Odyssée 2021 (#41) – « Le village et l’enfant »

Dans la version papier du quotidien « Le Monde », daté du mercredi 10 février, le titre de l’article est :
– « Au Chambon-sur-Lignon, le leg d’un enfant juif caché »
Dans sa version en ligne, l’article est titré :
– « Un juif autrichien lègue sa fortune au village de Haute-Loire qui l’a sauvé pendant la seconde guerre mondiale »

Comment comprendre cette entrée en matière selon qu’on est érudit ou selon qu’on ne l’est pas ?
À quelle lecture de l’Histoire est-on renvoyé ?  Où est l’héroïsme des Chambonnais ?  Où est l’humanité entre eux et cet enfant ?

Erich Schwam est arrivé en France en février 1943, alors petit enfant Autrichien fuyant avec ses parents les horreurs du nazisme.
Il choisit ensuite, après la guerre, d’embrasser la nationalité française et de couler le reste de ses jours en France. En servant son pays sous les drapeaux et par son travail.
C’est donc l’un des nôtres, un Français, qui est mort en décembre dernier et qui a choisi, par reconnaissance, de léguer ses biens au village du Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire, désigné en 1990, village de « Justes parmi les Nations » par le mémorial Yad Vashem.

Le village du Chambon-sur-Lignon a sauvé des persécutions et de la mort 2 500 personnes. Des hommes, des femmes. Et des enfants.
Menacés et poursuivis parce que Juifs bien sûr. Mais des personnes comme nous tous ; des êtres humains d’abord.

Peut-être que l’image qui aurait servi utilement le journaliste dans sa réflexion est celle de « Pépé », Michel Simon, dans l’émouvant film de Claude Berri : « Le vieil homme et l’enfant ».
Quand les hommes s’entre-regardent avec altruisme, ils ne voient que leurs semblables.  Pas le reste.

Comme « Pépé », les Chambonnais ont vu, avant le reste, des hommes, des femmes.  Et des enfants.

Alors voici, pour l’article, de meilleures variantes au titre :
– « La reconnaissance posthume d’Erich Schwam, un enfant sauvé par les « Justes » du Chambon-sur-Lignon pendant la guerre »
Ou encore, simplement.
– « Le village et l’enfant »

Odyssée 2021 (#25) – « Oubliés ici. Mais héros ailleurs »

Le 4 décembre dernier, dans une interview particulièrement en-même-temptiste, la plus Haute Instance de notre République lançait un appel à créer un recueil de noms, issus de la diversité, pour baptiser, sinon rebaptiser à la mode actuelle, c’est-à-dire une mode révisionniste, sinon auto-daféiste, un certain nombre de voies et édifices publics.

Quelle bonne idée !
Parce que, en France, nous ne manquons pas de ces héros extra autant qu’ordinaires, de ces hommes et femmes, simples citoyens la plupart du temps, militaires et hommes publics bien souvent, qui se saisirent, ici, sur notre sol de France, et ailleurs, en d’autres lieux, de nobles causes.
Et qui leur donnèrent parfois leur vie.

Les chantres de la gauche progressiste résument l’ambition du projet en ces termes :
« Le recueil des noms de la diversité a pour ambition de valoriser des parcours positifs, des engagements, des histoires fortes.  Il s’agit de femmes et d’hommes des quatre coins du monde ou qui sont nés en France.  D’une façon ou d’une autre, ils et elles ont marqué leur époque et nos imaginaires, du XIXème siècle à nos jours.  Toutes les régions françaises sont représentées, des dizaines de pays d’origine dans le monde traversent les fiches biographiques.  Ces noms appartiennent au monde de la culture, du sport, de la recherche, des sciences et médecine, au monde ouvrier et de l’entreprise, mais aussi au milieu associatif.  On retrouve côte à côte des gens très connus et des personnes moins connues, qui se sont distinguées par une action plus localisée. »

Cela ressemble à de la pêche au filet dérivant.  Pourvu que le maillage soit serré.

– « des quatre coins du monde ou qui sont nés en France »
C’est le « ou », pronom ici exclusif, voire relativiste, qui est intéressant.  Au cas où nous n’aurions pas assez de ces noms chez nous.
Nous produisons nous-mêmes nos propres gloires sans avoir besoin d’aller farfouiller dans l’Histoire des autres.  Mais, pour le savoir, il faudrait d’abord s’en souvenir et, avant cela, desceller nos mémoires.

À chercher des héros pour faire plaisir, souvent à la pire frange de ceux qui piaillent et qui réclament la reconnaissance de personnages aux vies parfois bien troubles, on en oublie, insultant leur sacrifice, ces héros discrets.
Oubliés ici.  Mais héros ailleurs.

Dans cette veine, pour aider, j’ai une belle liste de soixante noms, dont je doute fort qu’aucun élève en France, sache à quel héroïsme ils se rattachent.

