Odyssée 2021 (#351) – « Le prénom »

Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954)

– « Colette ! Colette ! »
Entendre ce prénom a fait l’effet d’un réveil, un joli réveil. Réveil du tendre souvenir d’une femme extraordinaire qui s’honorait de la qualité de grand-mère tant son cœur débordait de gentillesse et d’affection.
Ce prénom appartenait à une petite brunette haute comme trois pommes qui tentait avec vivacité de rattraper sa maman et son frère dans les escaliers de la station de métro. Elle mettait tout son cœur à gravir les marches de ses petites jambes.

Colette est un prénom bien ancien, bien ancré dans la culture française, notamment grâce à celle dont le talent d’écrivain est passé de mode, mais qui s’est placée haut dans l’art de la Littérature. D’ailleurs, elle a choisi Colette au lieu de Sidonie-Gabrielle ; et on la comprend.
C’est un prénom français assez ancien, cousin du prénom Nicole, aux racines grecques : niké pour victoire et laos pour peuple. Avant la petite brunette du métro, il y a donc eu des centaines de Colette, comme des centaines de Germaine, d’Élisabeth, d’Antoinette et autre Simone.
Le prénom est un don important pour une vie réussie dans une société normée, il est aussi une charnière entre les lignées antérieures et celles à venir. Il permet d’être identifié comme appartenant à un groupe, il tisse la trame entre les générations.
En choisissant un prénom plutôt qu’un autre, les parents indiquent l’importance qu’ils accordent aux normes du groupe, de la société, de la Nation auxquels ils appartiennent et dans laquelle ils comptent que leur enfant soit accueilli, qu’une place lui soit donnée et qu’elle lui soit facile à trouver.
Donc, dans une société ou prédominent les Colette, de Germaine, d’Élisabeth, d’Antoinette et autre Simone, se prénommer Fatima, Moinourou ou Sibeth indique une claire intention de ne pas participer à la norme, à rester ancré dans ses origines, à ne pas se conformer à la société où pourtant on a choisi de venir inverser le cours malheureux d’une vie.

Colette m’a rappelé la nécessité de respecter, plus que moins, les codes d’une société que l’on a rejointe pour transformer sa vie. Ce serait une bonne mesure de revenir à la loi du 1er avril 1803 qui obligeait les parents à choisir le prénom de leur enfant dans divers calendriers ou parmi les personnages de l’Histoire antique ou du moins à sa version assouplie, mais encore sensée, de 1966 qui autorisait l’attribution de prénoms régionaux, composés, issus de diminutifs ou tirés de la mythologie.

Oui, ce serait bien de donner en premier prénom, un prénom bien français. Ce serait un encouragement à manger de la France, sa langue, ses usages et ses lois. Ce serait comme ce petit jeu que l’on joue pour stimuler les enfants pinailleurs, les Colette rebelles, à manger leur assiette : une cuillérée pour la France, une cuillérée pour faire plaisir à papa ou à maman, une cuillérée pour honorer les grands-parents restés au pays. Comme pour les enfants, un peu d’obligation favoriserait une bonne assimilation.

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