365 Nuances de 2019 – #303 – «Fred, le dernier des Compagnons»

Un billet, court, chaque jour.

 

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Fred Mella, le derniers des « Compagnons de la Chanson », s’est éteint le 16 novembre dernier.

Élancer la voix à l’unisson, sans guide.
Ce fut là la force des « Compagnons de la Chanson », neuf splendides voix masculines aux tonalités, aux accents multiples.

Un fifre donne le « la » et s’entonne, dans un tempo joyeux :

« Ses cheveux sont plus blonds
Que les blés aux moissons
Je l’appelle Rose, Rose, Rose d’or
Notre-Dame à Paris
Est, dit-on, très jolie
Mais ma Rose, Rose est bien plus belle encore »

Une énergie gaie, des thèmes optimistes et romantiques, des mélodies sans cesse renouvelées, de la poésie, une diction impeccable, des jeux de mots malicieux, des airs de fête bon enfant qui composent un répertoire unique.

Je les écoute souvent, je les écoute encore à la minute où j’écris, je fredonne en rythme et reprends en coeur :

« Chantons pour la vie qui va
Pour celui qui s’en va
Qui ne reviendra pas »

 

365 Nuances de 2019 – #301 – «N’est pas Maréchal qui veut»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

« Terror belli, decus pacis »
C’est l’inscription qui figure sur les bâtons de Maréchaux.

« Terreur durant la guerre, ornement en temps de paix »
Il est à imaginer que le Maréchal Juin, dont le monument à sa mémoire a été profané ce week-end, eut préféré continuer à occuper la place à ce titre, ornement.
La France a offert ces sept étoiles, cette dignité, en 1952, au Général Juin, pour honorer son rôle prééminent lors des Première et Seconde Guerre Mondiales.

Un autre Maréchal, de Lattre de Tassigny, avait, avec la 14ème Division d’Infanterie, la devise suivante :
– « Ne pas subir ».

De week-end en week-end, au gré des mouvements sociaux et des revendications communautaristes, au fil de l’inertie, voire de la déliquescence de l’autorité publique, on se demande si la chute de cette stèle, cette énième après moult profanations d’églises, de cimetières et de symboles chrétiens, après maints saccages de symboles de la République Française, n’est pas un appel cinglant, encore plus pressant que les précédents à réagir.

Qui, à l’heure actuelle, subit ?
Réagir pour ne pas subir, une ligne de conduite à réveiller ?
Qui doit, devrait, réagir ?

Dans les deux cas, nous.
Nous tous, Français du commun, puisqu’il semble, que de petites phrases prononcées ici, en France, en petites phrases prononcées là-bas, depuis l’étranger, que de dénis en mensonges, que de blancs-seings aux violences communautaristes en désaveux judéo-chrétiens répétés, que d’arbitrages socio-économiques en aides vers des démocratures à la défaveur de la communauté nationale, le pouvoir, beaucoup de ses élus, et non des moindres, aient choisi un autre camp que celui de leurs concitoyens.

Dans son discours de réception à l’Académie Française, Alphonse Juin s’élançait en ces mots :
– « Les militaires de ma génération, entrés dans la carrière peu avant que se déchaîne l’effroyable tumulte guerrier qui s’est prolongé jusqu’à nos jours, étaient loin de penser, quand ils rêvaient sur les bancs de Saint-Cyr de combats où la gloire les viendrait effleurer, qu’ils seraient, au-delà de toute mesure, les héros involontaires des plus sanglantes mêlées de notre Histoire. »

Les citoyens Français, toutes générations confondues, quels que soient les lieux d’où ils tentent de rêver à un pays où la décence, l’ordre public, le bien commun et la fierté nationale seraient les soucis premiers de ceux qui les gouvernent, n’ont jamais été aussi près de penser à reprendre la main, de se vouloir, au moins et avant tout par les urnes, des héros volontaires de l’Histoire.

Malheureusement, les Municipales, mars 2020, les Régionales et Départementales, mars 2021, sont encore bien loin.
Avec des aléas communautaristes qu’il serait dangereux de négliger.

Dissoudre l’Assemblée serait agir.
Un Garigliano, une ouverture à l’expression démocratique.

Mais là, il y faudrait du courage.
Hélas, n’est pas Maréchal qui veut.

365 Nuances de 2019 – #296 – «Insoumise, la honte en marche»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

Mardi 12 novembre, un Député, une Élue de la République, devant la Chambre Basse, interrogeait le Gouvernement sur la situation de précarité d’un grand nombre d’étudiants, et ce à la suite du suicide tragique, par le feu, d’un étudiant musulman devant le C.R.O.U.S. de Lyon.
Interroger le gouvernement sur la portée réelle de son action sociale est légitime.  Sur ce point, et ce point seulement, il n’y a rien à y redire.

Ce qui gêne, c’est la question de conclusion : « À partir de combien de morts allez-vous y mettre un terme ? ».

