365 Nuances de 2019 – #35 – « Radis-Beurre »

Un billet, court, chaque jour.

Déjà, dans « L’Auberge de l’Ange Gardien » (Comtesse de Ségur), le radis-beurre tient une place de choix dès le deuxième chapitre.  Et tout au long de l’histoire.

Les radis « tout juste tirés » de terre, le beurre et le pain ; très frais tous les deux.

Oh ! Ciel ! Comment tirer un billet intéressant d’un si maigre plat ?

À sa trivialité.

S’asseoir à la table d’un restaurant en 2019, comme s’asseoir à celle d’une auberge en 1863 commande des évidences, des gages de qualité.

Si le radis-beurre est parfait, le reste ira de même.  Et ce fut le cas pour tout le service et tout le repas.

Certains estaminets adressent des messages simples, claires en un simple geste d’accueil.

« Un simple geste d’accueil » ?

Un incipit de l’évidence à suivre, une base de communication pour mettre ses hôtes à l’aise.  En confiance.

On ne vous servira pas des chichis et du revisité.  On ne vous en mettra pas plein la vue et rien dans l’assiette.

On fait simple et on le fait très bien.

« Jeunes, beaux & bons »

Chroniques Estivales – #8 – Humeurs & Choses Simples

(Ecriture au 1er jet)

Je suis sortie d’une zone « sans aucun service ».  C’est à dire avec suffisamment peu de couverture réseau pour justifier deux jours de paresse littéraire.

Quand j’ai refait surface, c’était hier à Aubusson.

Là, au cœur de mes pérégrinations champêtres, encore dans la magie de toutes les merveilles offertes à mon regard, de tous les trésors Berrichons et Creusois,  trois « jeunes, beaux & bons » réveillent mon optimisme.

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La voûte du pont d’Aubusson et la terrasse fleurie de la « Terrade »

Quel joli réveil que ce restaurant et surtout que ces trois sourires, que ce dynamisme.  Cela met une bulle pétillante au cœur de cette ville, Aubusson, tellement célèbre mais un peu à l’abandon.

Quel talent culinaire ! Quelle créativité ! Quelles belles assiettes !

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« 1 » Oeuf (des oeufs) Parfait

Quelle réussite ! Quel sens de la bagarre pour amener, au milieu des fabriques délaissées, des ruelles aux herbes folles, tant d’allure, de bon goût dans l’assiette, de modernité et de fraîcheur dans le service.

Et je suis contente, fière, encore une fois, ici à Aubusson, comme tout au long de mon parcours en Indre et en Creuse, sur les chemins de Georges Sand et des Impressionnistes, comme à chacune de mes virées dans la France vivante et profonde, de trouver de telles richesses, de les mettre en avant, de les chanter, de les propulser sous vos yeux.

Ces « Jeunes, beaux & bons » d’Aubusson et de toute la France montrent que la réussite est légitime ici, bien autant qu’à Paris.

Ils ont droit aux mêmes attentions, voire même à bien plus d’encouragements comme un hymne à leur travail, à leur audace, à leur engagement.

C’est vous, les « Jeunes, beaux & bons » qui avez raison de vous battre sur place, là où vous vivez, pour montrer aux cadors et aux ronds de cuir, que vous êtes, sans costard mais avec talent, avec et sans dents : la « réussite »