365 Nuances de 2019 – #296 – «Insoumise, la honte en marche»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

Mardi 12 novembre, un Député, une Élue de la République, devant la Chambre Basse, interrogeait le Gouvernement sur la situation de précarité d’un grand nombre d’étudiants, et ce à la suite du suicide tragique, par le feu, d’un étudiant musulman devant le C.R.O.U.S. de Lyon.
Interroger le gouvernement sur la portée réelle de son action sociale est légitime.  Sur ce point, et ce point seulement, il n’y a rien à y redire.

Ce qui gêne, c’est la question de conclusion : « À partir de combien de morts allez-vous y mettre un terme ? ».

Isolée, la question ne pose pas de problème.  Mais, replacée dans le contexte de la récente actualité de ce Député, qui a défilé avec d’autres Élus, écharpe tricolore ceinte, le 10 novembre dernier contre l’islamophobie, cette question devient exceptionnellement indécente.

Il n’a échappé à personne que nombre des manifestants, imitant en cela les Élus eux-mêmes, dont un Sénateur, ont arboré une étoile jaune, accolée à un croissant jaune, tous les deux bordés de vert, couleur de l’islam politique, avec écrit, comme « juif » sous le Régime de Vichy : « muslim ».
Même pas « musulman », en français, histoire que les télévisions du monde aient la traduction simultanée.

Je repose la question de ce Député, mais autrement :
– « À partir de combien de morts allez-vous apprendre la décence ? »
À partir de 6 millions de juifs stigmatisés, torturés, déportés, gazés, massacrés par balles ?
À partir de 263 morts en France, Bataclan inclus, égorgés, poignardés, devant leurs enfants, en pleine église, dans la rue, sur la Promenade de Nice ?

Il y a une différence notoire entre Français de confession musulmane et islamistes.
Les Français font clairement la différence.  Ils font une claire distinction, justement parce que la majorité des Français de confession musulmane se fond dans la masse, est assimilée et se comporte comme la République l’attend d’eux.

Il est vrai que de menus halal, en mosquées financées depuis l’étranger, en burkinis, en djihad administratif, en burqa, une partie, une minorité est devenue insupportable à la communauté Française dans son ensemble.

D’autant que, dans de nombreux supports vidéo, enregistrements et autres témoignages qui les montrent, cette minorité émet de claires menaces, non seulement contre les Institutions Françaises et leurs représentants, contre des journalistes, mais aussi contre l’ensemble des citoyens, à la fois dans leur mode de vie et dans leur liberté de conscience, à la fois contre leur intégrité physique et contre leur liberté de mouvement.

Le régime de Vichy a stigmatisé et permis de conduire au sacrifice des Français de confession juive qui étaient parfaitement intégrés, sécularisés ; républicains.
La plupart portaient des prénoms issus du calendrier chrétien et avaient combattu en 1914-1918.

Ceux qui manifestaient dimanche 10 novembre, veille des Célébrations de l’Armistice, de l’inauguration du Monument à la Mémoire des « Morts pour la France » en opérations extérieures et pire, à quelques jours du triste anniversaire des attaques du Bataclan et de Paris le 13 novembre 2015, ont choisi eux-mêmes de se stigmatiser.

Et vous les soutenez.
Élue de la République, à la fois garante de la Constitution et de l’État de Droit et représentante, non seulement de ceux qui ont voté pour vous mais aussi des autres qui ne l’ont pas fait, vous prenez parti pour une minorité qui refuse la Règle Commune.
Règle Commune, la laïcité, dont les Partis de Gauche, famille politique à laquelle vous appartenez, se sont faits les chantres sous toutes les Républiques.

Vos prises de position promeuvent des amalgames bien plus indécents que celui que la manifestation de dimanche cherchait à dénoncer.

Faire un parallèle entre le sort réservé aux Français de confession juive par le régime de Vichy et la situation des Français de confession musulmane est une manière honteuse de s’approprier l’Histoire à des fins électoralistes.

Il me semble que certains ténors politiques, en leurs heures de délires, ont tenus des propos haineux ou ont tenté de nier des faits indiscutables concernant la Shoah et se sont faits condamnés par la Loi.

Par votre compromission, vous agitez les ressentiments, vous justifiez les insultes aux victimes,  vous permettez la désignation de cibles.

Mais il est vrai qu’aujourd’hui, toutes les menaces, toutes les outrances sont permises.  Ceux qui, comme vous, devraient montrer l’exemple, promouvoir une culture de paix en taillant dans les sujets de divisions, ceux qui ont autorité pour faire respecter la concorde nationale, se taisent.

«L’antisémitisme n’est jamais une haine isolée, mais le premier symptôme d’un effondrement à venir. »*

C’est ainsi qu’insoumise, la honte est en marche.

 

 

* Delphine Horvilleur, Rabbin

365 Nuances de 2019 – #295 – «Hubert Lyautey ; ses quelques mots suffisent»

Un billet, court, chaque jour.

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Hubert Lyautey
1854 – 1934
Maréchal de France
Académicien

Lire, ou relire, son ouvrage « Du rôle social de l’officier », aujourd’hui, 11 novembre 2019, jour de célébration de l’Armistice du 11 novembre 1918, donne à reprendre courage dans l’action, qui seule élève les Hommes.

