365 Nuances de 2019 – #360 – «Journée Beyrouthine»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

La Méditerranée est particulièrement capricieuse en hiver.
Il paraît qu’à une lointaine époque – ma référence provient des pérégrinations apostoliques de Saint-Paul qui, du coup, avalait la Galatie à pied – aucun esquif, même ceux des courageux phéniciens, ne prenait la mer en hiver.
Cette parenthèse saisonnière s’appelle « Mare clausum » : mer fermée, interdite à la navigation.

Je confirme que ce n’est pas que de la littérature.

« Loulou » en a fourni un bel aperçu ces dernières vingt-quatre heures.
« Loulou », le nom donné à la tempête qui agite le Liban, s’est bien livrée à toutes les tonalités de la colère : rafales, bourrasques, pluies diluviennes, orages tonitruants, grêle.

Donc, exit le projet Byblos.
Manœuvre de repli sur une journée beyrouthine complète : musarderie et culture.

Petit-déjeuner ici.  Une petite popote de bric et de broc tenue par une jolie hipster.  Infusion agrumes-gingembre histoire de se doper et d’aller chercher le soleil dans une tasse puisqu’il est en grève aujourd’hui.
Les crêpes sont moelleuses, les assiettes en grès sont belles.

« Service ! »
C’est ainsi que l’on s’engouffre dans les voitures de tout acabit aux plaques rouges, hélées à la sauvage.
Quelques livres pour quelques mètres.  Auto-partage assumé.
Cela permet d’éviter les gouttes.

Musée numéro 1 : le Sursock.  Retrouver en quelques toiles et sculptures, un Picasso par le détour, présenté par le prisme de ses multiples épouses et conquêtes féminines et des nombreux enfants qu’il en a eu.  Picasso père de famille.
Découvrir les artistes libanais, admirer leur sens de la couleur et retenir une délicieuse petite citation pleine de raison :
– « On fait la peinture et après on la comprend ou même, on se passe de la comprendre. ».

Pause-café qui se transforme en déjeuner.  Drache après drache, inutile de chercher à mettre un pied hors de la terrasse.

Le tonnerre gronde, la pluie s’intensifie, se transforme quelques minutes en grêle fine, marque une pause, reprend, mitraille le sol et les capots de voiture d’une grêle aux grains plus lourds.
On demande la carte et un tablier de « tawlé », de backgammon.  On s’installe vraiment.  Les vieux beyrouthins se moqueraient de ma lenteur à compter les flèches, à seulement réfléchir à mes coups ; eux manœuvrent à la vitesse de l’éclair.
Le déjeuner arrive.  Service rapide, discret, aimable.
Sandwich dans une main, dés dans l’autre.  Deux parties ; une perdue, une gagnée.

La pluie s’arrête. 
Les chaussées débordent, de flaque en flaque, mes clarcks en daim caramel font naufrage, des voies d’eau se forment aux coutures et mes chaussettes flottent misérablement.
Le soleil tente une percée.
Raté.  Le grain reprend mais aura laissé juste le temps de rejoindre le Musée national pour changer d’époque.

« Litho » : la pierre.
En prendre plein la vue des plus belles pierres depuis le paléolithique jusqu’à l’époque romaine, des sarcophages lourds et massifs aux têtes aux traits finement ciselés, des mosaïques expressives aux drapés soigneusement soulignés.
S’amuser d’une épitaphe grecque trouvée sur une stèle funéraire de femme :
– « Robia, excellente et qui n’a pas causé de peine, adieu ! »
Peut-être les regrets d’un mari éploré ?

Il est cinq heures, le musée ferme.  Pas le choix que de se pousser dehors, les lumières s’éteignent, le gardien chante avec entrain la fin de sa journée.

Par chance la pluie se repose.
Quelques pas dans un centre commercial animé et rutilant des lumières de Noël.
Bière.
Autres pas dans le capharnaüm des voitures.
Il fait très nuit, bien humide et bien froid.

Trois courses.
Se laisser tenter par de drôles de confiseries turques en forme de « Tarboosh », de fez, le couvre-chef masculin des Ottomans.  100% sucre, 100% chimie.

Il est temps de rentrer.
Et de trouver les mots justes pour relater cette belle journée hivernale beyrouthine.

 

365 Nuances de 2019 – #293 – «Une certaine idée du Général»

Un billet, court, chaque jour.

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9 novembre 1970.  Décès du Général de Gaulle.

Il me semble parfois souffrir d’une nostalgie bien mal à propos, étant née quelques semaines après le décès du Général.  Je n’ai pas connu la guerre, je n’ai pas connu les tumultes du parlementarisme de la IVème République, je n’ai pas connu Mai 68.

