365 Nuances de 2019 – #15 – « Le Chêne de Saint-Louis »

Un billet, court, chaque jour.

XIIIème Siècle.  Louis IX, dit le « Prudhomme », puis canonisé en 1297 sous le nom de Saint-Louis de France.

Jacques Le Goff : « Saint Louis, qui appréciait le château de Vincennes, avait l’habitude de s’adosser dans son parc à un chêne et de faire venir à lui tous ses sujets désirant lui parler sans intermédiaire. Le requérant exposait librement son grief au souverain, qui – et là réside un point fondamental – ne rendait nullement la justice lui-même, mais faisait signe à un membre de son entourage, ayant le pouvoir de rendre la justice, qu’il se saisisse de l’affaire. Saint Louis ne se substitue pas au système judiciaire qu’il a mis en place, il combine habilement l’exercice de son pouvoir surnaturel de souverain avec le respect des institutions terrestres. Louis IX est le souverain qui considéra la justice comme son premier devoir. »

Ecouter, prendre la mesure.  La base de la réflexion pour décider ?

L’Histoire est une source inépuisable de sagesse.

p1360301

 

365 Nuances de 2019 – #14 – « Range ta chambre ! »

desordre-fournitures-loisir-créatif
Remerciements à : « Zalika.com »

Un billet, court, chaque jour.

« Range ta chambre »

Stupeur et tremblements pour certains de mes fidèles lecteurs (vous pouvez liker de temps à autres, ça me fera plaisir) à la lecture de cette injonction, réminiscence de troubles à la quiétude enfantine et au laisser-aller adolescent, vécus et revécus jusqu’à l’installation chez soi.  Puis, jusqu’au mariage où alors tout recommence.

Si l’on verse dans la métaphore, il est possible de transposer ce traumatisme de la version micro – familiale – à la version macro – nationale.

Imaginons que nous arrêtions de nous perdre en slogans du type: « Manu, on arrive! » et que soudain, nous tancions le grand Padré du pouvoir par : « Manu, range ta France! ».

« Manu, range ta France ? »

Quel serait alors l’enjeu ?

L’enjeu serait alors de prendre la mesure du foutoir à tous les étages de la République.  

Un amoncellement de trucs, de bidules, de machins et de choses.  Des amas de lois, de règlements, de comités Théodule.  Des entassements de préfets honoraires, de sous-secrétaires, de commissions de ceci et de commissions de cela.  Des strates de subventions, de cotisations.  Des enchevêtrements de circonscriptions. Des répétitions de responsabilités déresponsabilisantes.  

Oh tiens cette subvention ! Mais, elle est inutile dans cette boîte vide qui ne sert à personne ! Jetons la boîte et reversons la subvention dans notre tirelire nationale.

Oh, tiens j’avais ça déjà, en trois exemplaires.  Tiens, je ne vais garder que celui qui m’est le plus utile.

Ranger, trier, ordonner s’appelle aussi le « syndrome de Blanche-Neige ».  

Faire de la place et ainsi libérer de l’espace.  Et des euros.  

Des Euros ?  

Tiens, j’ai retrouvé des euros laissés en léthargie dans la poche de cette commission-là !

Des dizaines d’experts, de coachs, de psychologues émérites se sont penchés sur les vertus et les effets bénéfiques de l’ordre.  Parmi ces sommités, Marie Kondo, que je cite: « le rangement constituerait une forme de catharsis permettant de donner un nouveau souffle à son existence. »

Un nouveau souffle à l’existence !

Ben voilà !

Le débat est clos.  

Avant de commencer quoi que ce soit de neuf, retrousse tes manches et : « Range ta France ! »

On ne sait jamais, sous les strates accumulées depuis des décennies, on retrouvera peut-être une France propre, nette, jeune, belle, dynamique, pleine de trésors oubliés et de talents négligés ?

 

365 Nuances de 2019 – #13 – « Du bon pied, ensemble »

img_3636

Un billet, court, chaque jour.

« Ensemble »

J’aime bien repartir des définitions.

  • L’un avec l’autre, les uns avec les autres.
  • En même temps
  • Groupe d’éléments constituant un tout
  • Formation en harmonie, en accord

Voilà ce qui caractérise une sortie de course à pied avec des amis qui mettent en commun, font vivre « ensemble », une passion.

Pas si simple de s’accorder quand on part, de fait, avec des énergies différentes, des constitutions différentes, des motivations différentes, des techniques différentes.

Et pourtant, ça fonctionne. Ça marche, ça court même.

Et c’est bon de ressentir l’implicite : la considération de chacun pour ce qu’est, veut, peut l’autre.  Il y a d’emblée l’atteinte d’un optimum avec la résolution spontanée de la complexité de coordonner des foulées différentes.

Premier élixir magique :  le respect.  Et en course à pied, le respect prend le nom de « fartlek ». Chacun propose son rythme, à un moment ou à un autre.  Compréhension diffuse des possibilités des autres, adaptation des tempos au fil des kilomètres.

Deuxième élixir magique :  la solidarité.  On part à trois, on revient à trois.  Cela suppose parfois de temporiser son rythme, et parfois de stimuler les autres.

Troisième élixir magique :  le plaisir.  Chacun sait que pour tenir la distance, il faut cette petite vitamine.  Le plaisir est tout à la fois intérieur, individuel et se transmet, par de petits mots, de petits encouragements, de petites remarques et de petits compliments.  Une générosité urbi et orbi !

Mais ce qui tire tout le monde, c’est l’écurie, la ligne d’arrivée, la lecture du chrono et un café plein de rires au comptoir.

Vivre un sentiment de performance partagée.

Partir et tenir, du bon pied, ensemble.

 

 

 

365 Nuances de 2019 – #12 – « Se taire une minute »

2017-11-16-22-02-30-1200x800

Un billet, court, chaque jour.

C’est samedi.  

Je pourrais parler de quantité de choses gaies, de ma journée formidable, de futilités.

Le temps est relatif.  La minute de joie de l’un est une minute autre, ailleurs.

Mon temps, n’est pas celui de ceux qui sont partis.

Mes minutes à courir la vie sont les mêmes minutes que celles de ceux qui l’ont perdue, la vie.

Il faut un peu de décence.  Et surtout un peu de coeur.  

Même si ces gens-là nous sont, à priori, étrangers.

Se taire une minute.

Deux Aviateurs.

Deux Pompiers.

Quatre anges.

 

365 Nuances de 2019 – #11 – « Veillée d’armes chez Jacques Coeur ? »

Un billet, court, chaque jour.

Jacques Coeur (vers 1395-1456)

« Cet homme intelligent », dit Jules Michelet, « rétablit les monnaies, invente en finances la chose inouïe, la justice, et croit que pour le roi, comme pour tout le monde, le moyen d’être riche, est de payer ». Il comprend les bienfaits de la statistique pour établir l’assiette de l’impôt et l’évaluation des ressources, et présente au roi un dénombrement sommaire de la population et du revenu du royaume ; de plus, des instructions pour policer la maison du roi, le Royaume de France. Ces services signalés méritent un témoignage de reconnaissance.

Les Français et l’impôt !

Ou les Français ne connaissent pas leur Histoire ou ils La connaissent trop.

Mais en tous les cas et de tout temps, ils n’en retiennent pas les leçons.

Aux mêmes maux, les mêmes remèdes ?

Et donc: veillée d’armes à Bourges.  Et dans toute la France.

«Berry ! Paris ! mornes plaines !»