
Vocable éminemment attaché au genre masculin, émasculer s’est trouvé trahi dans une case de grille de mots fléchés. Émasculer, c’est arracher des couilles, couper un pénis, bref : priver un homme ou un animal mâle des organes de la reproduction. Il a été émasculé, il a été rendu efféminé. Ce qui n’explique toujours pas la féminisation de son participe passé. Le scénario possible serait qu’une femme souffrant de dysphorie de genre, « beurk je suis une femme », se soit fait greffer un appareil reproductif masculin et que prise de remords, de regrets, elle décide d’inverser le sort qu’elle s’était promis, qu’elle re-re-vire sa cuti et re-retourne sa veste, et se fasse émasculer. À moins encore, qu’utilisé de la sorte, le verbe ne renvoie à une qualité qui aurait été retranchée à une entité, comme la société : « la société a été émasculée de sa composante masculine », autant dire alors qu’elle serait privée de l’une des deux forces essentielles à son équilibre. Dans un version tragique, il y a exciser ; mais les barbares ne s’adonnent pas aux mot fléchés et souhaitent malgré tout, même sans plaisir, s’assurer une descendance. Le verbe approprié pour rester neutre, non-genré et politiquement correct est ablater, juste après il y a tout le vocabulaire médical. Sinon, pour non-sens, en sept lettres, il y a absurde.