Pourtant, le curseur se replace, revient spontanément à l’Homme du 18 Juin, comme une référence naturelle, un modèle auquel se référer et sur lequel prendre exemple.

Pourquoi, quarante-neuf années après son décès, à la Boisserie, un soir tranquille, en alignant une crapette, assis auprès de sa Chère Yvonne, tant de Français, qu’ils l’aient connu ou pas, restent si attachés à sa personne ?

Probablement, parce qu’il avait, avant tout autre intérêt, avant toute velléité personnelle, la France rivée charnellement au cœur et à l’âme.
Et ça, les Français, tout gaudrioleurs et râleurs qu’ils soient, le savent aussi charnellement.

Les Français ont une âme curieuse ; ils sacrifient leurs rois pour se donner ensuite de piètres princes.
Ils ont lâché le Général par voie de référendum, ils ont coupé des têtes, ils ont encouragé l’exil de ceux-là mêmes qui, le plus souvent, les aimaient le plus et leur étaient le plus dévoués.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.  Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle.  J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. »

Cette citation, qui ouvre les « Mémoires de Guerre », montre à quelle hauteur de sentiments le Général portait son pays.
Lui a-t-on rendu cette affection ?
La foule à ses obsèques le montre sûrement.

Comme en psychologie individuelle, chacun reste, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non et ainsi qu’il l’admette ou non, attaché à son histoire familiale (sinon souvent déterminé par elle), à cette longue chaîne humaine d’ancêtres qui l’ont précédé, à ses ancrages territoriaux, à sa culture.
Cela s’appelle l’atavisme.
En psychologie collective, les Français restent, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en aient conscience ou non et ainsi qu’ils l’admettent ou non, attachés à cette longue chaîne de Chefs, de Souverains, de Grands Hommes qui les ont dirigés, qui ont façonné à la fois ce qu’ils sont et le pays où ils vivent.

Les Français savent, ataviquement, qui les a défendus, qui leur a fait honneur, qui a porté en leurs noms, le pouvoir de dire « non ».
Et c’est à tous les « non » que Charles de Gaulle a su prononcer, sûr qu’il était de porter le consensus de tous, inspiré par son amour raisonné de son pays et de ceux qui le peuplent, que les Français restent profondément attachés.

Les Français savent, profondément, que cet amour patriotique, ne s’invente pas, ne se déclame pas comme une réclame ou comme le slogan d’un jour, ils savent que ce qui, chez le Général, était une vocation inspirée, pétrie de culture catholique et humaniste, ne résonne souvent que comme un calcul chez ses successeurs.
Georges Pompidou mis à part, peut-être.

Le fait qu’il ait été Militaire, Saint-Cyrien, Combattant et Prisonnier en 14-18, ajoute à son prestige, à sa crédibilité.
Juste après cela, ce que les Français ressentent, pour l’avoir vécu ou pour le constater par comparaison avec ses successeurs, c’est qu’il s’est battu pour eux, aux fins de servir et non pas de se servir.

Chaque fois que l’actualité, nationale et internationale, tangue un peu, c’est à lui que chacun revient pour poser la question, une question prégnante : « Qu’aurait fait le Général ? »
Et beaucoup de répondre d’emblée, avant les aspects techniques de l’enjeu : « Il aurait choisi l’honneur. ».

De cette veine d’honneur et d’orgueil national, portée, personnifiée par ses Chefs, qui leur manque tellement.

Issue de la cuvée 1970 qui vit son départ, je ne peux que lier ma reconnaissance pour l’héritage laissé et louer l’exemple d’honneur porté haut que par écrits, vidéos, photographies interposés.
Mais l’inspiration, l’admiration sont là, indéniablement, pour me permettre une certaine, et belle, idée du Général.

« Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi : pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent* »

 

 

* Walt Whitman, 1865

365 Nuances de 2019 – #292 – «Tante Yvonne»

Un billet, court, chaque jour.

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Yvonne de Gaulle
Épouse du grand Charles

Demain, 9 novembre, ce sera le quarante-neuvième anniversaire de la mort du Grand Homme.
Aujourd’hui, quarante ans après, c’est à son épouse, que s’adressent quelques mots de mémoire.

Le Général résuma son affection, c’est ainsi que l’on évoquait l’amour en des temps chevaleresques :
– « Pour vous Yvonne, sans qui rien ne se serait fait*. ».

