365 Nuances de 2019 – #128 – « Le temps long retrouvé »

Un billet, court, chaque jour.

270 pages de réflexion, d’éloge du temps long, de remise au centre de la valeur « Homme ».

Pas une ligne n’est en trop.
Toutes sont des baumes, tant, chacun : simple citoyen, dirigeant, responsable politique – , nous avons conscience de l’absurde de notre agitation permanente, de notre addiction au mouvement sans but, à la transformation permanente, au jetable ; au vain.

Francois-Xavier Bellamy replace le temps long au cœur de nos vies et, particulièrement, au cœur de l’action politique.

Il explique comment, des pré-socratiques à aujourd’hui, le culte du mouvement perpétuel, le sacre du marché se sont construits pour devenir une fuite perpétuelle, ont dévoyé notre besoin d’ancrage, notre besoin de fins tangibles, notre attachement à la « demeure ».
La « demeure », cette permanence vers laquelle toutes nos actions ont besoin d’être orientées pour prendre sens.

Un plaidoyer pour que nous, Hommes, le restions bien, pour que nous remettions à leur place les chantres du marché, du chiffre, du consommable qui, pour poursuivre leurs desseins insatiables, ne font plus de nous que des produits.

« La crise à laquelle aboutit notre modernité, dans son accomplissement inédit, tient tout entière au fait qu’elle exalte le mouvement, au point de lui refuser absolument tout but qui pourrait y mettre un terme.  Nous voulons que tout change, que tout bouge, que tout se transforme ; et ainsi nous ressemblons à un Ulysse épuisé, enivré de son odyssée au point qu’il renierait sans cesse Ithaque de voir son périple s’achever.  Nous avons fui la demeure, disqualifié la patrie, déconstruit les stabilités naturelles, révoqué l’immobilité des vérités éternelles, pour pouvoir rester en mouvement – sans voir que les points fixes étaient les conditions nécessaires au mouvement que nous aimons tant ; et faute d’avoir encore un point d’arrivée vers lequel nous diriger, nous nous agitons désormais sans savoir pourquoi changer, et en prenant d’ailleurs le risque de ne rien changer, en fait. »

365 Nuances de 2019 – #58 – « O.P.M. : ceci n’est pas une blague »

Un billet, court, chaque jour.

Ceci n’est pas une blague !

Aujourd’hui, 1er avril 2019, de nouveaux organismes vivants sont officiellement apparus : les O.P.M.

O.P.M. est le nouvel acronyme pour les Organismes Politiquement Modifiés.

Ce sont des organismes humains dont le patrimoine déontologique à été modifié par une intervention occulte ; on ne connaît pas encore avec certitude le nom du magicien.  Leur A.D.N. a été bricolé pour les doter de propriétés politiques qu’ils ne possédaient pas naturellement.

Ce sont des organismes créés de toute pièce en laboratoire.  Ils ont un génome tout neuf, élaboré sur mesure à des fins très utilitaires : combler les vides de production naturelle.  Il n’y a pas de filiation possible avec leurs cousins élevés, eux, en pleine terre par le biais des méthodes de culture traditionnelle.

Ils sont censés remplacer les O.P.T. : les Organismes Politiques Traditionnels.  Ces belles variétés du terroirs dûment sélectionnées par des consommateurs qui connaissent leurs origines et leurs propriétés, qui mettent plusieurs années à s’implanter, à germer, à mûrir.  Et dont la mise sur le marché respecte des procédures généralement assez communément admises pour leur minimum de traçabilité.

Ces O.P.M., malgré leur notice technique, n’augmentent pas significativement le rendement politique et, propriété partagée avec leurs cousins O.G.M., leur utilisation, avec celles des adjuvants associés, augmentent significativement les coûts d’entretien.

Vu le contexte éco-responsable, il n’est pas certain que ces organismes aient beaucoup d’avenir.

365 Nuances de 2019 – #28 – « Le Ciel est bleu, mais… »

Un billet, court, chaque jour.

« Le Ciel est bleu !  Il fait un temps de rêve. »

« Oui.  Mais…  Là, il y a quand même un petit nuage ! »

Il y a toujours quelqu’un, même quand tous les éléments sont visuellement, matériellement réunis pour approcher l’idéal, la réussite, pour battre en brèche votre certitude.  

Pour gâcher votre joie en somme.

Est-ce que ce minuscule nuage entame la perfection de ce ciel bleu ? 

Autre contexte plus concret.  Dans votre travail, quotidiennement, vous vous démenez pour déployer vos compétences, pour livrer des résultats de qualités, bref, vous ne vous économisez pas.

Et là, paf ! 

Il y en aura toujours un qui ne verra que la virgule manquante.  Et qui décrètera que l’ensemble de votre effort ne vaut rien.

Ou encore, en politique récente, d’un trio de candidats, jeunes, combatifs, cultivés, beaux, brillants, enthousiastes, prometteurs, représentatifs de notre pays, on ne retiendra que les détails de convictions strictement personnelles qui n’ont rien à faire dans l’évaluation même du pacte de campagne.

Sans cesse casser le verre à moitié vide.  Cynisme de la contestation pour la contestation.

Eh bien, dans cette tempête de verre d’eau, il y a une zone calme de gens qui ne voient que le ciel bleu et pas le nuage.

Les tenants du verre toujours à moitié plein.