C-Ma Chronique – #3 – « Confinés, mais libres de penser »

IMG_7575

J’aurais pu intituler cette tribune : « Aux armes, confinés ! »  C’était ma première intention.  Puis je me suis ravisée tant, en ces heures tragiques, il faut peser les mots, les choisir de telle sorte qu’ils s’inscrivent comme des messages plutôt que comme des coups de boutoir à un lectorat saturé de bouillies médiatiques au point d’y devenir imperméable.

On nous avait vendu, depuis quelques décennies, les miracles de la science : des bébés préfabriqués sur mesure et sans défaut, à la mort de la mort.
Et vlan !
Voilà qu’un petit organisme vivant, un virus, ayant droit de cité sur cette planète comme l’ensemble des autres organismes vivants, sapiens compris, nous rappelle, d’une part, ce que nous sommes : mortels et, d’autre part, que la nature n’est pas gentille.
Eh oui !
Cet adjectif, « mortel », ravive le « tu es poussière et tu redeviendras poussière » que l’on nous enjoint d’oublier à coup de botox, piquouses, jeûnes, manipulations génétiques, déclarations, conférences, symposiums et milliards de dollars.  Cet autre adjectif, « pas gentille », choque notre écologisme d’une nature idéalisée sans terre sous les ongles et rappelle que la nature, la vraie, ne connaît qu’une loi, celle de la sélection naturelle qui lui fait cibler les plus faibles pour permettre aux plus forts de survivre.

Concomitamment au virus, dont la vitesse de propagation, l’agressivité et l’injustice bouleversent tous nos efforts pour tromper notre condition de simples mortels, la nécessaire période de confinement opère comme une loupe sur le détail et la qualité réelle de nos existences.
Elle nous montre qu’au-delà de l’angoisse, de la culpabilité, des leçons de citoyenneté que l’on nous injecte à longueurs d’ondes et de réseaux pour achever notre dissolution mentale, il y a un chemin autre à tracer, celui d’une chance autant individuelle que collective, celui de la reconquête de notre liberté de penser.

Car oui, nous l’avons sans doute oublié, nous, seul dans notre-votre coin, avec notre culture, notre bon sens et nos outils, sommes capables de penser le monde et, même, de le penser bien, de le penser mieux, peut-être déjà autrement que par les schémas cupides qui ont conduit aux désordres et drames sanitaires qui saignent actuellement la planète.
Il ne serait ni prudent ni sain de laisser ceux qui ont créé les conditions de la présente crise penser seuls et en entre soi, les solutions de l’après.

Confinés, il s’agit de freiner la propagation du virus.  C’est à dire de repenser collectif, bien commun, intérêt général quand, jusqu’à présent, nos modes de vie nous ont conduit à agir en individualistes, hédonistes, festifs ; en perpétuels adolescents.
En tant qu’hommes et en tant que sociétés, nous prenons une claque monumentale dans notre naïveté qui nous a porté à croire que la consommation inconséquente et sans limite, que le mouvement permanent, comme le tourisme de masse qui a tué la beauté du voyage, était une religion à suivre sans discuter et que l’avenir des civilisations était de s’ouvrir sans limite, convaincues qu’elles n’auraient jamais à revivre les malheurs des générations précédentes.

Cependant, de 11 septembre en Bataclan, de krach de 87 en Lehman Brothers, de SRAS en Covid-19, la frugalité retrouve sa place et le mur honni redevient le rempart.
Il est d’ailleurs tristement ironique que ceux-là même qui prônent l’ouverture inconditionnelle des frontières et le déballage de la vie privée soient les premiers à vertement nous recommander des gestes-barrières – des frontières entre individus -, et à nous enjoindre de nous enfermer dans nos logements, voire à s’y calfeutrer eux-mêmes.

Confinés, il nous appartient de tirer profit de la situation, de ce temps de silence qui favorise la réflexion, réflexion qui permet d’extraire les signaux du bruit, de prendre conscience combien ce bruit neutralise notre indépendance de pensée, notre sens naturel, profond de l’autonomie et de la responsabilité, combien, à force d’injonctions à la bien-pensance, nous nous obligeons à rallier le confort de l’immunité mentale, nous nous arrangeons avec ce que nous savons pourtant de vrai et de juste en nos fors intérieurs.

