
La poésie chinoise s’exprime en peu de mots, en brèves phrases ; elle s’élance, happant les éléments, leur charme naturel. Elle glisse de discrets messages dans les rayons de lune, les pétales de fleurs et sur les ailes des oiseaux. La métaphore a ses faveurs pour évoquer les joies, les rêves et les souffrances, comme celles des dames de la cour des Tang qui, bien souvent, étaient délaissées. Après l’empereur, nul autre que la lune ne peut atteindre ces captives, qui dans les moindres choses, trouvent écho à leurs malheurs. Quoique recluses, ces femmes veillent aux infimes signes de liberté, jusqu’à sauver de la mort un banal papillon.
Palais interdit : la lune glisse entre les branches
Son beau regard s’attarde sur un nid d’aigrettes
De son épingle de jade, elle pince la mèche
Pour sauver de la flamme un papillon de nuit*
(Zhang Hu ; « À une dame de cour », VIII-IXème s.)