
Aujourd’hui, 17 août 2023, en même temps que la 229ème de mes Flâneries 2023, je publie ma 1000ème chronique.
C’est un évènement important pour l’écrivain que je travaille à devenir chaque jour. En plus de ces chroniques, il y a tous les autres formats : les piges pour la presse magazine, le chantier d’un recueil de nouvelles, les grandes lignes d’un roman, un peu de poésie et, bien sûr, mon activité bénévole d’écrivain public qui met une facilité au service, et aussi pour leur plaisir, des plus faibles.
Les Pensées pour moi-même de l’empereur Marc Aurèle, le Journal de bord de Christophe Colomb, le Journal du règne d’Henri III de Pierre de l’Estoile, les Lettres intimes de Saint-François de Sales, Choses vues de Victor Hugo : voilà quelques-uns des textes qui ont inspiré la démarche de mes chroniques, publiées en ligne sur mon site, maintenant depuis 2016.
Vient ensuite une curiosité constante à comprendre le fonctionnement du monde, des petits choses en apparence insignifiantes aux grands évènements qui construisent l’Histoire : ceux du présent qui deviendra passé, ceux d’un passé encore si prégnant. La dimension du petit, autant que celle du grand, traverse nos vies et mérite d’être saisie, d’être décrite, immortalisée et d’en faire, de la meilleure plume possible, une œuvre de poésie.
Plus largement, il y a une authentique et tenace ambition littéraire, qui me conduit, par les mots, à saisir ce que je vois et à suspendre le temps, à tenter la poésie, même avec un peu de prétention, à tendre vers la poësia : exprimer quotidiennement ma recherche d’esthétique. Il n’y a pas de volonté d’atteindre une grande popularité, bien plutôt celle de témoigner chaque jour de ce que la vie offre de bon comme de mauvais, de beau comme de laid, d’anodin comme de crucial, de discret comme de retentissant.
Enfin, comme y encourage le néologisme « décoïncidence », formé par le philosophe François Jullien, j’aime mettre un peu de jeu dans la pensée convenue, dans une forme de soumission à la doxa et aux injonctions officielles, effectuer un pas de côté pour regarder ce qui nous est présenté, imposé, depuis un autre angle de vue, via un autre corpus ou médium culturel. Je ne confonds pas les genres : il n’y pas de visée conspirationniste dans mon travail, mais bien plus certainement une mise en question permanente de l’opinion générale, des phénomènes de masse qui, généralement, engluent les gens dans une grande passivité face au destin qui leur est annoncé.
Tout ce travail d’écriture, qu’il soit quotidien comme ici, ou plus poussé comme avec les nouvelles ou le roman, m’a permis de déceler, de célébrer, les beautés naturelles du monde et celles plus artificielles de la plupart des hommes. Oui, seulement la plupart des hommes, parce qu’il est avéré, et chaque jour un nouveau drame nous le démontre, qu’une minorité bien trop puissante et influente, cherche à déconstruire ces beautés, à les pervertir : à rendre le monde confus, instable, terrifiant ; bref, à créer des conditions toujours plus asservissantes pour l’homme.
Il y a une profonde foi catholique, un dimension humaniste, dans chacune de mes publications. Écrire me permet de prendre du champ par rapport à la marche trépidante d’un monde, dont les transformations, les liquidations, écologiques, spirituelles, identitaires, ethnologiques, sociales, sociétales et culturelles me déplaisent au plus haut point.
La leçon qui restera, en particulier avec mon travail d’accompagnement bénévole et amical auprès des plus démunis, c’est qu’aucune théorie, aussi élaborée et certaine qu’elle paraisse, ne résiste longtemps lorsque l’on s’assied aux côtés d’un homme ou d’une femme qui souffre et que l’on prend le temps, un simple moment, d’une amitié véritable. C’est tout le sens du message d’un grand Saint et Docteur de l’Église, promoteur éclairé de la parole du Christ, François de Sales : « Rien ne presse tant le cœur de l’homme que l’amour ». Et aimer, il y a mille façons de le faire et pas moins de mille chroniques pour y parvenir.