Nos petits arrangements intellectuels nous ont fait oublier ce qu’est le politique : l’exercice des responsabilités permettant à une société de fonctionner et le rôle, bulletin de vote et droit de réprimande en main, que le citoyen doit exercer en choisissant soigneusement ceux qui ont à les exercer.
Nous le voyons bien aujourd’hui, c’est le citoyen, le héros anonyme, le terreau de la société qui sauve des vies.
Pas le politique.
Les grands de ce monde et les flots d’experts d’aujourd’hui nous servent, qu’avec ce qu’ils n’avaient pas pu anticiper hier, ils vont réussir à endiguer le flot des drames d’aujourd’hui, en l’occurrence à la petite cuillère, et pourquoi pas en plus, prévoir des lendemains meilleurs.
Alors même que nous voyons tous l’abîme tragique dans laquelle, du fait de leur impéritie et de leur incurie, meurent, seuls, effrayés, isolés, nos êtres chers.

Parce qu’à les avoir laissés nourrir des intérêts particuliers, des communautarismes séditieux, des clans, des groupes d’intérêt, le politique, tous mandats confondus, nous avons perdu de vue que la qualité de vie passe par la qualité et l’efficience des équipements collectifs.

Oui, osons : « Aux armes, confinés ! »
C’est le moment de trier le bon grain de l’ivraie.
En chrétien par exemple : entrer vraiment en carême et tirer profit de cette sobriété, contrainte mais salvatrice, pour repenser nos valeurs.
En républicain autrement : rebâtir un contrat collectif national, bien plutôt à partir des petites réussites locales et/ou individuelles.  Toutes ces forces, toutes ces richesses millénaires que l’on humilie ou que l’on nous enjoint d’oublier mais qui nous en disent bien plus de nous-mêmes que les échecs et les drames pensés en officines, laboratoires et autres entre-soi hors sol.

Il faut cesser de courber l’échine sous la coupe des critiques acerbes et autre rodomontades lancées par ceux qui nous gouvernent avec le résultat que nous voyons.

Pour que chacun réarme sa pensée, il est d’abord nécessaire de se défaire des injonctions.  Celles d’avant la crise et toutes celle qui fleurissent ces jours-ci.

Oui !
Le pire et le meilleur se côtoient.  Mais nous ne sommes pas si bêtes pour perdre du temps et dévoyer notre intelligence en accordant de la valeur aux réflexions d’écervelées échevelées bariolées et devons plutôt chercher à muscler, autonomiser, vitaminer notre capacité à penser, si possible en rupture.

Oui !
Cette pandémie, le désordre tragique qu’elle provoque, les mensonges et dysfonctionnements meurtriers qu’elle fait émerger, les incapacités qu’elle révèle, nous autorise à cesser de nous laisser porter par les chantres et autres bonimenteurs politiques, les penseurs en chambre et les bons citoyens.

Ah !  Les penseurs en chambre !
Qui hier n’osaient pas un mot plus haut que l’autre de peur de perdre leur « utilité publique » ou qui prêchaient les coupes drastiques dans les services publics collectifs qui ne se maintiennent que par le sacrifice, l’altruisme et le dévouement de quelques hommes, quelques héros de cette France d’en bas qui fume des « Gauloises » et ne porte pas de costume.

Ah ! Les donneurs de leçons !
« Violer le confinement, c’est insulter la science et trahir la République ».
Leçon valable sur tout le territoire français sauf ceux que justement cette belle République a perdus.
Rappeler la « Nation » à la rescousse pour étayer l’effondrement de cet amateurisme dont hier encore on se gargarisait en tribune.

Ah ! Les journaux du confinement, les bouteilles à la mer, les on-rase-gratis, les y’a-qu’à-faut-qu’on !

Les crises agissent comme la marée descendante, elles laissent apparaître ce qui était caché sous l’eau, éventuellement ceux qui s’y baignaient nus.
Pour les personnes, les personnalités, les organisations, cette crise sanitaire est une claque.  L’eau s’est retirée d’un coup, comme la marée, à la vitesse d’un cheval au galop.  Un par un, les masques tombent (l’image qui, en cette période de pénurie désolante, n’a pas pour intention l’ironie mauvaise).

Dans tous les cercles, le pire comme le meilleur se réveille et se révèle : les peureux, les anxieux, les délateurs, les vilipendeurs, les optimistes, les créatifs, les courageux, les téméraires, les généreux.