Ceux du Régiment de Chasse « Normandie-Niémen » (aujourd’hui « Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niémen » basé à Mont-de-Marsan) formé en 1942 pour aider les Soviétiques à combattre les Nazis.

Si ces élèves pourraient, probablement, situer la Normandie, ils caleraient certainement sur la seconde partie du titre de ces hommes de légende : « Niémen ».
Si la France a peu ou prou, sauf des initiés, gommé la mémoire de ces hommes, en Russie, des citoyens fleurissent régulièrement les tombes de ces pilotes français tombés et inhumés sur place.
Là-bas, ils sont encore des héros.

Ailleurs encore, en Macédoine par exemple, au Cimetière militaire français de Skopje, il y a les tombes de tous nos Compatriotes, ces Poilus d’Orient qui, aux côtés des Britanniques, sont tombés aux Dardanelles, dès 1914, pour contrer l’Allemagne alliée, déjà à l’époque, à l’Empire Ottoman.

Si vous en voulez encore, il y tous ceux qui ont combattu pour l’indépendance de l’Amérique.  On connaît La Fayette, mais qui se souvient encore de Rochambeau ?  Qui sait que Picquet de La Motte est un combattant avant d’être une avenue ou une station de métro ?

Bientôt des rues Commandant Pouliquen, Commandant Tulasne, Lieutenant Marcel Bonniot ?
Qui sait encore qu’Alexis Soyer était un cuisinier-philanthrope français qui est parti faire merveille à Londres où il a créé un modèle de soupe populaire ?
Toute une litanie « de parcours positifs, d’engagements et d’histoires fortes ».
Voilà ce qu’à peu près, Chers Amis, nous pourrions faire renaître s’il restait à une certaine clique encore un peu de lettres et un peu d’esprit, de la mémoire et beaucoup d’honnêteté.

Odyssée 2021 (#21) – « 1,93 »

Il m’est arrivé, il y a bien longtemps, d’assister en la Basilique Saint-Denis, à une messe commémorative de la mort du Roi Louis XVI, un 21 janvier 1793.

L’Histoire reste très abstraite dans les livres.
Il faut aller côtoyer les lieux, même vidés de tous signes d’une vie bien lointaine, dont nous sommes incapables de même imaginer les contraintes du quotidien.  Il faut encore s’intéresser à ceux, dont la ferveur, nourrie de génération en génération, entretient la fidélité à un souvenir, à une idée, à une époque ; à un homme, un Souverain en l’occurrence.

Observer cette foule, autant d’anonymes que de grands noms, prier d’une même voix à la mémoire de Louis XVI, fut une révélation.
Je ne me doutais pas qu’un si grand nombre de personnes, deux siècles plus tard, aimeraient tant et toujours la Monarchie et sa plus tragique victime.

Ce fut pour moi une vraie surprise.
Comme quand on prend la mesure, dans sa vraie dimension sensorielle et physique, de quelque chose dont on a toujours entendu parler mais dont on se rend compte que ce n’est pas une légende, que cela existe vraiment et que cela ne ressemble en rien à ce que les ouï-dire de toutes natures, des plus savants au plus vulgaires, des plus authentiques au plus fallacieux, ont pu donner comme portrait tronqué.

Il semble que la foule, ce jour-là, Place de la Révolution, bien que galvanisée par une haine moutonnière, au moment où Louis XVI montait sur l’échafaud, saisie par la réalité et par l’effroi, se tut, une fraction de seconde.

Ce fut pour eux une tragique surprise.
Louis XVI mesurait un mètre quatre-vingt-treize.

Jamais, nourri d’un caricatural imaginaire collectif, aucun badaud n’aurait imaginé son Roi si grand, si droit, si puissant.
Que c’était un homme, comme eux, de chair et de sang.

Pour beaucoup, dans cette fraction de seconde, il aura certainement fallu aller chercher, dans toute la débauche de la logorrhée pamphlétaire, dans toute la hargne et la vindicte de la meute populaire, quelque chose chez cet homme qui ressemblait au monstre qu’on leur avait décrit et qui justifiait, à cette heure, qu’on en réclame, férocement, la tête et le sang.

Odyssée 2021 (#18) – « L’odeur de la première page »

Le 1er mai 2019, je publiais un article : « Le test de la page 99 » sur une petite technique – assez efficace – que j’ai pour « tirer au sort » un livre quand, tel un chien dans une forêt giboyeuse dépassé par l’offre, ici une amatrice de livres également dépassée par l’offre, il faut élire un heureux élu pour de futures soirée déconnectées.

Mais avant d’atteindre la « page 99 », il faut d’abord faire le simple geste d’ouvrir le livre.

La première page !
Celle qui atteint un premier sens : le toucher.
La sensualité du beau papier.

