Odyssée 2021 (#317) – « La date n’avait rien d’anodin »

Un an de travail, d’étude, s’est achevé aujourd’hui en soutenant mon mémoire de fin d’études en théologie. La soutenance a bien révélé quelques coquilles et quelques failles de raisonnement à corriger, mais l’essentiel est fait.
C’est un sentiment de satisfaction qui prédomine, celui d’avoir accompli une partie d’un travail préparatoire à un autre projet d’écriture, plus ambitieux. Mais cela est une autre histoire, restant à écrire.

Avoir réfléchi au sujet : « Restaurer des chemins de vie et de lumière – L’écologie, métaphore du pardon », ne fait pas de moi une théologienne, mais simplement une personne capable de réfléchir sur le monde avec sa foi chrétienne.
Et dans la religion chrétienne, le pardon n’est pas le moindre des sujets et a fait couler beaucoup d’encre et aussi beaucoup de sang.
Cristalliser la problématique fut probablement la partie la plus ardue de cette réflexion, comme la construction du plan pour y répondre :

L’Homme a reçu de Dieu un jardin : la terre.  Ce jardin, son évolution au fil des millénaires, son état actuel, peut-il servir de source d’inspiration pour comprendre notre rapport au mal et à son pendant : le pardon ?

Le pardon est le pouvoir de l’Esprit entre les mains de l’Homme, un don thaumaturge reçu de Dieu pour, à l’exemple de son Fils, Jésus Christ, restaurer sans cesse notre « maison », ce jardin originel protégé du mal, paradis dont nous n’avons jamais résolu la nostalgie.

Cependant, au fil de l’exposé au jury, au fil des réponses aux questions pointues qui m’étaient posées, j’ai pris conscience de l’importance du sujet en ce jour particulier dont la date n’avait rien d’anodin : 13 novembre.
Soit six ans jour pour jour après les attaques terroristes de Paris, du stade de France et du Bataclan et alors que le procès bat son plein et que la semaine des débats a été consacrée aux interrogatoires des terroristes impliqués.

Je me suis demandé comment, pour les victimes et leurs familles, pouvaient se recevoir ma théorie de mimétisme entre les facultés de résilience de la Nature et celles de l’Homme face au mal ; en l’occurrence ici l’acmé du mal qu’est le terrorisme, plus encore ici puisqu’il est religieux.
Une partie de mon raisonnement embrasait le fait que la Nature mettait un temps à récupérer proportionnel au mal subi ; plus les atteintes étaient profondes, plus le temps de régénérescence, de fructification nouvelle était long. Pour ce qui concerne les victimes, leurs familles et la société française tout entière, l’atteinte est extrêmement profonde, les sédiments du ressentiment sont épais : la guérison sera très lente et le pardon incertain.

Parce que, pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait réciprocité : un qui le demande et un qui l’accepte. Et cela, demander pardon, reconnaître l’horreur commise, pour les tueurs, est loin d’être imaginable et, de ce fait, pour les victimes, il n’y a pas de main tendue à saisir. À défaut, il faudrait alors à ces derniers, une force intérieure surhumaine pour l’accorder à crédit.
Cela, ma théorie à propos du pardon l’entend aussi.

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