Dans le cercle des grands de ce monde, même sans avoir le moindre penchant conspirationniste, il faut avouer que concernant beaucoup d’entre eux, de sérieux doutes émergent ou se confirment.  Il arrive de laisser aller nos « petites cellules grises », comme dirait Hercule Poirot, à des questions du type : « à qui profite le crime ».
Au hasard ?
Ceux qui vantent l’Europe tout en achetant des F16.  Ceux qui prônent l’écologie, ferment leurs centrales nucléaires mais qui, à coup de pelleteuses géantes défoncent leurs territoires, éliminent des villages entiers pour en revenir au charbon.  Ceux qui rabotent la PAC en usant et abusant d’une main d’œuvre à vil prix venus de pays à bas coûts sociaux de l’Est et de la Méditerranée.

Pour les organisations – étatiques, politiques, économiques -, on sent d’abord, outre de coupables conflits d’intérêt, comme une défausse, une dilution de la responsabilité morale mais, plus certainement un aveu d’incurie, de laisser-aller de longue date.  Le tout conjugué explique en grande partie l’incapacité à anticiper les crises, ces fameuses « surprises stratégiques », oxymore pour avouer que l’on a été pris de court ou, pire, que par excès d’assurance, d’arrogance, de paresse, de confinement intellectuel, voire de cynisme on n’a pas su anticiper.

Oui, c’est le moment : « Aux armes, confinés ! »
Dans cette débandade, le chef, les chefs, celui et ceux qui ont pour fonction, par délégation temporaire de pouvoir, de conduire une nation, ne tiennent désormais leur légitimité que par l’effet de l’indulgence médiatique.

Cette légitimité est en réalité une illusion.  Vous, moi, nous tous nous en rendons bien compte.  Qui d’autre, sinon eux, ont créé les conditions des différentes crises, qu’elles soient financières, terroristes, humanitaires et ici sanitaires.

Des crises successives, celle des « gilets jaunes » par exemple, ils ne tirent aucun signal.  Les alertes de la France d’en bas, sur le désarmement des services de l’État jusqu’au plus profond des territoires, se révèlent tellement vraies aujourd’hui dans cette crise sanitaire où tous les moyens font défaut, de l’Hôpital aux Forces armées, des Forces de l’Ordre au système pénitentiaire et au traitement migratoire.
Malgré la débauche du « Grand débat », tout craque, tout explose, tout crève.  Il n’a servi à rien d’autre qu’à des effets de manche médiatiques et soporifiques.

Un joli bonneteau : « Il est où mon problème ? Là ? Non.  Là ?  Non plus.  Alors perdu ! »

Seuls une technocratie formée en éprouvette et la logique comptable des tableurs guident la décision.
Un stock de matériels d’urgence, c’est une ligne comptable en trop.  On supprime.
Une réforme des retraites ?  Vite, vite ! Peu importe la réflexion de long terme.

Nous sommes, pour la première fois dans l’Histoire, conduits par des dirigeants, majoritairement issus de milieux sociaux extrêmement élitistes et des mêmes formations académiques, qui n’ont connu dans leur chair aucun conflit armé, ni aucune pénurie, dont peu ont une situation familiale stable et quasiment aucun n’est issu de milieux ouvriers ou ruraux.

On discute, on discute en entre soi, dans les salons, dans les réservoirs de penseurs, pétri de la certitude de tout connaître sans être allé véritablement sur le terrain sinon en coup de vent, en touriste, sans jamais se demander comment une théorie redescendra dans la rue, sans jamais faire fonctionner l’opérabilité et l’efficacité des 100 euros décidés en haut et qui se réduisent à 10, voire moins, éreintés qu’ils seront centime par centime dans les méandres du millefeuille administratif européen et hexagonal.

Oui, à nouveau : « Aux armes, confinés ! »
Ne cédons plus à notre paresse de corbeaux perchés sur nos petits conforts, nos futilités, nos petits divertissements, nos petits loisirs et nos petits réseaux ; lâchons ces fromages infâmes, secouons nos ailes et volons de toute la force de nos pennes revigorées vers un destin que nous nous serons choisis, que nous aurons construit par nous-même plutôt que de se laisser prendre au jeu de renards fallacieux et de fourmis qui se nourrissent de nos propres richesses.

Il est temps de regarder ce que nous avons laissé faire par d’autres et ailleurs.

