« Flâneries 2023 » – # 151 – « 1850 »


Le 31 mai 1850, fût votée la loi dite des Burgraves. Qui étaient ces Burgraves ? Ce que l’on appellerait aujourd’hui des Conservateurs, ceux qui défendent l’ordre, la sécurité et les bonnes mœurs. Ils constituaient également le Parti de l’Ordre, dont la devise était : ordre, propriété, religion, ce qui dénotait de liberté, égalité, fraternité mais qui s’approche un peu trop de travail, famille, patrie. Quelle appellation donnerait-on de nos jours à ces politiciens ? Républicains, ceux de la veine la plus rigoriste, voire Rassemblement national. Ce regroupement non officiel du milieu du XIXème siècle aurait pour pendant contemporain tous ceux qui ne sont pas encartés et qui valideraient volontiers un ensemble de mesures législatives sévères pour mettre au carré tous les débordements économiques, sociaux, sociétaux, migratoires, civiques, diversitaires et éducatifs qui prospèrent ces dernières années. Ils sont désormais nombreux en France les taiseux au fond du cœur desquels sourdre une impatience, pour ne pas dire une colère, devant tous les laisser-aller et les laisser-faire du pouvoir politique en place et des différents gouvernements depuis une trentaine d’années.

Les Burgraves donc, poussèrent le vote d’une loi créant une obligation de domicile de trois ans dans la même commune ou le même canton pour pouvoir voter. Cette mesure eut pour effet de restreindre le corps électoral, sans revenir sur le principe du suffrage universel masculin, adopté par la Deuxième République en mars 1848. Principe d’une loi restrictive qui contraint à faire corréler une assise locale et un mandat. Les partisans actuels d’un retour de l’ordre, plus précisément encore, du conditionnement de la représentativité politique à un certain nombre de critères, s’appuient sur cette même logique. Aujourd’hui, cela pourrait s’appeler la préférence nationale, éléments discriminant qui permettrait de trier le bon grain de l’ivraie et de voir, autant parmi les politiques que parmi les citoyens, des candidats engrainés dans l’Histoire nationale, empreints de principes moraux et laïcs, véritables reflets de notre volonté d’assimilation, enfin des bénéficiaires de droits – la nationalité, les avantages sociaux – répondant non seulement à des devoirs mais aussi à de réels mérites, comme celui de participer à la richesse nationale depuis un minimum d’années.

Pour qu’être Français ne doive plus rien au hasard ou à la rapacité.

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