Odyssée 2021 (#186) – « Éclat de rire »

Rire de bon cœur, cela faisait un moment que cela ne m’était pas arrivé.
C’est pourtant bien ce pétillement spontané qui a provoqué en une fraction de seconde non calculée cette cascade sonore qui sort de la bouche.
Quand on rit ainsi, sans préavis, sans préparation, tous les nerfs relâchés participent à la fête.

C’est un dialogue à la radio, alors que j’étais dans le métro, qui a provoqué cet éclat de rire soudain !  J’en ai manqué mon arrêt.
J’ai trouvé que c’était une tellement bonne idée : « une pétition pour que Jeff Bezos ne revienne pas sur terre » après le décollage de Space X le 20 juillet prochain.
150 000 personnes ont déjà signé l’affaire !

Est-ce que les « grands hommes » de ce monde, du moins ceux qui s’imaginent comme tel, réalisent le degré d’exécration dont ils font l’objet ?  Pas tant physiquement pour eux-mêmes, mais pour ce qu’ils représentent.
Ils sont certainement nombreux, ceux qui acceptent ce système de consommation impulsif, compulsif et toutes ses concomitances : matérielles, une gabegie de cartons et plastiques d’emballage ; écologiques, tous ces camions qui livrent, un par un, un seul livre à cent personnes ; humaines, l’e-prolétarisation du travail par les robots.
Ce sont même certainement eux qui, à coup de millions de clics, ont financé son prochain voyage touristique dans l’espace.
Mais la grande majorité ne souhaite pas ce grand chambardement, cette désintégration de nos petits, médiocres certainement, mais charnels avant tout, principes humains d’échanges et de paroles : tous ces petits cérémoniaux d’achats, parmi des milliers d’autres cérémoniaux moins vains, plus transcendants ; ceux qui nous lient au quotidien.

Il a bâti sa fortune sur le projet de faire du monde un vaste supermarché du superflu à destination d’humains algorithmés, il s’envole, les laissant à leurs stériles claviers et à leurs insipides écrans.
Il est de bonne guerre que ceux qui ne veulent donner la main, ni au banquet ni au festin, rient spontanément de bon cœur et d’un seul éclat à la perspective d’un aller sans retour, d’un crash de données définitif : comme un petit coup de patte « enter » sur le clavier :
– « dégage » !
J’en ris encore !

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