Les masques qui manquent cruellement aujourd’hui sont les jumelles qui faisaient cruellement défaut aux États-Majors en 1940.
Aujourd’hui l’État mobilise jusqu’à nos vieux draps pour fabriquer seuls nos masques, nos propres boucliers, quand déjà hier, Il lançait un appel à la Nation pour des dons particuliers de jumelles de chasse et de face-à-main.

France, pays ouvert.  Paris, ville ouverte.
Débâcle sanitaire d’aujourd’hui.  Débâcle militaire d’hier.

« Aux armes, confinés ! »
Retroussez vos manches, exigez, simples citoyens de bons sens, d’avoir, vous aussi, comme ces fameux experts qui vous demandent d’écoper l’eau des voies du navire qu’ils ont eux-mêmes ouvertes, voix au chapitre pour que la France dont vous rêvez se traduise, grâce à des dirigeants enracinés dans la même glaise que la nôtre, en actes et en dignité retrouvée.

C-Ma Chronique – #2 – « Cara Italia – Coraggio ! »

fullsizeoutput_61e

« Cara Italia »,
« Chère Italie »,

Les nouvelles qui viennent de ta plaine du Pô, de ta Venise, de ta Ravenne et de tes autres provinces ne sont pas bonnes.
Tu as vécu hier, jeudi, ta pire journée de guerre face à ce virus qui, en Europe, t’a attaqué en premier avec le plus de rage, de vigueur et de détermination meurtrière.

Sera-ce la dernière ?
Il faut l’espérer de tout cœur.

Il est établi, qu’ici, en France nous ne sommes pas sur une meilleure pente, mais il serait indécent de ne se préoccuper que de notre petit destin hexagonal quand le tien est si tragiquement assailli par une toute, toute petite molécule qui a défié, trompé toutes les vigilances, tous les grands esprits, toutes les arrogances.

Pour écrire ces quelques lignes, j’ai inventorié tout ce que mon esprit, ma mémoire et mon sens esthétique du beau comptent d’Italie.
J’ai rassemblé sous mes yeux tout ce qui, créé par le pinceau, par le crayon, par le burin, par l’équerre de tes artistes de génie, force mon admiration.
Antonio Vivaldi rythme ma plume de ses concerti pour luth, pour mandolines.
Ses notes rappellent celles tout aussi nobles des Albinoni, Verdi, Pergolesi et Puccini. À chaque note, à chaque accord, s’élève autour de moi, remplit l’espace, la joie pétillante, la joie atavique et profonde de ta péninsule.
Sans être une experte, cette joie, cette fantaisie, cet appétit de vivre se retrouvent dans les mélodies modernes des Lucio Battisti et Adriano Celentano.

Ah ! Quand une salle reprend en cœur « Il ragazzo della via Gluck » !

« Cara Italia »,
« Chère Italie »,

De l’Antiquité à nos jours, que serait l’Histoire du Monde sans toi ?

Certes, la famille Polo, Marco en tête a ouvert la Route de la Soie vers la Chine qui, du coup, vous le rend malheureusement bien aujourd’hui.

Mais que serait la Démocratie sans Rome, la politique sans Machiavel, l’administration moderne sans les Offices, la Chrétienté sans vos Papes, la Littérature sans Dante, la Peinture sans Raphaël.

Quelle plus belle langue Mozart, avec Lorenzo da Ponte, aurait-il pu mettre dans la complainte de la Contessa di Almaviva ?  Nos cœurs chavireraient-ils autant si la douceur de votre langue ne portait pas si bien « Soave sia il vento » ?

Pinocchio et les Ours de Sicile ne feraient pas rêver des milliers d’enfants de tous âges.
Tous les défilés militaires se ressembleraient sans celui de vos Bersaglieri.
Sean Connery serait resté James Bond et n’aurait jamais eu à résoudre l’énigme de la Rose.

Au plus proche, vers nous Français, combien profondes et anciennes sont les racines de notre Culture que nous partageons avec vous, combien nous devons à vos artistes, à vos princes et princesses ou à quelques unions ?
Pas de Chambord, ni de Joconde au Louvre sans de Vinci.
Pas de dynastie royale française sans Catherine et Marie de Médicis.
Pas de Zola, de Bosco, de Giono sans pères italiens.