Yvonne de Gaulle ne donna jamais aucun entretien et le grand public ne connut pas le son de sa voix.
Discrète et humble en toutes circonstances, avisée et posée, on retrouvera cette citation écrite de sa main :
– « La vie est courte. Le sage en profite. »

Très attentionnée avec les autres, c’est en prenant soin quotidiennement de ses voisins de Colombey, qui lui fut donné ce surnom affectueux : « Tante Yvonne ».

Une vie simple, exemplaire, vouée à la réussite de l’Homme du 18, juin.
En commun avec lui, un chagrin profond, la perte d’Anne, en 1948, à vingt-ans, une jeune fille différente, avec un chromosome en plus, dont son père disait :
– « Elle était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut. ».

La réussite, quand elle aussi belle et aussi noble, se conjugue manifestement à deux.

 

 

 

 

* Charles de Gaulle, « Mémoires d’Espoir », 1970

365 Nuances de 2019 – #291 – «Chambord, une féérie»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

« Chambord* », château, palais ?
Avant tout : une féérie.

Le documentaire* éponyme, réalisé par Roland Charbonnier à l’occasion des cinq cents ans de cette merveille de la Renaissance, immerge le spectateur dans l’Histoire de France, de François Ier à aujourd’hui tout autant qu’il l’entraîne dans la débauche de vie sauvage qui anime le domaine.
Cécile de France, d’une jolie voie fraîche, raconte cette épopée initiée par François Ier et conçue par Léonard de Vinci.

Chambord est une féérie architecturale au cœur d’un domaine, aussi grand que Paris, tout aussi féérique.
Le château, le Cosson qui le borde, les jardins à la Française, la forêt immense forment un tout majestueux et indissociable.

Le film alterne le récit des vicissitudes qu’a connues ce palais, au gré de l’Histoire de France, au gré de l’intérêt ou de l’oubli que lui vouèrent les Princes, les grands épisodes de cette même Histoire et l’allégorie de la futaie, de la faune sauvage qui prospèrent dans ce sanctuaire naturel.

On y apprend tout.

Que François Ier n’y séjourna que quelques semaines, dont celles avant son trépas, mais qu’il y reçut, pour lui en imposer, Charles Quint, qui, subjugué, s’exclamera : « Ce lieu est un abrégé de l’industrie humaine. ».
Que Molière y joua « Le Bourgeois Gentilhomme » pour la 1ère fois.
Que le Maréchal de Saxe, mis d’office à la retraite par Louis XV, compensa sa déception en sauvant Chambord de la ruine.  Il dira de ce tribut offert par le Roi pour ses brillants services : « Si la vie est un songe, alors le mien fut beau. ».

Savez-vous qui fut Henri V ?
Le dernier Roi de France, Duc de Bordeaux, mort en exil en Autriche.
Il fut aussi celui pour qui, à sa naissance, la France entière alimenta une souscription nationale pour éviter le démantèlement de l’édifice par de vils margoulins et le lui offrir.
Vous le connaissez sans doute mieux sous le nom de Comte de Chambord.

Passé de la gloire à l’oubli, malmené pendant la Révolution, le château était sur le fil de la mort, avant que la Nation française ne se mobilise pour lui éviter cette tragédie, et que, Henri V, soucieux de ses devoirs et pétri de reconnaissance, n’entreprit une restauration primaire.

Alfred de Vigny chanta Chambord, celui de François Ier, en cette prose :
« Sa salamandre y jette ses flammes partout ; elle étincelle mille fois sur les voûtes, et y multiplie ses flammes comme les étoiles d’un ciel ; elle soutient les chapiteaux avec sa couronne ardente ; elle colore les vitraux de ses feux ; elle serpente avec les escaliers secrets, et partout semble dévorer de ses regards flamboyants les triples croissants d’une Diane mystérieuse, cette Diane de Poitiers, deux fois déesse et deux fois adorée dans ces bois voluptueux. »

Tout ceci pour dire que ce documentaire vaut un film, qu’il vous prend dans les rets de ses images, pour peu que vous ayez un peu de passion, de cœur pour votre pays, la France, sa grande Histoire et les merveilles de la Nature.

* Ce documentaire passe au Studio Galande (5ème /Paris) et au Chaplin Saint-Lambert, (15ème/Paris).
Vite, allez-y.  Seul, avec des amis, avec vos enfants ; c’est de l’Histoire, de la beauté qui passent toutes seules, sans effort.

365 Nuances de 2019 – #230 – «b.a. – ba»

Un billet, court, chaque jour.

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Les alertes, les articles pleuvent pour montrer qu’en France, et probablement aussi dans l’ensemble des pays comparables, la qualité d’acquisition des apprentissages fondamentaux est très dégradée.
Il paraît que les enfants ne se sauraient plus tenir correctement un crayon.

