Odyssée 2021 (#168) – « Les fils qu’elles méritent ! »

Les mères ont les fils qu’elles méritent !  C’est ce que l’on apprend au fil de ce recueil de lettres de célèbres fils écrivains et poètes à leur mère.
Charles Baudelaire, Ernest Hemingway, Jean Cocteau et Antoine de Saint-Exupéry, révèlent, chacun avec une plume originale, la particularité de leur lien avec leur mère.  Chaque missive est une sorte de saut dans un moment de vie et se présente aux yeux du lecteur comme un autobus à impérial qui passerait devant lui à vive allure et vers lequel il faudrait courir pour saisir et agripper la rambarde et dans lequel il faudrait sauter ; le tout sans chercher sa destination.

Toutes sortes de fils, toutes sortes de mères.  Celle de Charles Baudelaire, Caroline, représente un halo protecteur, une chaleur maternelle impossibles à susciter sinon dans la jérémiade et la plainte ; ce qui installe, les écrits de Baudelaire en transpire, une relation fondée sur la mendicité affective, le maintien dans une dépendance assez insupportable.
À l’opposé, Ernest Hemingway renvoie sa mère à son médiocre conformisme social et à ses remontrances de profanes sur le métier d’écrivain auquel, il le lui rappelle sans ménagement, ni son petit milieu ni elle-même ne connaissent rien.

Restent Jean Cocteau et Antoine de Saint-Exupéry dont la prose illustre un amour vainqueur des petits marchandages affectifs, un amour inconditionnel, disponible, abondant mais surtout fondateur et libérateur de l’homme, autant le masculin sensible que le masculin viril.
Le narratif, chez Cocteau et Saint-Exupéry, exprime une confiance absolue de trouver dans la lecture de leur mère une attention répondante, compréhensive.  Le moindre détail du récit sert à plaire, à amuser et à séduire la lectrice, même si de fait, leur approbation semble acquise.  Chaque mot tisse un fil affectif invisible mais incassable.

« Tu, vous ; Maman chérie, Ma petite Maman, Ma petite mère chérie ; Chère Maman ».  De l’incipit à l’envoi, on comprend immédiatement à quelle sorte d’amour on a affaire, dans quelles sortes de rets ou fils d’Ariane, s’empêtrent ou s’envolent ses fils prodiges.
Ce sont de puissants indices, indicateurs, pour comprendre leurs œuvres.

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