Odyssée 2021 (#336) – « Après cent dix-sept ans »

Portrait de l’empereur Napoléon par JAD. Ingres
Remerciements & droits à Emilie Cambier, RMN-GP

Le 2 décembre 1804, le Premier consul Napoléon Bonaparte est fait empereur des Français en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le 2 décembre 2021, par un miracle inexpliqué, l’empereur Napoléon Ier est de retour sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Sidéré par ce voyage dans le temps, il marque un temps d’hésitation. Il reconnaît l’ensemble, les témoins architecturaux de ce début de XIXème siècle, mais il est perdu. Il n’y a pas encore de flèche à l’édifice saint ; Viollet-Le-Duc ne s’est pas encore chargé de restituer celle qui fut démantelée entre 1786 et 1792. Mais il ne peut pas réaliser qu’elle a été, pendant ses cent dix-sept ans d’absence, reconstruite puis mis à bas par un terrible incendie en 2019.

Il est debout sur le parvis, voit tout, mais personne ne semble le voir lui. Il peut ainsi observer tout à loisir le tumulte environnant. Ce qu’il remarque au premier chef, c’est que tous les bas de visages sont barrés de bandeaux bleu clair, noirs, roses, blancs. Il ne comprend pas pourquoi les gens se masquent ainsi. Il voit des femmes en pantalon, des femmes en jupe courte qui laissent apercevoir leurs jambes. Les accoutrements masculins l’étonnent ; il ne comprend pas à qui attribuer ces vêtements ; tout le monde se ressemble.

Il entend des paroles dans des langues dont il ne reconnaît aucune. Cela ne ressemble pas aux patois habituels des provinciaux français qui affluent vers la capitale. Il y a aussi d’étranges lumières, très vives, qui émanent de hauts mâts disséminés de-ci de-là autour de lui. Il y en a des blanches, des jaunes, des tricolores rouges, orange et vertes. Il y a beaucoup de bruits étranges, des vrombissements, des sons aigus comme des concerts de flûtes aigues émis par de drôles de carrosses surmontés de falots dont la lumière bleue tourne sur elle-même à vive allure.

Vraiment, il ne comprend pas où il se trouve et comment tout a tant changé. Mais le temps de son apparition est compté. Il sent qu’il disparaît, qu’il reprend un voyage vers les cieux. Sur ce chemin ascendant, il croise l’un de ses Grognards, le Général Gudin, dont l’âme, égarée et oubliée à Smolensk, effectue son voyage de retour vers sa France natale. Ils échangent un regard. L’empereur pense que, peut-être, Gudin aurait dû rester, là-bas, ensevelis dans des souvenirs de gloire.

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