Alors, qu’est-ce qui ne fonctionne plus !
Il ne s’agit pas ici de refaire le monde ou de porter des jugements, mais de saisir dans nos mémoires ce qui nous a permis, à nous, de construire de si bons savoirs.

1/ Nous avons peiné.
De la maternelle à la fin – si elle existe jamais – des apprentissages, nous avons usé du jus de cerveau, de l’huile de coude, tiré la langue, renâclé, essayé, échoué, appris, réessayé, exécuté d’abord maladroitement puis réussi de mieux en mieux.
Le crayon à la main, nous avons copié des centaines de lettres, conjugué des dizaines de verbes, à tous les modes et à tous les temps.  Les terminaisons en couleur.
Les adultes, les instituteurs n’hésitaient pas à dire quand c’était mal fait, ils le disaient avec plus ou moins de pédagogie, mais au moins, c’était la vérité ; il n’y avait plus qu’à recommencer, encore, jusqu’à obtenir satisfaction.
Les notes incluaient la forme et le fonds ; aucune injustice, les deux n’étaient pas séparables.

Une jolie page, écrite finement, en pleins et déliés, sans ratures, reste au long cours une source de satisfaction et de fierté.

2/ Nous nous sommes gavés.  Ou plus justement, on nous a gavé.
Au moins toute la période de l’école primaire, c’était du gavage.  Le gavage des basiques : lettres, syllabes, orthographe, conjugaison, vocabulaire, calcul mental, dates de l’Histoire, numéros de département, préfectures, sous-préfectures, pays, capitales.
A force, cela finissait par se régurgiter sans effort.
Je me souviens, en français, en anglais, en Histoire, en géographie, d’interrogations – surprises ou non – qui ne consistaient qu’en l’évaluation froide et méthodique de ces clés fondamentales, de ces savoirs de bases.

« La Cigale ayant chanté »
38, l’Isère ; 39, le Jura ; 40, les Landes.
Autriche, Vienne ; Indonésie, Jakarta.
1515, Marignan ; Capétiens, Valois, Bourbons

Être maître de multiples références qui permettent de se situer seul dans l’espace et dans le temps.

3/ Nous avons cherché
Manipuler un dictionnaire pour passer de mot en mot et ainsi voir d’autres mots que le mot recherché.
Feuilleter une encyclopédie.  Trier, trouver les informations pertinentes, pour un exposé par exemple.
Soumettre un texte à une analyse grammaticale : bleu pour le sujet et l’attribut du sujet, rouge pour le verbe, vert pour les compléments circonstanciels, jaune pour le C.O.D., orange pour le COI.  Les conjonctions de coordination.
Aligner les nombres sur un rouleau de caisse : unités en jaune, dizaines en bleu, centaines en rouge, unités de mille en jaune.
Poser une addition, une soustraction, une multiplication, une division.
Disséquer des grenouilles, des souris.
Composer des herbiers.

Comprendre que derrière tout savoir il y a un effort personnel de décomposition, de compréhension qui ne dépend pas d’un clic.

Qu’est-ce qui, dans l’instruction d’aujourd’hui, ne fonctionne plus qui fonctionnait alors ?

« b.a. – ba »
Écriture, lecture, calcul.
Le « b.a. – ba » ou les rudiments des savoirs fondamentaux sont-ils désuets, dépassés ou restent-ils justement les briques essentielles, les armes solides qui permettent de conquérir, plus tard, d’autres savoirs bien plus sophistiqués ?

Effort, gavage, exploration ne seraient que des souvenirs négatifs s’il n’y avait, derrière tout cela, que de la technique.
Cet effort, ce gavage, cette exploration me semble nous avoir été présentés comme des terreaux d’orgueil positif, des gages d’autonomie, des sésames pour accéder à plus, plus complexe, plus riche.

Il n’y avait pas de gadgets éducatifs, pas de tablettes, pas de tableaux interactifs, juste du travail.
Celui que produit la main, qu’élabore le cerveau, par étape, au fil des succès.
Cela n’a pas empêché, plus tard, d’être parfaitement adaptés et adaptables aux nouvelles technologies.

Nous étions sans doute entourés d’adultes bien formés, des enseignants à qui tout et n’importe quoi n’était pas demandé, comme par exemple d’enseigner des comportements qui s’acquéraient par l’éducation, auprès des parents.

Le souvenir qui reste, c’est qu’il n’était pas demandé autre chose que de bien faire son métier, son métier d’enfant, apprendre, être curieux, courageux et faire de son mieux.