Une caresse pour les doigts qui glissent avec méticulosité pour, comme dans une chevelure, caresser les mots.
Toucher avant de voir.

La première page !
Celle qui, encore, juste après, alors que les yeux sont impatients, touche un deuxième sens : l’odorat.
« L’odeur de la première page » !

Le papier exhale un parfum très doux, velouté ; boisé !  De la crème de pâte à papier.
Il faut glisser son nez entre deux pages pour en éprouver l’essence.

Et, enfin, les premiers mots.
Parfois, il faut attendre quelques lignes, parfois plusieurs pages, pour trouver satisfaction.

Et là, dans Malraux, s’est trouvé tout de suite la phrase qu’il fallait :
– « Vous devriez la laisser, ça ferait plaisir au général : elle parle comme la France. »

Elle, c’est une paysanne en châle noir, des maquis de Corrèze.  Le pays des Chênes.

C-Ma Chronique – #8 – Les petites lignes l’Histoire

Un simple livre de poche complaisamment offert par un bouquiniste sur les quais de Paris.
Cinq lettres, trente pages : « Les Lettres Portugaises ».
Et toute une série de correspondances privées et diplomatiques.

Le tout signé en 1669 par un certain Guilleragues ; Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues.

Cela aurait pu se contenter d’être la lecture de l’une des proses les plus joliment tournées de la littérature française, tant les références, le vocabulaire, la syntaxe et les tournures que l’on y rencontre représentent ce que le Grand Siècle, le XVIIème siècle, celui des Boileau, Saint-Simon, Madame de Sevigné, a produit de plus délicat.

Mais « Les Lettres Portugaises » par la singularité de leur histoire et les hauts faits de leur auteur, donnent matière à penser plus loin.
Ces « Lettres » et cette « Correspondance » portent à ajuster une autre focale sur l’Histoire, à chausser des lunettes plus grossissantes que ne le permet le simple regard.

L’Histoire ne peut pas se lire simplement avec les yeux, et surtout pas avec les lunettes du présent.  Il faut laisser une autre focale – la recherche et la curiosité personnelle – mettre en évidence ces petits détails, ces petites lignes, qui en éclairent les subtilités invisibles aux profanes et plus certainement aux idéologues qui s’accommodent de les ignorer.

« Les Lettres Portugaises » de Gabriel de Guilleragues sont une des plus grandes et une des plus sinueuses énigmes de la Littérature française.
Un nombre conséquent de littérateurs, critiques et chercheurs, autant français qu’étrangers, se sont penchés, dès leur parution, sur l’identité véritable de leur auteur trop modeste et trop dévoué au service du Roi, pour en tirer de la gloire.

Après près de trois siècles de combat franco-portugais pour leur attribuer une paternité, d’enquête au mot à mot entre les « Lettres », les « Correspondances » avec et entre ses contemporains, le « dossier » a pu être classé en 1950 par Frédéric Deloffre ; Gabriel de Guilleragues est bien l’auteur de ces chefs d’œuvre.

Dans « Les Lettres Portugaises », Gabriel de Guilleragues a écrit, se substituant par la plume à une femme éplorée, trempant cette plume sensible dans l’encre du chagrin féminin, cinq « Lettres » d’amour désespéré à un amant de passage, de quelques heures ; à un séducteur, lâche et inconséquent.
Dans les « Correspondances », adressées à Louis XIV, à ses Ministres : Pomponne, Colbert, au Pape Innocent XI, à Madame de Sablé, à Racine, Gabriel de Guilleragues donne à suivre le vécu quotidien de la Grande Histoire, des grandes heures de la France que l’on ne raconte plus sur les bancs d’école.
Il fut, huit années durant, un brillant représentant du Roi Soleil auprès de la « Porte » : l’empire Ottoman.

Dans « Les Lettres Portugaises », comme dans les « Correspondances », on apprend l’Histoire par le menu détail : des nuances sociologiques, des faits historiques ; les unes méprisées, les autres amnésiés.

Il y a trois leçons à retenir à l’issue de cette découverte.

– La première leçon porte sur les biais de recherche.

La qualité d’une enquête, et ses conclusions, repose sur l’honnêteté de l’Historien, sur la qualité et l’authenticité des sources, sur leur concordance et leur convergence, non pas pour défendre un point de vue, pour accommoder une idéologie mais pour établir une vérité la plus objective possible.
Les siècles de joutes enflammées sur l’auteur véritable des « Lettres », avant que Guilleragues ne soit dûment légitimé, montrent comment la vérité historique est une bataille ardue qui requiert constance, pugnacité et qui ne peut se livrer que sur la base de faits avérés, strictement replacés dans leur contemporanéité.

– La deuxième leçon porte sur les dangers de la généralisation : tirer d’un événement, d’une source unique et d’une seule nature, une règle universelle.
Condamner en bloc un peuple, une génération et ses descendances, un genre humain, pour les méfaits de cas particuliers, est une hérésie intellectuelle.