L’Amérique n’aurait pas été ouverte au monde sans Christophe Colomb et Amerigo Vespucci.
Londres n’aurait pas de Rue des Lombards et peut-être pas de City.
La pizza serait restée napolitaine.
Et je n’aurais aucune raison de faire pousser du basilic sur mon balcon pour tenter d’approcher, difficilement, le pesto de Gêne.

« Cara Italia »,
« Chère Italie »,

Tu subis le plus dur de toute l’Europe.
La première, tu essuies les foudres et la tempête.
Toute l’Europe suit ton exemple, s’inspire de ta dignité et de ton courage.

Tu as beaucoup à nous dire, à nous montrer.
Nous te devons beaucoup de respect, d’empathie, de soutien et d’amitié.

Va, pensiero, sull’ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
(…)
O t’ispiri il Signore un concento

Che ne infonda al patire virtù!

Forza !
Coraggio !

C – Ma Chronique – #1 – Pas de printemps pour les joggeurs

IMG_7520

Confinement, confinement !

Ne pas prendre le moindre risque, ne pas faire prendre le moindre risque. Qui pourrait s’opposer à une règle si élémentaire d’altruisme, de civisme ?
Personne ou, du moins, personne qui voudrait être qualifié de responsable et gratifié du titre de citoyen.
Pardon ! De « bon citoyen » !

« Un bon citoyen », qu’est-ce que c’est, en ces temps de « coronavirus » ?

Ce ne serait pas un « joggeur » apparemment !

Oui, un joggeur solitaire, le matin tôt, sans personne alentours, pas même à un mètre, pas même à trois, ni à cinq ni à cent, prend plus cher qu’une cohue débonnaire sur le marché de Barbès ou de La Garenne-Colombes.
– « Il n’est pas prévu à ce stade de fermer les marchés alimentaires« , s’enorgueillit la Mairie de Paris.

Alors que, rayonnant de sa joie, le printemps éffeuille ses charmes, il faut au joggeur regarder tout cela froidement, ravaler son énergie, peut-être cacher ses chaussures au fond d’un placard.
Éventuellement se résoudre à aller jouer les hamsters autour de son pâté de maison pendant maximum 2km.
Un os à ronger en somme.

C’est tout à fait logique, parce qu’autour de chez lui, dans les petites rues, le joggeur va croiser, frôler, plein de citoyens, eux parfaitement en règle, qui vont d’un pas classique, sagement et sans détour, faire leurs courses.
Comme ces parfaits citoyens, le joggeur prendra l’ascenseur pour descendre de chez lui (le vrai descendra à pied), il touchera la minuterie, les poignées.

Il paraît que lui aussi va respirer.
Mais un médecin a déclaré qu’un joggeur était plus dangereux qu’un piéton puisque son souffle couvre, de par l’effort, un périmètre plus large.

Il n’ira dans aucun magasin, ne parlera à personne.
Sa vraie différence est ne pas avoir de panier à la main.

Il faut donc renoncer ?!
Ce sera ça ou 135 euros de pénalité !

Alors, c’est plié : pas de printemps pour les joggeurs !

« Un bon citoyen », qu’est-ce que c’est en ces temps de « coronavirus » ?
Quelqu’un qui fait passer l’intérêt général avant ses intérêts particuliers.
C’est donc, et parmi bien d’autres, un « joggeur » assurément !

C – Ma Chronique (2020) – #0

Sans titre

Bonjour à tous,

Je ne me referai pas, c’est plus fort que moi : le crayon, la plume, le clavier me démangent.
J’écris tous les jours, de-ci, de-là, sans publier en ligne.
Je travaille à un roman, format qui, pour le coup, est un engagement au long cours dont je sais quand il a commencé mais dont je ne maîtrise pas l’échéance.

Avoir écrit 365 jours de suite tout au long de l’année 2019 a laissé son empreinte, celle d’avoir pris l’habitude de cristalliser au vif les impressions, les curiosités quotidiennes.  Un exercice délectable, voire addictif.

Cette instantanéité me manque, certains de mes lecteurs m’ont indiqué que me lire leur manquait aussi.

Donc, voilà : c’est reparti.

Retrouvez-moi à partir de demain, mardi 17 mars, tous les jours ou, plus exactement, autant ou peu de fois, que mon cerveau effervescent produira de quoi remplir une page et égayer votre quotidien.
Il me semble, à vue de nez, que les prochains jours, les prochaines semaines, vont être une source (quasi) inépuisable d’inspiration.

Bien à vous tous.
Amicalement.

Guillemette Callies