Odyssée 2021 (#333) – « Le Droit selon Charlie »

Que c’est bon, que c’est enivrant, le courage des mots. Qu’elle est noble, cette prise de risque à la face de ceux qui ont décidé de mettre un genou à terre en signe de soumission.

Richard Malka est avocat. On ne peut en douter un seul instant, en lisant sa plaidoirie de défenses des douze morts et quatre blessés graves de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.
Pas un seul de ses mots ne lâche la proie qui n’est pas seulement l’acte physique barbare, mais la défense, la défense absolue de la liberté d’expression, celle de la liberté de blâmer, qui est à la France, ce que le sang est au corps humain : vitale. Le droit d’emmerder Dieu en est l’ADN.

La force de ce texte réside autant dans l’énoncé circonstancié et factuel de la genèse du drame de Charlie Hebdo, qui remonte loin avant, en 2004, avec l’assassinat de Théo van Gogh en raison de son documentaire Submission sur la soumission des femmes dans l’islam, que dans l’explication chirurgicale de la « complaisance active » qui a nourrit le fanatisme sanguinaire d’une minorité de musulmans déchaînés.
Dans le déploiement de cette « complaisance active », tout une cohorte d’acteurs du monde politico-médiatico-artistique défile et en prend pour son grade. Avec justesse et justice.
Leur culpabilité, leur duplicité est manifeste. Et que l’on soit d’accord ou pas avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo, on ne peut que se ranger au point de vue de Richard Malka : la liberté d’expression, la liberté de blâmer n’est pas négociable en France et ne devrait l’être nulle part ailleurs dans le monde.

Il faut faire son miel de la philosophie et son sel de l’intelligence des derniers mots du plaidoyer :
– « Je ne sais pas quelle direction nous prendrons, celle du crépuscule des Lumières ou celle d’une nouvelle aube.  Dans tous les cas, il y aura probablement, et malheureusement, d’autres attentats, d’autres morts et d’autres procès. Alors autant que ce soit pour redevenir ce peuple qui, il y a bien longtemps, inspira l’idée de liberté au monde, celle de l’acceptation de l’Autre. C’est notre rêve commun depuis trois cents ans et nous n’en avons pas de rechange. Il n’y a pas de salut dans la lâcheté. »

Que Cabu, le gentil dessinateur, et tous les autres, nous motivent à cultiver ces ambitions.

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