« Flâneries 2023 » – # 162 – « Le signe et l’aubaine »


C’est le paysage qui fait la randonnée. Lorsqu’il fait chaud, voire que le ciel poursuit le marcheur de ses menaces d’orage, et que de fait, sa foulée lui coûte un peu plus qu’il ne serait souhaitable, son regard parcourt avec avidité chaque parcelle de son champ de vision et, soit attend le signe, soit attend l’aubaine. Cela ressemble à de l’appétit : une faim qui, malgré ses sommations, sait attendre l’arrivée d’un met délicat plutôt que de fondre sur la pitance. À l’embouchure d’un longue sente en sous-bois, comme une délivrance après une navigation devenue morose, alors que le pas traîne sa fatigue et que le corps résiste un peu, s’ouvre une nappe écarlate, un banc de pavots sang surnageant une mer de blés verts. Le vent joue les courants et contre-courants, l’horizon ondule doucement. Tous les trésors ne figurent pas toujours sur les cartes, mais souvent simplement au détour du chemin.

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