Les première lignes de la première page résonnent étonnamment justes aujourd’hui : « Il est peut-être temps de sortir de la critique ou de la spéculation stériles pour en venir à l’action rude et féconde. ».

« Les hommes que leurs occupations ou leur vocation mettent en contact avec la jeunesse cultivée s’accordent à signaler, dans la génération qui naît à la vie publique, certain courant de réaction contre le dilettantisme hautain qui a plus particulièrement marqué ses devancières. En présence de la transformation sociale, dont la marche grandissante et la fatalité forcent aujourd’hui l’attention des esprits les plus rebelles, cette jeunesse s’aperçoit, nous affirme-t-on, que, pour les privilégiés de l’esprit, il peut y avoir d’autres rôles que ceux d’analystes et d’expérimentateurs, et qu’il est peut-être temps de sortir de la critique ou de la spéculation stériles pour en venir à l’action rude et féconde. »

365 Nuances de 2019 – #293 – «Une certaine idée du Général»

Un billet, court, chaque jour.

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9 novembre 1970.  Décès du Général de Gaulle.

Il me semble parfois souffrir d’une nostalgie bien mal à propos, étant née quelques semaines après le décès du Général.  Je n’ai pas connu la guerre, je n’ai pas connu les tumultes du parlementarisme de la IVème République, je n’ai pas connu Mai 68.

Pourtant, le curseur se replace, revient spontanément à l’Homme du 18 Juin, comme une référence naturelle, un modèle auquel se référer et sur lequel prendre exemple.

Pourquoi, quarante-neuf années après son décès, à la Boisserie, un soir tranquille, en alignant une crapette, assis auprès de sa Chère Yvonne, tant de Français, qu’ils l’aient connu ou pas, restent si attachés à sa personne ?

Probablement, parce qu’il avait, avant tout autre intérêt, avant toute velléité personnelle, la France rivée charnellement au cœur et à l’âme.
Et ça, les Français, tout gaudrioleurs et râleurs qu’ils soient, le savent aussi charnellement.

Les Français ont une âme curieuse ; ils sacrifient leurs rois pour se donner ensuite de piètres princes.
Ils ont lâché le Général par voie de référendum, ils ont coupé des têtes, ils ont encouragé l’exil de ceux-là mêmes qui, le plus souvent, les aimaient le plus et leur étaient le plus dévoués.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.  Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle.  J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. »

Cette citation, qui ouvre les « Mémoires de Guerre », montre à quelle hauteur de sentiments le Général portait son pays.
Lui a-t-on rendu cette affection ?
La foule à ses obsèques le montre sûrement.

Comme en psychologie individuelle, chacun reste, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non et ainsi qu’il l’admette ou non, attaché à son histoire familiale (sinon souvent déterminé par elle), à cette longue chaîne humaine d’ancêtres qui l’ont précédé, à ses ancrages territoriaux, à sa culture.
Cela s’appelle l’atavisme.
En psychologie collective, les Français restent, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en aient conscience ou non et ainsi qu’ils l’admettent ou non, attachés à cette longue chaîne de Chefs, de Souverains, de Grands Hommes qui les ont dirigés, qui ont façonné à la fois ce qu’ils sont et le pays où ils vivent.

Les Français savent, ataviquement, qui les a défendus, qui leur a fait honneur, qui a porté en leurs noms, le pouvoir de dire « non ».
Et c’est à tous les « non » que Charles de Gaulle a su prononcer, sûr qu’il était de porter le consensus de tous, inspiré par son amour raisonné de son pays et de ceux qui le peuplent, que les Français restent profondément attachés.

Les Français savent, profondément, que cet amour patriotique, ne s’invente pas, ne se déclame pas comme une réclame ou comme le slogan d’un jour, ils savent que ce qui, chez le Général, était une vocation inspirée, pétrie de culture catholique et humaniste, ne résonne souvent que comme un calcul chez ses successeurs.
Georges Pompidou mis à part, peut-être.

Le fait qu’il ait été Militaire, Saint-Cyrien, Combattant et Prisonnier en 14-18, ajoute à son prestige, à sa crédibilité.
Juste après cela, ce que les Français ressentent, pour l’avoir vécu ou pour le constater par comparaison avec ses successeurs, c’est qu’il s’est battu pour eux, aux fins de servir et non pas de se servir.

Chaque fois que l’actualité, nationale et internationale, tangue un peu, c’est à lui que chacun revient pour poser la question, une question prégnante : « Qu’aurait fait le Général ? »
Et beaucoup de répondre d’emblée, avant les aspects techniques de l’enjeu : « Il aurait choisi l’honneur. ».

De cette veine d’honneur et d’orgueil national, portée, personnifiée par ses Chefs, qui leur manque tellement.

Issue de la cuvée 1970 qui vit son départ, je ne peux que lier ma reconnaissance pour l’héritage laissé et louer l’exemple d’honneur porté haut que par écrits, vidéos, photographies interposés.
Mais l’inspiration, l’admiration sont là, indéniablement, pour me permettre une certaine, et belle, idée du Général.

« Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi : pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent* »

 

 

* Walt Whitman, 1865

365 Nuances de 2019 – #292 – «Tante Yvonne»

Un billet, court, chaque jour.

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Yvonne de Gaulle
Épouse du grand Charles

Demain, 9 novembre, ce sera le quarante-neuvième anniversaire de la mort du Grand Homme.
Aujourd’hui, quarante ans après, c’est à son épouse, que s’adressent quelques mots de mémoire.

Le Général résuma son affection, c’est ainsi que l’on évoquait l’amour en des temps chevaleresques :
– « Pour vous Yvonne, sans qui rien ne se serait fait*. ».

Yvonne de Gaulle ne donna jamais aucun entretien et le grand public ne connut pas le son de sa voix.
Discrète et humble en toutes circonstances, avisée et posée, on retrouvera cette citation écrite de sa main :
– « La vie est courte. Le sage en profite. »

Très attentionnée avec les autres, c’est en prenant soin quotidiennement de ses voisins de Colombey, qui lui fut donné ce surnom affectueux : « Tante Yvonne ».

Une vie simple, exemplaire, vouée à la réussite de l’Homme du 18, juin.
En commun avec lui, un chagrin profond, la perte d’Anne, en 1948, à vingt-ans, une jeune fille différente, avec un chromosome en plus, dont son père disait :
– « Elle était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut. ».

La réussite, quand elle aussi belle et aussi noble, se conjugue manifestement à deux.

 

 

 

 

* Charles de Gaulle, « Mémoires d’Espoir », 1970

365 Nuances de 2019 – #291 – «Chambord, une féérie»

Un billet, court, chaque jour.

Sans titre

« Chambord* », château, palais ?
Avant tout : une féérie.

Le documentaire* éponyme, réalisé par Roland Charbonnier à l’occasion des cinq cents ans de cette merveille de la Renaissance, immerge le spectateur dans l’Histoire de France, de François Ier à aujourd’hui tout autant qu’il l’entraîne dans la débauche de vie sauvage qui anime le domaine.
Cécile de France, d’une jolie voie fraîche, raconte cette épopée initiée par François Ier et conçue par Léonard de Vinci.

Chambord est une féérie architecturale au cœur d’un domaine, aussi grand que Paris, tout aussi féérique.
Le château, le Cosson qui le borde, les jardins à la Française, la forêt immense forment un tout majestueux et indissociable.

Le film alterne le récit des vicissitudes qu’a connues ce palais, au gré de l’Histoire de France, au gré de l’intérêt ou de l’oubli que lui vouèrent les Princes, les grands épisodes de cette même Histoire et l’allégorie de la futaie, de la faune sauvage qui prospèrent dans ce sanctuaire naturel.

On y apprend tout.

Que François Ier n’y séjourna que quelques semaines, dont celles avant son trépas, mais qu’il y reçut, pour lui en imposer, Charles Quint, qui, subjugué, s’exclamera : « Ce lieu est un abrégé de l’industrie humaine. ».
Que Molière y joua « Le Bourgeois Gentilhomme » pour la 1ère fois.
Que le Maréchal de Saxe, mis d’office à la retraite par Louis XV, compensa sa déception en sauvant Chambord de la ruine.  Il dira de ce tribut offert par le Roi pour ses brillants services : « Si la vie est un songe, alors le mien fut beau. ».

Savez-vous qui fut Henri V ?
Le dernier Roi de France, Duc de Bordeaux, mort en exil en Autriche.
Il fut aussi celui pour qui, à sa naissance, la France entière alimenta une souscription nationale pour éviter le démantèlement de l’édifice par de vils margoulins et le lui offrir.
Vous le connaissez sans doute mieux sous le nom de Comte de Chambord.

Passé de la gloire à l’oubli, malmené pendant la Révolution, le château était sur le fil de la mort, avant que la Nation française ne se mobilise pour lui éviter cette tragédie, et que, Henri V, soucieux de ses devoirs et pétri de reconnaissance, n’entreprit une restauration primaire.

Alfred de Vigny chanta Chambord, celui de François Ier, en cette prose :
« Sa salamandre y jette ses flammes partout ; elle étincelle mille fois sur les voûtes, et y multiplie ses flammes comme les étoiles d’un ciel ; elle soutient les chapiteaux avec sa couronne ardente ; elle colore les vitraux de ses feux ; elle serpente avec les escaliers secrets, et partout semble dévorer de ses regards flamboyants les triples croissants d’une Diane mystérieuse, cette Diane de Poitiers, deux fois déesse et deux fois adorée dans ces bois voluptueux. »

Tout ceci pour dire que ce documentaire vaut un film, qu’il vous prend dans les rets de ses images, pour peu que vous ayez un peu de passion, de cœur pour votre pays, la France, sa grande Histoire et les merveilles de la Nature.

* Ce documentaire passe au Studio Galande (5ème /Paris) et au Chaplin Saint-Lambert, (15ème/Paris).
Vite, allez-y.  Seul, avec des amis, avec vos enfants ; c’est de l’Histoire, de la beauté qui passent toutes seules, sans effort.