Odyssée 2021 (#112) – « Des haut-le-corps et des haut-le-cœur »

Tout le monde est content quand tout fonctionne parfaitement, quand la mécanique est huilée.  Pour qu’une chaîne industrielle fonctionne, débite son lot dans l’espace-temps imparti et conduise à un résultat uniforme, tous les composants doivent être normalisés, normés, standardisés.
Il ne faut pas que le moindre des éléments dépare d’un millimètre ; tout doit s’aligner au cordeau.
Pour les chaînes d’assemblage, il y a des convoyeurs, des indexeurs et des butées pour assurer la fluidité du trafic avant la mise en boîte.
Pour les troupeaux, il y a des chiens, leurs crocs et leurs aboiements.

En cas de crise, l’idéal donc serait que tous suivent la ligne jaune ou, du moins se tiennent dans sa limite et soient dans l’état parfait de ne jamais pouvoir la franchir.
Un rêve de monde de robots ou d’œufs carrés, cela se retrouve dans les romans de fiction ou dans le monde idéal et l’utopie politique expansionniste de certaines démocratures avides de puissance ou bouffies par la haine.

Dans nos pays qui se qualifient encore de démocraties, sommes-nous si éloignés de ce cauchemar alors qu’on laisse nos libertés être amoulonnées en direction de l’enclos sous l’effet récent de la crise sanitaire, sous les effets plus lointains de l’expansionnisme guerrier, terroriste et culturel islamiste et sous les effets plus diffus de l’enchaînement américano-sino-numérique.

Ce qui est le plus à craindre, c’est que la majorité ne s’aperçoive pas du convoyage lampant dont elle est la cible.

À quels signes peut-on douter d’un moindre degré de lucidité ?
Aux masques portés même en pleine nature.  Au matraquage sonore et visuel continu dans les gares, tous les lieux publics, à la télévision où une chaîne privée, dans son journal du soir consacre une rubrique entière aux interdits et permis.
Sans compter tous ceux qui acceptent de crever économiquement sans broncher, tous ceux qui acceptent de laisser mourir leurs proches sans présence ni réconfort, tous ceux qui acceptent que leurs enfants soient déscolarisés, tous ceux qui acceptent que l’Art prenne la poussière, que des milliers de mètres carré de bureau résonnent de vide.
Et tous ceux qui, finalement, de variant anglais en variant indien, acceptent d’avance la possibilité de ne jamais en sortir, même au prix du passeport vaccinal et du traçage numérique ; ces futurs boucles d’oreille numérotées et code-barres qui vont bientôt nous baguer.

À cette aune, nous en serions presque à oublier qu’il reste en chacun beaucoup de pouvoir, celui de dire « non ».  Non pas « non » à la réalité de l’épidémie et de ses dangers, mais « non » à l’érection en règles immuables des mesures d’exception, « non » à laisser restreindre nos champs d’action sans que ceux des malfaisants terroristes ne soient d’abord circonscrits, « non » à la codification de nos personnes.

Nous ployons sans résistance sous le joug de la peur, des idéologies de la terreur et des données.

Le confinement, le port du masque, les tests et « stop-covid » doivent-ils devenir les standards de notre quotidien ?  Doit-on se soumettre au voile, au hallal, se résigner au saccage des églises, tendre le cou à l’étouffement intellectuel et artistique pour vivre sans la crainte d’une feuille de boucher ?  Que risque-t-on désormais quand notre propre État français – le SIG – engage près de 3 millions d’euros de nos impôts en contrats publics de « social listening » ?

Doit-on reprendre le risque de vivre à visage libéré et restaurants ouverts ?  Faut-il enfin s’attaquer aux racines de la violence pandémique qui gagne chaque jour du terrain plutôt que de tailler un peu plus chaque jour dans les pans de nos siècles humanistes ?  Peut-on laisser numériser, évaluer et noter nos moindres pensées, faits et gestes pour mériter une liberté de mouvement et d’action que nous sommes pourtant sensés exercer de fait ?

Rien de libre ne peut tenir, ni même seulement exister, sans des haut-le-corps et des haut-le-cœur radicaux, sans un refus viscéral de ces contentions, sans desceller les pierres des murs de ces nouvelles prisons, physiques, morales, intellectuelles et virtuelles qu’on nous baratine et les redresser, les resceller solidement, de nos mains et de nos volontés, autour des vraies menaces.

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