365 Nuances de 2019 – #145 – «Que c’est bio la Vie !»

Un billet, court, chaque jour.

Il est impossible que ce billet soit structuré, construit.  Il ne sera que désordre.

Un désordre à l’aune du maelström biologique que des hommes, des femmes, des scientifiques, des médecins, des responsables politiques, des minorités sociétales, des idéologistes ont provoqué.

S’il est complexe, politiquement incorrect, hasardeux, dangereux de porter un jugement, il est légitime de s’interroger.
Même avec le sentiment d’être assez seul ou assez minoritaire à le faire à l’heure où plus une société dans le monde n’imagine même plus s’arrêter une minute pour penser cette débridation sauvage.

C’est la grande re-ré-création humaine dont personne ne siffle la fin.  C’est tellement bien de s’amuser avec la vie ; surtout quand c’est permis.
– «Dis ? Tu passes tes spermatozoïdes pour qu’on puisse tous jouer avec ?»
– «Ben non, tu ne les retrouveras pas après.  Chacun fera ce qu’il veut avec.»

A l’heure du bio, des alertes à l’extinction des espèces, des vaches à hublot, des OGM, il ne reste même plus l’espoir d’un quelconque sanctuaire à la course folle au progrès.
On s’affiche «vert», à coup de grands slogans et de grandes incantations, pour conspuer l’ensemble des activités humaines qui portent atteinte à l’environnement, à la biodiversité, aux chaînes alimentaires, mais on fait vœu de silence absolu pour ce qui concerne les atteintes sans limites à la biologie humaine.

On peut être vert, bio, végétarien, végétalien, vegan pour soi-disant respecter les espèces vivantes, mais laisser disséquer sans remords, ni limite, la vie humaine.

«Que c’est bio la vie !»

Tout est permis.
On peut, à coup de scalpel, à coup de seringue, prendre des morceaux de femmes, des morceaux d’hommes, des morceaux d’animaux, des morceaux d’embryons, des morceaux de peau.

Tout est permis.
Emprunter l’utérus de sa mère, filer un ovule à sa copine, inséminer un homme, trier les embryons, enfanter à soixante-ans.
Ne plus risquer une vergeture en déléguant sa gestation à un utérus en Plexiglas raccordé à des tuyaux.
C’est sûr que ça va faire des économies en congés maternités.
– «À quelle heure vous le voulez le p’ti ? Pas avant 19:00.  Après votre réunion.  OK, c’est noté, on gère !»

L’œil rivé à la lentille de leur microscope, le monde scientifique, déifié, s’octroie le don de vie.
Le don de modifier la vie.
Le don de mettre de la vie là où elle n’était pas prévue.
Le don de décider quelle norme est valable pour être digne d’être au monde.

L’esprit rivé à leurs désirs sans limite, tout un monde d’hommes et de femmes, font leurs courses dans le supermarché de la procréation artificielle.
C’est normal.  C’est légitime.  C’est leur droit.

Pour obtenir un enfant, on se crée «Dieu» et «Déesse» de soi-même.  Avec la belle excuse, le miraculeux élixir rédempteur de l’amour.

«Être parent, ce n’est pas des gamètes mais de l’amour.»
L’amour dans une pipette ou un tube à essai ?
L’amour dans un geste industriel ?
De l’amour séquencé.

«Que c’est bio la vie !»

365 Nuances de 2019 – #68 – « Le scandale « suicidez-vous ! » »

B9719326323Z.1_20190420200922_000+GISDED27O.3-0Un billet, court, chaque jour.

Avant même de chercher des explications, il y a le choc de ce déversement de haine publique.

Quand on revient des trois jours de « chemins noirs », dignes, en miniature, de Sylvain Tesson, c’est un choc que cet « hallali » collectif.

Il s’agit d’une incitation à la haine !

Aujourd’hui, « scandale » est réduit à indignation.  Parole ou acte ; ce qui heurte la conscience, la morale et suscite l’émotion, la révolte.  Oui, il s’agit de cela.

Mais, ici, le « scandale » va plus loin que ce sens contemporain.

Dans son étymologie grecque, dans son sens premier, « scandale » est un piège, une trappe, un filet avec lequel on capture une proie.

Saint-Paul (Co.1, 23) évoque ce terme comme un évènement qui engage la vie.  L’obstacle qui fait trébucher, qui interrompt la marche, qui détourne d’un projet de vie.

Les gilets ne sont plus jaunes.  Ils ont pris la couleur et surtout le goût du sang.  Ils ont été, brièvement, une contestation compréhensible.  Ils sont devenus la rupture.  Ceux qui cherchent à tendre un piège, à détourner de tout projet d’espoir.

À cerner les forces de l’ordre, à les encercler dans le piège de leur rage bilieuse, ils incitent non seulement à la haine à retourner contre des hommes et des femmes, représentant notre autorité à tous, mais ils poussent à la défaite.  À trébucher.  À nous détourner d’un projet de paix.

Cette violence qui va crescendo de semaine en semaine, tourne à une forme d’hystérie que rien ne semble pouvoir arrêter.

Démonstrations symétriques d’impuissance.  Celle d’une révolte qui tourne à vide de sens et se mue en violence physique.  Celle d’un pouvoir vide de sens qui laisse filer les évènements.  Évènements qui vont comme un train fou sans conducteur ; ils gagnent en puissance, en vitesse.  Est-ce que seul un mur pourra les arrêter ?

En attendant, de part et d’autre, le vide, l’absurdité.

Rien à opposer.  Rien à proposer.  Des slogans, des incantations, des cautères.

Mais pas de vision, pas de sens.  Et donc, pas de guérison.

Car, et je reprends Tesson : « il ne faut pas déraciner les choses si l’on n’a rien à replanter à la place. »

Qu’est-ce que cette haine et ce pouvoir proposent de replanter ?