Ici, dans ces cinq « Lettres », il serait facile de donner comme principe que les hommes sont des séducteurs, des prédateurs inconséquents.
Lire ces « Lettres », par exemple avec les yeux haineux de l’extrémo-féminisme actuel, permettrait de décréter que les hommes sont invariablement des « chiens » pour les femmes, et ce, depuis la nuit des temps et qu’en conséquence, que tous sont à combattre avec rage et qu’ainsi, il faut renoncer, unilatéralement, à « regarder leurs films, à écouter leur musique ».

Mais si on change de focal, et que l’on observe les siècles de productions littéraires, musicales, artistiques ; leur quasi-totalité sont des hymnes, des odes, des hommages à la féminité, au pouvoir des femmes sur les hommes et, souvent, des mises en exergue, par des hommes, des souffrances des femmes et des injustices qu’elles subissent bien souvent.
Et ce, même si le quotidien des femmes, la réalité de la vie de femmes, depuis des siècles, de façon générale et grossière, tend à démontrer le contraire.

Dans les « Lettres portugaises », Gabriel de Guilleragues se met à la place d’une femme, une novice en l’occurrence, séduite et abandonnée par un officier français, pour écrire, décrire le cheminement de son désespoir amoureux.
Il ne se joue pas de ce désespoir, il ne le moque pas, il ne le méprise pas.  Bien le rebours.  Chaque ligne, chaque mot illustre sa profonde compréhension du cœur féminin, des enjeux et carcans sociaux des femmes de son époque.
Il en démontre, de tout son art littéraire, les ressorts, les drames et les conséquences.

– La troisième leçon porte sur la Grande Histoire elle-même et sur notre prétention à juger, du haut des moyens techniques, de communication dont nous disposons aujourd’hui ; de leur sophistication et de leur instantanéité.

Gabriel de Guilleragues a été l’Ambassadeur de Louis XIV auprès de la Cour Ottomane de 1679 à 1685, à une époque où le moindre voyage était une épopée, où la moindre missive avait toutes les chances de ne jamais parvenir à destination, et où, même si elle atteignait son but, ce n’était qu’après plusieurs semaines, plusieurs mois de cheminement chaotique.
Le diplomate du XVIIème siècle était chargé d’une mission dont il connaissait les grands principes mais pour la réussite de laquelle, seuls son jugement, sa loyauté, sa probité et son courage servaient de rouages.

Guilleragues avait pour mission d’accéder au « sofa » auprès du vizir Kara Mustafa, au lieu du « tabouret », avilissant pour le rang de la France, que le Marquis de Nointel, son prédécesseur, avait eu le déshonneur d’obtenir pour le Roi.
Malgré des imbroglios nés des audaces du Marquis Duquesne, Lieutenant général des armées navales, Gabriel de Guilleragues parvint à obtenir d’un vizir belliqueux et très hostile aux Chrétiens, non seulement tous les honneurs dus à la France et au Roi : le « sofa », mais également l’immunité des vaisseaux français en Méditerranée et la protection par la France des Lieux Saints.

Ces petites lignes de l’Histoire font émerger de l’oubli l’époque où les Souverains savaient où était le rang de la France, qui lui devait le respect et surtout, où ils s’appuyaient sur des Hommes qui avaient, rivés à l’esprit, non seulement leurs intérêts et mais surtout l’Honneur de leur Patrie.

Voilà en trois clés de lecture ce l’on peut tirer de l’Histoire, non seulement quand on chausse les bonnes lunettes, mais avant tout quand on accepte de voir.

L’Histoire est bien plus complexe, subtile que ne le laisse entrevoir le manichéisme actuel.  Souvent, ceux qui dissertent, qui hurlent aux loups, qui s’autoproclament juges-ex-machina, qui condamnent et qui coupent des têtes en place publique, sont à la nuance ce que l’iceberg est au flocon : ils achètent et vendent l’Histoire en bloc, sans entrer dans ces détails qui en changent toute la construction.

Gabriel de Guilleragues, un Gascon, encore un, après d’Artagnan, Cyrano, Henri IV, Aliénor d’Aquitaine, au travers de quelques écrits, oubliés du grand nombre mais ressuscités par quelques érudits, montre que nul ne peut, sans discrédit intellectuel, juger du haut de son présent confortable, où les progrès, même imparfaits et toujours perfectibles, ont permis à l’humanité de cheminer vers plus de paix et d’altruisme que les piailleurs ne permettent de le réaliser.

Un autre Gascon, Gaston Phébus, avait pour devise :
– « Toca-i se gausas ! »
– « Touches-y si tu oses ! »
Beaucoup devraient tenir cette devise pour une mise en garde contre les jugements hâtifs et simplistes sur l’Histoire.