les potentiels futurs hommes – et femmes -, violents.

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