
« L’ai-je bien parcourue ? » Ah ! Cécile Sorel du Casino de Paris, Années folles, robes qui laissent voir les chevilles, fox-trot acrobatique et soirées endiablées ! Vous êtes convoquée ici, dans ce lieu retiré où seuls les grillons scandent des rythmes lancinants. Sorti de nulle part, des bois épais environnant, un trio d’Anglais, en mal de récits exotiques, paysans et France profonde, s’est encadré au bout de la longue allée. Solitude ensauvagée de ce lieu retiré oblige, il a fallu en une fraction de seconde afficher une grande dignité. S’extraire de ses lectures, de ses mots, de sa rêverie et, par obligeance et complaisance, satisfaire cette curiosité au débotté. Impériale, royale, droite comme un i, s’avancer vers eux, parcourir un imaginaire tapis rouge sous les hourras et les vivats d’une foule acquise. Si l’expression régalienne est : « L’ai-je bien descendu ? », elle revêt un connotation bien plus agressive, comme elle fut employée par l’Armée mexicaine devant leurs canons fumant et leurs victimes expirantes. Satisfecit à l’issue de l’exercice tant mon exposé sur les curiosités, us et coutumes locaux, a satisfait ces visiteurs inattendus. Ils sont repartis contents et surtout bien vivants.