Odyssée 2021 (#276) – « Un indice pour le passant »

En portant le regard, sur la face de cet immeuble, le lien s’est naturellement fait avec le film « Play Time » de Jacques Tati, en particulier la séquence des appartements vitrines. Bien sûr ici, il est impossible d’avoir une vue directe sur les habitants de ces logements. Cependant, on ne peut qu’être frappé d’emblée par le parti-pris d’uniformité de la façade.

On pense aux premiers emménagements, au jour où, les peintures à peine sèches, des familles ont pris possession des lieux et où, certainement en quelques jours, le temps d’un passage au marché aux fleurs, elles ont pris le parti d’entrer en lutte contre cette uniformité de façade, ennemie faiblarde qui n’était pas de taille à lutter contre le principe de dissidence.

De fenêtre en fenêtre se lit l’âme de ceux qui se cachent derrière. Des volets clos au famélique géranium jusqu’à la débauche de lianes et feuillages comme une armure de jungle, on passe d’un univers à un autre, d’une appropriation des lieux à une autre. Il est possible de lire dans ces détails visibles tout l’invisible muré à l’intérieur.

Chaque fenêtre, chaque balcon est une carte de visite, un indice pour le passant qui consent, dans ses pérégrinations, à lever le nez pour deviner le monde.

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