
Chartres est un havre, une parenthèse. Il semblerait que même les touristes soient imprégnés du calme, de la civilité induits par le lieu et participent ainsi involontairement à la douceur de vivre qui caractérise cette vieille cité. Pas d’échoppe de kebab, presque pas de troupeaux de femmes voilées, pas de mendiants, pas de traînards avec des chiens en laisse. Au pied de la merveilleuse cathédrale, qui, avec bénignité, rajuste vos proportions : vous êtes petit, elle est majestueuse, se déploient avec une certaine élégance les éléments d’une soirée soignée. Au milieu de la rumeur des conversations, fusent des rires gais, jaillissent des babilles enfantins, s’anime le ballet efficace des serveurs. Fin d’une belle journée de printemps, le soleil réchauffe de ses ultimes rayons déclinant.
Un petit refrain tourmente gaiement l’humeur :
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t’ai gardée dans mon cœur
Mon village au clocher, aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Ceux qui parlent, enfin, de décivilisation, pourraient s’inspirer des charmes de cette soirée, de la simplicité du lieu, de la force et de l’esprit de ces pierres centenaires, pour redonner à ce vocable un sens engrainé dans une telle manifestation de la douceur de nos mœurs, surtout lorsque, comme ce soir, elles en illustrent le meilleur.