« Flâneries 2023 » – # 214 – « Tout au plus une inspiration »


L’hôtel de Cluny, musée du Moyen-Âge, s’est refait une beauté. L’habillage ultra-moderne du bâtiment d’accueil aurait pu rendre un meilleur hommage à la pierre multiséculaire de ce qui, avant d’être un écrin à ce que l’artisanat d’Art a produit de meilleur en France et en Europe, fut des thermes et un logis. La scénographie met en valeur des pièces uniques d’une beauté confondante que l’on apprécierait tout autant sans qu’il soit besoin, comme le mur métallique façon moucharabieh l’annonce, de rappeler à chaque panneau ce que l’Occident devrait à l’Orient, autrement dit l’Islam. La beauté des statues, par exemple, dans une culture où l’on ne reproduit pas les visages, encore moins celui de Dieu, lui doit d’autant moins qu’elle doit tout à ses racines gréco-romaines. Tout au plus peut-on reconnaître une inspiration pout les motifs géométriques, végétaux et floraux. Rien, en revanche, sinon en termes encyclopédiques, ne conte, ne rappelle, ne fait aimer, la profonde foi qui irriguait l’Europe en ces temps-là. Pourtant, chaque ciboire, chaque reliquaire, chaque crucifix, chaque Madone, la rappelle. Rien ne rappelle ce que le développement de l’Europe doit à cet artisanat d’Art religieux qui a entraîné vers le haut toutes ses déclinaisons séculaires. Dans la petite chapelle, presque complètement dans sa pâte d’origine, quatre têtes nimbées de rayons de ce capricieux soleil estival rappellent la délicatesse des sculpteurs, leur soucis de l’expression des émotions, leur tension vers le beau. Une tête de Vierge notamment, rappelle combien la mère du Christ, zénith du féminisme du don, de la douceur et de l’amour maternelle, a inspiré de beauté. Et cela, les Occidentaux ne le doivent qu’à eux-mêmes.

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