Isolée, la question ne pose pas de problème.  Mais, replacée dans le contexte de la récente actualité de ce Député, qui a défilé avec d’autres Élus, écharpe tricolore ceinte, le 10 novembre dernier contre l’islamophobie, cette question devient exceptionnellement indécente.

Il n’a échappé à personne que nombre des manifestants, imitant en cela les Élus eux-mêmes, dont un Sénateur, ont arboré une étoile jaune, accolée à un croissant jaune, tous les deux bordés de vert, couleur de l’islam politique, avec écrit, comme « juif » sous le Régime de Vichy : « muslim ».
Même pas « musulman », en français, histoire que les télévisions du monde aient la traduction simultanée.

Je repose la question de ce Député, mais autrement :
– « À partir de combien de morts allez-vous apprendre la décence ? »
À partir de 6 millions de juifs stigmatisés, torturés, déportés, gazés, massacrés par balles ?
À partir de 263 morts en France, Bataclan inclus, égorgés, poignardés, devant leurs enfants, en pleine église, dans la rue, sur la Promenade de Nice ?

Il y a une différence notoire entre Français de confession musulmane et islamistes.
Les Français font clairement la différence.  Ils font une claire distinction, justement parce que la majorité des Français de confession musulmane se fond dans la masse, est assimilée et se comporte comme la République l’attend d’eux.

Il est vrai que de menus halal, en mosquées financées depuis l’étranger, en burkinis, en djihad administratif, en burqa, une partie, une minorité est devenue insupportable à la communauté Française dans son ensemble.

D’autant que, dans de nombreux supports vidéo, enregistrements et autres témoignages qui les montrent, cette minorité émet de claires menaces, non seulement contre les Institutions Françaises et leurs représentants, contre des journalistes, mais aussi contre l’ensemble des citoyens, à la fois dans leur mode de vie et dans leur liberté de conscience, à la fois contre leur intégrité physique et contre leur liberté de mouvement.

Le régime de Vichy a stigmatisé et permis de conduire au sacrifice des Français de confession juive qui étaient parfaitement intégrés, sécularisés ; républicains.
La plupart portaient des prénoms issus du calendrier chrétien et avaient combattu en 1914-1918.

Ceux qui manifestaient dimanche 10 novembre, veille des Célébrations de l’Armistice, de l’inauguration du Monument à la Mémoire des « Morts pour la France » en opérations extérieures et pire, à quelques jours du triste anniversaire des attaques du Bataclan et de Paris le 13 novembre 2015, ont choisi eux-mêmes de se stigmatiser.

Et vous les soutenez.
Élue de la République, à la fois garante de la Constitution et de l’État de Droit et représentante, non seulement de ceux qui ont voté pour vous mais aussi des autres qui ne l’ont pas fait, vous prenez parti pour une minorité qui refuse la Règle Commune.
Règle Commune, la laïcité, dont les Partis de Gauche, famille politique à laquelle vous appartenez, se sont faits les chantres sous toutes les Républiques.

Vos prises de position promeuvent des amalgames bien plus indécents que celui que la manifestation de dimanche cherchait à dénoncer.

Faire un parallèle entre le sort réservé aux Français de confession juive par le régime de Vichy et la situation des Français de confession musulmane est une manière honteuse de s’approprier l’Histoire à des fins électoralistes.
Il me semble que certains ténors politiques, en leurs heures de délires, ont tenus des propos haineux ou ont tenté de nier des faits indiscutables concernant la Shoah et se sont faits condamnés par la Loi.

Par votre compromission, vous agitez les ressentiments, vous justifiez les insultes aux victimes,  vous permettez la désignation de cibles.

Mais il est vrai qu’aujourd’hui, toutes les menaces, toutes les outrances sont permises.  Ceux qui, comme vous, devraient montrer l’exemple, promouvoir une culture de paix en taillant dans les sujets de divisions, ceux qui ont autorité pour faire respecter la concorde nationale, se taisent.

«L’antisémitisme n’est jamais une haine isolée, mais le premier symptôme d’un effondrement à venir. »*

C’est ainsi qu’insoumise, la honte est en marche.

 

 

* Delphine Horvilleur, Rabbin

365 Nuances de 2019 – #295 – «Hubert Lyautey ; ses quelques mots suffisent»

Un billet, court, chaque jour.

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Hubert Lyautey
1854 – 1934
Maréchal de France
Académicien

Lire, ou relire, son ouvrage « Du rôle social de l’officier », aujourd’hui, 11 novembre 2019, jour de célébration de l’Armistice du 11 novembre 1918, donne à reprendre courage dans l’action, qui seule élève les Hommes.

Les première lignes de la première page résonnent étonnamment justes aujourd’hui : « Il est peut-être temps de sortir de la critique ou de la spéculation stériles pour en venir à l’action rude et féconde. ».

