365 Nuances de 2019 – #198 – «La santé par les petits lardons»

Un billet, court, chaque jour.

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« Goûte-moi ça
Hum, c’est bon !
Petits pois lardons
Lardons petits pois
Goûte-moi ça
Petits pois lardons.»

Ce sont quelques paroles d’une chanson de Julien Clerc qui me sont revenues de façon lancinante en lisant ce matin dans le journal un article sur l’incontrôlable épizootie de PPA (peste porcine africaine) en Chine.

Ce refrain en tête, je me suis souvenue de photographies prises à la volée, il y a seulement quelques heures, sûrement d’inspiration prémonitoire à la lecture de cet article.

Photographies volées à la poésie et l’humour croisés au fil des randonnées ou aux plaisirs culinaires de travailler de beaux produits de grande qualité.

Il y a les jolis petits cochons roses des alpages, nourris aux rebuts laitiers de l’étable : petit lait en l’occurrence, qui m’amusent dans leurs déplacements dandinants animés de couinements d’aise et de satisfaction.

Nos éleveurs ont bien quelques leçons à donner.

Moins gai, un peu plus macabre dirais-je (je vais me prendre une volée de bois vert par une horde de vegans déchaînés), la préparation du repas par le découpage de jolis petits lardons pour une petite omelette bien baveuse.

Je ne les achète plus prédécoupés, et je les choisis dans une poitrine fumée, une viande, de qualité.

La santé passe aussi et surtout par – la qualité – les petits lardons.

« Goûte-moi ça
Hum, c’est bon !»

En Chine, la maladie aurait tué presque 100 millions de cochons.  Ils ont abandonné la lutte contre cette épizootie en attendant l’élaboration d’un vaccin d’ici … 5 à 10 ans.
Et les Chinois se ruent désormais sur nos bons petits cochons français !

« Goûte-moi ça
Hum, c’est bon !»

Pourvu, qu’en dépit de cette manne ou de cette aubaine, on les garde toujours aussi bons, nos petits cochons !

Sans ou avec petits pois comme dans la chanson !

365 Nuances de 2019 – #66 – « Une vache dans ton yaourt ! »

IMG_4134Un billet, court, chaque jour.

Citadins …  Péri-urbains…

On oublie d’où ce que l’on mange vient.  On méconnaît la fabrique des choses.

Quand on n’ignore pas tragiquement, comme la plupart des enfants d’aujourd’hui, le lien entre le contenu de son assiette et son origine.

Il y a probablement pléthore d’enfants qui ne savent seulement pas le lien entre l’œuf et la poule, le lait et la vache, une frite et une pomme de terre.

En me baladant dans la sublime campagne berrichonne parée de ses plus beaux atours printaniers, je m’interrogeais en quelques questions simplistes sur cette ingratitude, ce déni et cette acculturation.

Parce que le lien s’est coupé.

Imaginez, là, en 2019, que du jour au lendemain, tous les agriculteurs (je parle des vrais agriculteurs, pas des sorciers des milles vaches et de la malbouffe) de la planète et leurs outils disparaissaient, comment parviendrions-nous, par nous-même, seuls, chacun, à pourvoir à notre propre subsistance alimentaire ?

En quelques graines sur nos balcons ?

Qui serait encore capable, du jour au lendemain, de défricher une terre, de la labourer, de semer, de récolter.  D’élever poules, moutons, vaches ?

Qui, en quelques heures, pourrait acquérir la science des saisons, de la météo, des jachères, des semences, des croisements, de la germination, de la maturation.

Qui serait capable d’assumer l’inquiétude qui est celle, actuelle, des agriculteurs français devant une sécheresse sévère qui les pénalise dès ce mois d’avril sur toute la chaîne alimentaire du bétail : pacage presque à ras, stocks de fourrage déjà bien sollicités, récoltes des foins menacées.

Citadins…  Péri-urbains… À force de supermarchés et de plats préparés, nous perdons de vue qu’il y a un travail de tous les jours : physique, méthodique, économique, éthique, derrière ce que nous achetons.

Eh oui : il n’y a pas qu’une crème blanche dans ton pot.

Il y a une vache dans ton yaourt.

Une vache, de l’herbe, du lait.

Du travail.

Du travail et des vies d’hommes.