« Flâneries 2023 » – # 21 – « Si n’était que Louis XVI »


21 janvier : fleurissent les publications mémorielles de l’exécution de Louis XVI en 1793. Dans peu de temps, en octobre, viendront celles à propos de Marie-Antoinette, entre temps, il faudra se souvenir du grand oublié des crimes de la Révolution française : Louis XVII, mort dans le plus grand abandon, vraisemblablement le 8 juin 1795.

Les conditions de sa mort, marquées par des mois de mauvais traitements, nous obligent en ces temps de repentance à tout crin. La France, ses dirigeants, vont égrenant les excuses, au nom de leurs concitoyens, par le monde et les rives de la Méditerranée, oubliant les crimes sur lesquels la République est née.
Le cœur de cet enfant, martyr de la Terreur, de Robespierre et de Hébert, n’a rejoint ceux de sa Famille que le 8 juin 1975, cent quatre-vingts ans après avoir été inhumé, sans un seul proche, seulement avec les quelques soldats qui assuraient sa garde, dans la plus grande indifférence et le plus grand silence.

« Le fils Capet est mort hier, à la suite d’une tumeur au genou gauche et au poignet droit. » Voilà pour l’épitaphe. Laconique quand on sait, désormais, au-delà de toutes les légendes, qu’il est mort, très, très lentement, de toutes les sortes d’abandon. Des abandons dont pas un seul des vociférateurs des droits de toutes les minorités ne pourrait tolérer le premier énoncé.

Si n’était que Louis XVI, un adulte, un homme d’État si on peut le dire ainsi de l’époque, pouvant répondre et se défendre, la Révolution aurait eu tort mais elle se serait mesurée à un presque égal. Mais, l’enfant, seulement considéré comme un symbole à abattre, aura subi tous les outrages. De cela, autant que les deux régicides, la France, en porte toute la culpabilité. Elle n’aura pas préservé l’innocence, elle n’aura pas été soin, elle n’aura pas été mansuétude ; pardon. Sa violence sporadique depuis ces dates n’est que la réminiscence de sa honte à avoir regardé ailleurs tandis que dans une tour, sans un geste de compassion, privé de toute tendresse puisque sans mère, sans sœur depuis deux ans, un enfant agonisait comme un chien. Depuis lors, nous sommes une Nation sans soin, sans authentique humanité.

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