« Les hommes que leurs occupations ou leur vocation mettent en contact avec la jeunesse cultivée s’accordent à signaler, dans la génération qui naît à la vie publique, certain courant de réaction contre le dilettantisme hautain qui a plus particulièrement marqué ses devancières. En présence de la transformation sociale, dont la marche grandissante et la fatalité forcent aujourd’hui l’attention des esprits les plus rebelles, cette jeunesse s’aperçoit, nous affirme-t-on, que, pour les privilégiés de l’esprit, il peut y avoir d’autres rôles que ceux d’analystes et d’expérimentateurs, et qu’il est peut-être temps de sortir de la critique ou de la spéculation stériles pour en venir à l’action rude et féconde. »

365 Nuances de 2019 – #293 – «Une certaine idée du Général»

Un billet, court, chaque jour.

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9 novembre 1970.  Décès du Général de Gaulle.

Il me semble parfois souffrir d’une nostalgie bien mal à propos, étant née quelques semaines après le décès du Général.  Je n’ai pas connu la guerre, je n’ai pas connu les tumultes du parlementarisme de la IVème République, je n’ai pas connu Mai 68.

Pourtant, le curseur se replace, revient spontanément à l’Homme du 18 Juin, comme une référence naturelle, un modèle auquel se référer et sur lequel prendre exemple.

Pourquoi, quarante-neuf années après son décès, à la Boisserie, un soir tranquille, en alignant une crapette, assis auprès de sa Chère Yvonne, tant de Français, qu’ils l’aient connu ou pas, restent si attachés à sa personne ?

Probablement, parce qu’il avait, avant tout autre intérêt, avant toute velléité personnelle, la France rivée charnellement au cœur et à l’âme.
Et ça, les Français, tout gaudrioleurs et râleurs qu’ils soient, le savent aussi charnellement.

Les Français ont une âme curieuse ; ils sacrifient leurs rois pour se donner ensuite de piètres princes.
Ils ont lâché le Général par voie de référendum, ils ont coupé des têtes, ils ont encouragé l’exil de ceux-là mêmes qui, le plus souvent, les aimaient le plus et leur étaient le plus dévoués.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.  Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle.  J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. »

Cette citation, qui ouvre les « Mémoires de Guerre », montre à quelle hauteur de sentiments le Général portait son pays.
Lui a-t-on rendu cette affection ?
La foule à ses obsèques le montre sûrement.

Comme en psychologie individuelle, chacun reste, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non et ainsi qu’il l’admette ou non, attaché à son histoire familiale (sinon souvent déterminé par elle), à cette longue chaîne humaine d’ancêtres qui l’ont précédé, à ses ancrages territoriaux, à sa culture.
Cela s’appelle l’atavisme.
En psychologie collective, les Français restent, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en aient conscience ou non et ainsi qu’ils l’admettent ou non, attachés à cette longue chaîne de Chefs, de Souverains, de Grands Hommes qui les ont dirigés, qui ont façonné à la fois ce qu’ils sont et le pays où ils vivent.

Les Français savent, ataviquement, qui les a défendus, qui leur a fait honneur, qui a porté en leurs noms, le pouvoir de dire « non ».
Et c’est à tous les « non » que Charles de Gaulle a su prononcer, sûr qu’il était de porter le consensus de tous, inspiré par son amour raisonné de son pays et de ceux qui le peuplent, que les Français restent profondément attachés.

Les Français savent, profondément, que cet amour patriotique, ne s’invente pas, ne se déclame pas comme une réclame ou comme le slogan d’un jour, ils savent que ce qui, chez le Général, était une vocation inspirée, pétrie de culture catholique et humaniste, ne résonne souvent que comme un calcul chez ses successeurs.
Georges Pompidou mis à part, peut-être.

Le fait qu’il ait été Militaire, Saint-Cyrien, Combattant et Prisonnier en 14-18, ajoute à son prestige, à sa crédibilité.
Juste après cela, ce que les Français ressentent, pour l’avoir vécu ou pour le constater par comparaison avec ses successeurs, c’est qu’il s’est battu pour eux, aux fins de servir et non pas de se servir.

Chaque fois que l’actualité, nationale et internationale, tangue un peu, c’est à lui que chacun revient pour poser la question, une question prégnante : « Qu’aurait fait le Général ? »
Et beaucoup de répondre d’emblée, avant les aspects techniques de l’enjeu : « Il aurait choisi l’honneur. ».

De cette veine d’honneur et d’orgueil national, portée, personnifiée par ses Chefs, qui leur manque tellement.

Issue de la cuvée 1970 qui vit son départ, je ne peux que lier ma reconnaissance pour l’héritage laissé et louer l’exemple d’honneur porté haut que par écrits, vidéos, photographies interposés.
Mais l’inspiration, l’admiration sont là, indéniablement, pour me permettre une certaine, et belle, idée du Général.

« Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi : pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent* »

 

 

* Walt Whitman, 1865